Blog sur la production de framboises biologiques avec une méthode utilisant les "mauvaises herbes" comme engrais-paillage. la technique est une amélioraion du BRF:"Bois,Rameaux Fragmentés". elle nécéssite très peu de matériel donc très peu d'investissement; elle ne nécéssite pas non plus de travail de force style bêchage ou passage de motoculteur. en double-cliquant sur les photos,vous verrez mieux les détails. pour laisser un commentaire, choisir l'identité anonyme.

dimanche 19 avril 2009

mardi 14 avril 2009

Grenelle de l'empoisonnement

Abeilles : où sont-elles passées ?

Révolte et cri d’alarme d’un apiculteur professionnel
Par José Nadan, Président du Syndicat des Apiculteurs Professionnels de Bretagne
samedi 4 avril 2009 Posté par José Nadan



José Nadan est apiculteur professionnel. Pour lui, "l’abeille disparaît à cause des pesticides, il est malhonnête de le contester" … Et la situation continue à se dégrader…


Le Grenelle de l’environnement a viré au Grenelle de l’empoisonnement





L’industrie agrochimique remplace les anciennes molécules moins rentables par de nouvelles bien plus lucratives et d’une toxicité encore jamais vue.
On ne mesure plus le toxique en mg/l, ou en ppm, mais maintenant en ppb (partie par milliard).
Exemple du Cruiser récemment autorisé : la fine pellicule d’enrobage d’un grain de maïs contient 0,63mg de thiaméthoxam (source Syngenta), ouvrez un ce ces sacs de semences Cruiser, prenez un grain de maïs, un seul, balancez le dans une cuve de 5000 litres d’eau, vous atteignez une contamination de 0,126 microgramme/litre, soit au dessus de la norme européenne de 0,1 microgramme/litre pour l’eau potable. Le thiaméthoxam est hypersoluble dans l’eau (jusqu’à 5gr/litre d’eau).
Semé à 100 000 grains/hectare, le potentiel de contamination d’un ha de maïs Cruiser correspond donc à la contamination potentielle d’un demi-milliard de litres d’eau à 0,126 microgrammes/litres. Une partie de ce thiaméthoxam arrivera inéluctablement à votre robinet. Une partie aussi, c’est l’objectif, se diffusera dans la sève de la plante, et cette fois ce sont nos petites abeilles et tous les insectes pollinisateurs qui resteront sur le champ. Et quel impact d’un tel poison sur les vers de terre et toute la flore microbienne du sol ?
Les firmes chimiques connaissent l’extrême toxicité de la molécule ainsi que sa rémanence : « dangereux pour les abeilles et autres insectes pollinisateurs », « une utilisation seulement tous les 3 ans », « pas de plante attractive pour les abeilles dans la rotation des cultures » (et le maïs ? ) , « installez des déflecteurs sur les semoirs pour que les poussières ne s’envolent pas », « remplissez le semoir à plus de 10m du bord du champ », « semez par vent faible », « portez des équipements qui protègent les yeux, la bouche et le nez, notamment un masque, des gants, une combinaison à capuche… »…
Seraient-ce « les graines de la mort » pour exiger de l’agriculteur tant de précautions ? Vous pouvez consulter toutes les précautions d’emplois à l’intention de l’agriculteur … à vous donner froid dans le dos… [1]
Veulent-ils exterminer les apiculteurs, ces témoins gênants ? Les abeilles disparaissent en quantité depuis une dizaine d’années, ce qui correspond à l’arrivée des néonicotinoïdes dont le fameux Gaucho que tout le monde croit interdit mais dont la molécule, l’imidaclopride, est de plus en plus présente dans les sols français. Elle est toujours utilisée pour les céréales, pour la betterave à sucre, pour des fruitiers… sous une vingtaine de marques commerciales, liste que vous pouvez trouver sur le site du Ministère de l’agriculture [2].
Elle est présente partout. Une étude en 2002-2003 relevait que 60 à 70% des pollens de végétation spontanée contenaient de l’imidaclopride à des doses suffisantes pour constituer une toxicité chronique.
La plupart des apiculteurs sont convaincus de ces faits mais ce n’est pas facile pour eux de le prouver : les abeilles ne revenant pas à la ruche, il est difficile de les faire analyser. On assiste de plus en plus à une dépopulation des ruches tout au long de la saison, avec beaucoup de problèmes de fertilité (beaucoup de ruches bourdonneuses…). Et que sait-on aujourd’hui des effets synergiques de plusieurs molécules ? On retrouve un tel cocktail dans la nature, même dans l’eau de pluie ! [3].
Une récente étude en Italie a prouvé l’extrême toxicité des exsudats de maïs traités aux néonicotinoïdes, de l’ordre de 1000 fois la dose fatale à l’abeille. [4]
La plupart des apiculteurs sont écœurés du refrain de l’AFSSA : « les mortalités d’abeilles sont dues à des causes multifactorielles ». L’apiculteur était-il plus compétent autrefois ? Il y a moins de 20 ans, des « papis » produisaient du miel en se contentant de soulever le toit de la ruche 2 fois par an, une fois pour poser la hausse, une fois pour l’enlever. Leur principal souci était d’avoir des ruches vides pour installer les essaims naturels qui se présentaient. Aujourd’hui malgré les élevages de reines et les nombreux essaims que nous faisons sans cesse, nous avons en permanence des palettes de ruches vides. L’évolution est dramatique depuis quelques années. D’ailleurs les chiffres officiels l’annoncent : moins 15 000 apiculteurs amateurs au niveau national entre 1994 et 2004 (source audit GEM) et depuis le déclin s’est accéléré…
Les maladies, parasites ou champignons divers existaient avant, ils ne sont pas la cause première de nos soucis mais plutôt la conséquence de l’affaiblissement par les pesticides. Méfiez-vous de la désinformation perpétuelle pratiquée par le lobby agrochimique dans les médias, sur Internet avec ses liens sponsorisés. Quand vous tapez « abeilles, environnement… » vous avez www.jacheres-apicoles.fr financé par BASF et les grands semenciers, vous y trouvez tout sur les menaces pesant sur l’abeille mais bien sûr un dédouanement des pesticides.
Nous avons face à nous la puissance de l’industrie chimique. Des « journalistes agricoles » tel Gil Rivière-Wekstein leurs sont totalement dévoués [5]... Ils réussissent même à établir une « collaboration » avec des collègues apiculteurs tel Philippe Lecompte, apiculteur, bio de surcroît. Doit-on encore considérer ceux-ci comme « apiculteurs » ou d’abord comme « consultants » pour ces firmes chimiques ?
L’UIPP « l’Union des Industries de la Protection des Plantes », organisme de propagande des pesticides siège à l’AFSSA, ainsi l’on comprend mieux pourquoi l’AFSSA peine tant à accuser les pesticides…. Sa présence est-elle compatible avec un fonctionnement indépendant ? [6]
Hier, je suis resté très perplexe à la lecture de la dernière fiche « Avertissements agricoles » sur l’utilisation du Cruiser, émise par le SRPV (Service Régional de la Protection des Végétaux) : juste les précautions d’emploi minimums concernant l’aspect technique…absolument rien sur la forte toxicité du produit, même pas pour l’agriculteur… aucune consigne pour demander de restreindre ce traitement des plus polluant aux parcelles à risque avéré de taupins
Récemment en Bretagne (et ailleurs sans doute) une grosse propagande a eu lieu pour inciter les agriculteurs à commander des semences traitées Cruiser, propagande de l’industrie chimique très bien relayée par certains revendeurs. Ils parviennent à convaincre nombre d’agriculteurs de jouer la sécurité, on met de la semence traitée même ou il y a très peu de risque de taupins.
Pourtant un technicien agricole expérimenté, libre et indépendant, vous dira que de nombreux agriculteurs conventionnels ne connaissent pas de dégâts sérieux dus aux taupins. Il vous dira que les risques déclenchants sont bien connus : dégradation des matières organiques en anaérobie, PH insuffisant, déséquilibre des sols… Il est aussi évident que ces agriculteurs s’imposent d’incorporer les matières organiques au sol suffisamment longtemps avant le semis…
Soyons tous bien conscients que ce ne sont pas les 1 à 2% de parcelles à risque qui sont visées par Syngenta mais bien toutes les surfaces de maïs. Dans leurs documents publicitaires, avec des arguments partisans et mensongers, avec des graphiques trompeurs, ils promettent des rendements meilleurs dans toutes les situations. La lutte contre le taupin n’est qu’un prétexte et une porte d’entrée pour convaincre les agriculteurs d’acheter leur poison. Le matraquage systématique par la diffusion de bulletins "Alerte taupins" auprès de techniciens agricoles et dans les journaux agricoles a préparé le terrain depuis quelques années. Ils avaient annoncé un pullulement de taupins suite à l’interdiction de certains produits jugés trop toxiques. Comme ce ne fût pas le cas, il fallait aux firmes chimiques maintenir la pression, communiquer tous azimuts sur les parcelles touchées, sinon l’absence de traitements (et de taupins) aurait pu habituer l’agriculteur à se passer de ces produits que les firmes veulent rendre indispensables.
Les agriculteurs italiens, eux aussi, ont dû faire face à ces stratégies commerciales offrant certains hybrides quasi exclusivement en semence traitée avec insecticides. Les agriculteurs étaient ainsi contraints d’acheter, bon gré mal gré, de la semence traitée…
Mais en Italie, suite à des hécatombes d’abeilles, toutes les semences enrobées insecticides sont aujourd’hui interdites (Gaucho, Cruiser, Poncho, Régent…). Auparavant, une expérience pluriannuelle, 2003 – 2006, menée sur un échantillon représentatif des conditions du maïs dans la plaine Padane, avait montré que le traitement avec des insecticides (Gaucho, Cruiser…) n’avait pas d’incidence significative sur les rendements et la production du maïs (Université de Padoue).
L’expérimentation avait mis en évidence que les rendements de maïs obtenus à partir de semences traitées avec fongicides seuls tendent à être supérieurs à ceux obtenus avec des semences traitées avec insecticides, alors qu’il n’y avait aucune différence de production significative entre le maïs provenant de semences traitées avec insecticides et les non traitées. Cette étude contredit tout ce qui est annoncé par Syngenta… En outre, les semences sans insecticide ont tendance à germer plus rapidement.
Malgré l’expérience italienne il va falloir à notre tour qu’on subisse ces hécatombes d’abeilles, qu’on accepte une pollution des sols, de l’eau, de l’air… Tout ça pour les seuls intérêts de Syngenta.
Nos responsables agricoles ne peuvent pas ignorer ces études… On peut donc s’interroger sur le rôle joué par la puissante FNSEA dans cette désinformation. Ses dirigeants roulent-ils exclusivement pour les firmes chimiques et les grands semenciers ? Que font-ils pour défendre, un tant soit peu, les vrais intérêts des agriculteurs ?
Pourquoi le journal « Le Paysan Breton » est il devenu un outil de propagande au services des firmes chimiques, au lieu d’être un outil de vulgarisation de techniques propres allant dans l’intérêt de l’agriculteur ?
Que font les firmes chimiques dans certains lycées de formation agricole ?
Cette année, le produit miracle est chez nous, il s’appelle « Cruiser », et la lutte contre le taupin – ou plus souvent son fantôme - va battre son plein. Après enquête auprès d’agriculteurs et de coopératives je constate, que les pourcentages des surfaces de maïs Cruiser ne sont pas liés au risque taupins mais bien plus en adéquation avec la politique commerciale de la coopérative, et avec son application sur le terrain par des commerciaux plus ou moins scrupuleux. Il n’y a aucune logique agronomique…
Si certaines coopératives n’en ont pas proposé, ou alors très peu, d’autres telle la Cooperl (producteurs de porcs de Lamballe) visent 50% des surfaces… L’on constate aussi les mêmes écarts au niveau des commerciaux d’une même coopérative : l’un des commerciaux de Coopagri me dit en limiter l’usage aux parcelles qu’il juge à risque tandis que d’autres en sont à plus de 50%... Soit suffisamment pour qu’on puisse leur suggérer la commercialisation prochaine d’un « Beurre Paysan Breton au Cruiser ».
Sur nos 4 départements le maïs couvrira plus de 400 000 ha. 100 000 ha avec Cruiser ? Ou plus ? Qui s’en intéresse ? Imaginez pourtant la quantité de ce poison de thiaméthoxam balancé dans la nature et qui fatalement nous reviendra à la figure… par l’air, par l’eau, par notre alimentation… Quels seront les dégâts pour nos abeilles déjà trop malmenées ? Qui peut dire quelle part de ce thiaméthoxam aboutira dans nos rivières ? Quel est l’avis du consommateur et du contribuable ? Qu’en pense le conseiller régional quand il doit trouver des millions d’euros pour le programme « Bretagne eau pure »… ou lorsqu’il vote d’importants crédits pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement ?
Tout ceci se fait en usant de formules injustes et malhonnêtes « L’agriculture durable et raisonnée » dit une publicité Cruiser expédiée aux agriculteurs. Alors que c’est tout l’inverse du raisonné, puisque l’on pellicule le grain d’insecticide et de fongicide sans savoir s’il y aura attaque d’insectes ou champignon éventuel. C’est le summum du traitement systématique et déraisonné.
Je suis fils, petit fils, arrière petit fils de paysans… et je pleure aujourd’hui que la sagesse paysanne aie pu à ce point déserter nos champs…
L’abeille est le témoin malheureux de ces pratiques inconscientes. Quel éleveur, quelle que soit la production, survivrait économiquement et psychologiquement à des pertes régulières de son cheptel de l’ordre de 30, 40, et parfois au-delà de 50% ? Des collègues sont désespérés, va-t-il falloir des drames humains, des drames familiaux pour que l’administration française arrête de nous traiter avec mépris. Dans tout rapport officiel sur l’apiculture, une soi-disante incompétence des apiculteurs prend plus de place que les conséquences de l’usage des pesticides. Quand j’ai démarré, il y a 25 ans, quasiment sans formation et sans expérience, la taille de mon cheptel progressait sans difficulté. Aujourd’hui, malgré les techniques que j’ai acquises, les moyens plus importants dont je dispose, je me sens aussi désarmé que le débutant. En cette fin mars, lors de mes premières visites ce printemps, la situation est toujours aussi préoccupante… Toute installation de jeunes devient impossible…
Le récent rapport de Martial Saddier « pour une filière apicole durable »ne nous donne aucun espoir. La limite des investigations est fixée dans la lettre de mission du Premier Ministre, Mr Fillon, en une phrase : « sans préjudice de la nécessaire prise en compte de la protection sanitaire des cultures », en d’autres termes : « rassurez les apiculteurs ! Occupez-les ! Mais interdiction au député de mettre en cause les pesticides » [7].
Face aux défis que nous devons affronter, les moyens d’actions de notre syndicat sont dérisoires. L’adversaire est puissant mais nous avons pour nous notre bonne foi et notre conscience, et surtout un fabuleux atout : l’opinion publique ! Car de plus en plus de personnes sont victimes de ces poisons jusque dans leur chair et ils doivent, en plus, payer les dépollutions. Nous avons besoin d’être épaulés, nous manquons de moyens, humains et financiers pour communiquer, pour combattre l’hypocrisie des lobbyistes de l’agrochimie.
L’urgence et l’enjeu sont de taille, ils concernent chacun d’entre nous.
Diffusez cet article, alertez vos élus pour mettre l’agrochimie face à ses responsabilités ! Le maïs dans nos campagnes bretonnes est une catastrophe pour la planète : c’est une plante exigeante en eau, en engrais, en pesticides… donc des plus polluante. c’est une plante déséquilibrée pour l’alimentation de nos troupeaux, obligeant l’agriculteur à compléter les rations alimentaires avec du soja OGM, produit à l’autre bout de la planète au détriment des forêts et des cultures vivrières… affamant encore un peu plus les populations démunies [8]
Diffusez cet article, alertez vos élus car le cruiser : constitue une grave menace supplémentaire pour nos abeilles constitue une grave menace pour l’eau, de nos rivières jusqu’à notre table.
José Nadan, Kercadoret 56320 Le Faouët - Apiculteur professionnel depuis 1984, Président du Syndicat des Apiculteurs Professionnels de Bretagne - jose.nadan@wanadoo.fr


[1] Guide des bonnes pratiques Syngenta, adressé aux agriculteurs, les 4 pages qui suivent, et site http://www.syngenta-agro.fr/synweb/produit_fiche_1694_1_CRUISER.aspx.
[2] Site du Ministère de l’agriculture : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/.
[3] Voir étude 1999-2002 « Produits phytosanitaires dans les eaux de pluie de la Région Nord – Pas-de-Calais »,1999 - 2002 l’étude ne semble plus téléchargeable (résultats peut être trop inquiétants ?). Nous pouvons vous la transmettre si vous désirez.
[4] Voir http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi ?id=3634 et http://www.mieliditalia.it/n_rugiada.htm visionner aussi la petite vidéo.
[5] voir site : voir site : www.affaire-gaucho-regent.com.
[6] Lire « Pesticides, révélations sur un scandale français. » http://www.fabrice-nicolino.com.
[7] Ces consignes ont été respectées, vous pouvez le constater dans le rapport rapport Saddier : http://www.developpement-durable.gouv.fr/article.php3 ?id_article=3776.
[8] Voir le film « Herbe » : http://www.herbe-lefilm.com/ .



http://cdurable.info/Revolte-et-cri-d-alarme-d-un-apiculteur-professionnel,1640.html

mardi 7 avril 2009

je ne suis pas le seul paysan bio à avoir arrêté les cultures commerciales



1 hectare par agriculteur= partage de la ressource
c'est l'agriculture d'un monde durable et juste,un modèle que notre société d'EXPLOITATION
refuse de voir s'implanter.
un modèle qui pourtant rend heureux ,qui permet de vivre en harmonie avec la nature et que nous serions fiers de léguer à nos enfants...



L’agriculture sans pesticides derange les idees recues,
Novethic, 23/03/09
Helene Huteau

La « semaine sans pesticides », Richard Wallner la vit a l’annee. En Charente, ce jeune agriculteur experimente une « agriculture naturelle » sans pesticides, sans engrais et sans labours, avec une production a la surface meilleure qu’en monoculture industrielle, notamment grace a la complementarite des cultures.
Richard Wallner a banni de son exploitation agricole, depuis trois ans, les produits chimiques. Enthousiaste sur les resultats, il cite pour l’exemple : « le probleme des limaces s’est regle de lui-meme, des la seconde annee, grace aux carabes, crapauds et herissons », des allies naturels qu’il a su attirer par des bandes enherbees et conserver en s’abstenant de traiter ses salades et de labourer. Ce jeune agriculteur s’est installe en Charente, a Marsac, pres d’Angouleme, pour mettre en pratique les principes d’une agriculture ecologique, en totale rupture avec le modele agricole intensif actuel. Sa ferme, Au Petit Colibri, qui est aussi un ecolieu pedagogique, ressemble au premier abord a une friche. Pourtant, lorsqu’on penetre, les choux, salades et autres legumes sont bien la, sur des buttes, calfeutres dans de la paille.

"Principe du non agir"
Richard Wallner pratique une agriculture dite « naturelle », qui preconise le non labour, interdit tout pesticide, fongicide ou herbicide et evite meme l’emploi de tout compost prepare, aussi naturel qu’il puisse etre.

Le concepteur de cette methode, le Japonais microbiologiste des sols Masanobu Fukuoka, avait tant etudie la complexite des interactions au sein des ecosystemes, dans les annees 1930, qu’il en etait arrive a la conclusion que toute intervention humaine causait plus de degats qu’elle n’en reparait.

« La nature fonctionne tres bien mais nous ne l’avons toujours pas comprise » resume Richard Wallner. Par exemple, ses plants de tomates, non tailles, resistent mieux aux maladies et donnent autant de fruits, meme si ces derniers sont un peu plus petits. Il est rejoint dans ce principe par un chercheur contemporain de l’INRA, Jean-Marie Lespinasse, qui, apres avoir tout essaye, conclut sur les arbres fruitiers : « il faut laisser l’arbre tranquille, avec de l’espace »...

Pour autant, precise Richard Wallner, « le principe du non agir n’est pas l’agriculture du rien faire. Cette methode necessite beaucoup d’observation, de presence et de travail ».

Surtout les premieres annees, ou il faut arracher ou faucher les herbes indesirables. Ensuite, la couverture du sol, le fait de ne pas labourer et quelques autres techniques reduisent la repousse.
Locale, sobre et productive
Cette agriculture se pratique a petite echelle (moins de 10 ha la ferme) et sur la proximite.

Rentable au plan economique, ecologiquement et socialement viable.

L’un des secrets de sa rentabilite, des la premiere annee, repose sur l’absence d’investissement lourd, puisqu’on se passe de tracteur et d’intrants. On evite au maximum les transports en organisant les terres autour de la ferme, selon les principes de la permaculture. La vente se fait aussi localement. Richard Wallner a vite fidelise des familles avec ses paniers hebdomadaires.
Le concept d’organisation permaculturelle, qui fait des emules dans le monde entier, optimise toutes les energies, humaines, fossiles et naturelles, du bati aux cultures, en passant par la gestion de l’eau. Cette ferme ideale est non seulement sobre mais tres productive grace au melange des cultures, qui permet de densifier l’usage de la terre. Ainsi, le verger sert aussi de poulailler. Les arbres sont d’ailleurs presents sur toutes les cultures puisqu'ils en sont les regulateurs, remontant les fertilisants a la surface grace a leurs racines. « La ferme est de plus en plus auto fertile, securisee et de moins en moins penible. Le systeme est mature au bout de dix ans, la duree d'une bonne emprise des arbres» explique Richard Wallner.
Une experience qui derange
L’objectif de l’experience de Richard Wallner est de prouver la viabilite du systeme, independant du petrole et de toute subvention europeenne, benefique pour la sante et l’environnement, et qui recreerait du lien social et de l’emploi dans les campagnes. « A terme, on peut envisager un hectare par agriculteur, qui nourrirait vingt a trente familles de facon diversifiee, hors viande. Avec un million de fermes on nourrit la France sur une surface ridicule ! » extrapole-t-il. Son projet a commence sur les chapeaux de roues, en 2005, grace a l’aide de benevoles et les deux premieres annees ont ete prometteuses.

Mais ce parisien exile, ingenieur de formation, a du arreter les cultures commerciales pour cause de blocage de la mairie de Marsac, qui lui refuse arbitrairement le droit de construction sur son terrain.

Son projet avait pourtant le soutien du Conseil General, de la Chambre d’Agriculture et de la DIREN. En janvier, il a meme recu la visite des Verts. « L’experience de Richard est interessante car il utilise des methodes que les agriculteurs traditionnels n’ont pas appris comme etant possibles » a declare Cecile Duflot, secretaire nationale. Peut-etre est-ce le succes potentiel de ce modele qui gene le maire de Marsac, maisiculteur et eleveur de porcs hors-sol ? Apres trois ans de negociation et de resistance, a vivre en caravane, Richard Wallner attaquera en justice la mairie a la fin du mois pour pouvoir mener son reve a bien et cultiver notre espoir d’une agriculture durable.
<http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/agriculture/l_agriculture_sans_pesticides_derange_idees_recues.jsp>

jeudi 27 novembre 2008

en FINIR avec la "gauche" molle

"La Guerre des classes", de François Ruffin : pour en finir avec la gauche molle
LE MONDE 19.11.08 16h08 • Mis à jour le 19.11.08 16h08 Hervé Kempf

Il y a des mots tellement horribles qu'il faut posséder la liberté d'impertinence d'un milliardaire pour les prononcer. Il revenait donc au premier d'entre eux, l'homme le plus riche du monde, Warren Buffett, de révéler une vérité inconvenante : "Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner" (le New York Times du 26 novembre 2006).

Cette observation lucide est le point de départ du livre de François Ruffin.
Il explore avec une verve caustique mais attristée ce mystère : pourquoi le terme de lutte de classes a-t-il disparu du débat politique, alors que l'évidence montre qu'il est plus actuel que jamais ?
Ce ne sont pas seulement les déclarations d'un milliardaire plus sincère que les autres qui légitime cette interrogation, mais aussi les études de la Banque des règlements internationaux (BRI), du Fonds monétaire international (FMI) ou de la Commission européenne, dûment référencées dans le livre et qui montrent que la part des profits, ou du capital, dans le partage de la richesse collective s'est singulièrement accrue, dans tous les pays occidentaux, depuis les années 1980, au détriment des revenus du travail.

La part de ceux-ci dans le produit intérieur brut a baissé dans les pays du G7 de 5,8 % entre 1983 et 2006. "Cette donnée majeure est quasiment effacée de la sphère publique, éclipsée dans les médias, à peine mentionnée par les politiques", observe François Ruffin, qui sait par ailleurs donner chair à cette statistique, en montrant notamment que cette redistribution des richesses au profit de l'oligarchie s'est opérée au détriment de la "génération des trentenaires précaires".

C'est surtout l'absence de toute référence à cette question par les partis de gauche - défenseurs supposés naturels des travailleurs - qui frappe l'auteur.

Il analyse d'une plume chirurgicale les discours de Ségolène Royal, de Marie-George Buffet, plus larmoyante que combative, de Vincent Peillon, un champion de la langue molle.

Comment s'explique cette démission de la gauche ?
François Ruffin cite l'analyse d'Emmanuel Todd : "L'immobilité idéologique des enseignants (noyau du Parti socialiste) les a séparés de cet autre coeur sociologique de la gauche que constituent les ouvriers, qui eux subissent, depuis près de vingt ans, toutes les adaptations, tous les chocs économiques concevables."

Mais l'explication ne suffit pas, comme le montre le travail d'une chercheuse du CNRS, Josette Lefèvre, qui a analysé le vocabulaire syndical depuis plusieurs décennies et constaté que le terme de "classe" disparaît du discours, donc de l'analyse, dans les années 1980, non seulement du PS, mais aussi des syndicats ouvriers.
M. Ruffin ne prétend pas livrer une explication définitive, simplement souligner un trait majeur et mesurer l'épaisseur du silence à son propos. S'appuyant sur Jaurès bien plus que sur le marxisme, rappelant que le grand leader sut être révolutionnaire sans céder à ce qui allait devenir le léninisme, François Ruffin propose un point de départ : "S'il suffit de poser capital/travail pour rendre à l'univers social un peu de sa clarté, pourquoi s'en priver ? Pourquoi déchirer ce schéma, grossier, certes, mais efficace au moins pour mettre à nu cette offensive générale de l'argent contre les hommes ?"

Pour M. Ruffin, la refondation de la gauche ne peut se faire qu'en redéfinissant un socle commun d'intérêts.

Il propose une grille de lecture sans doute insuffisante, mais qui s'appuie suffisamment sur les faits pour mériter une large réflexion chez ceux qui aspirent à changer les règles du jeu social et économique. Et les citations vigoureuses de l'humaniste socialiste Jaurès, d'une surprenante actualité, rappellent que l'on peut dénoncer l'âpreté de la lutte sociale sans tomber dans la dogmatique marxiste.

LA GUERRE DES CLASSES de François Ruffin. Fayard, 252 pages, 19 €.
Hervé Kempf

mercredi 26 novembre 2008

TF1 dans toute sa SPLENDEUR.

http://www.burlador.net/2008/11/lultra-gauche-lultra-gauche-lultra.html



Lettre ouverte des parents des neuf mis en examens du 11 Novembre
lundi 24 novembre 2008, par cyril
Lettre ouverte des parents des neuf mis en examens du 11 Novembre
Dimanche, 23 Novembre 2008
Lorsque la cacophonie s’accorde pour traîner dans la boue une poignée de jeunes emmurés, il est très difficile de trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme ; laisser place à plus de vérité.
Certains médias se sont empressés d’accréditer la thèse affirmée par la ministre de l’intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours : Les personnes arrêtées étaient d’emblée condamnées.
Personne n’aura pu rater l’épisode de "police-réalité" que nous avons tous subi la semaine passée. L’angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergé et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessés, le plus anéanti, ce sont les marées de mensonges déversées. Aujourd’hui ce sont nos enfants, demain ce pourrait être les vôtres.

Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.
Les interpellés ont à l’évidence bénéficié d’un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d’eux des personnes hors normes. La police les suspecte d’être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d’avoir dans un village repris une épicerie qui fermait, d’avoir cultivé des terres abandonnées, d’avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes agées des alentours.
Nos enfants ont été qualifiés de radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine.
A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l’intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu’elles sont collectives.
Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre "L’insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d’une personne un terroriste, à force d’en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n’est pas un "bréviaire terroriste", mais un essai politique qui tente d’ouvrir de nouvelles perspectives.
Aujourd’hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d’avoir débranchés quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu’ à 20 ans de prison.
L’opération policière la plus impressionnante n’aura pas été de braquer cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer un monde si parfait ne pouvait émaner que de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.
Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules qui surgissent. Lorsque les portent s’ouvrent, nous rêvons de voir nos enfants revenir.
Que devient la présomption d’innocence ? Nous demandons qu’ils soient libérés durant le temps de l’enquête et que soient évidemment abandonnée toute qualification de terrorisme.
PS : Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui préfèrent croire ce qu’ils vivent que ce qu’ils voient à la télé.
www.comite-visible.info
www.soutien11novembre.org
http://www.hns-info.net/spip.php?article16248

mardi 25 novembre 2008

crimes de l'UIPP et responsabilité de JC BOCQUET

Pollution : la fertilite masculine en peril, Novethic, 20/11/08
Rouba Naaman

Arte diffuse, mardi 25 novembre, le documentaire « Males en peril », qui fait le point sur les recherches scientifiques concernant la toxicite de certains produits chimiques. L’enquete demontre le lien, aujourd’hui avere, entre les substances toxiques et la baisse de fertilite observee chez les hommes. La gravite de la situation a egalement ete soulignee par la secretaire d’Etat a l’ecologie.
« Au depart, on n’osait pas croire ces resultats ». C’est sur ces temoignages glacants de chercheurs du monde entier que s’ouvre le documentaire « Males en peril » de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade*. Les auteurs reviennent sur les decouvertes scientifiques qui amenent aujourd’hui a affirmer – et non plus seulement a supposer – que la baisse de la fertilite observee chez l’homme depuis une quinzaine d’annees est liee a la pollution de son environnement. Des resultats tellement inquietants que les chercheurs eux-memes peinaient a les croire au debut. Mais aujourd’hui, aucun doute ne subsiste, a tel point que la secretaire d’Etat a l’ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a pris parti officiellement sur le sujet.
Comme souvent en sciences, les decouvertes majeures decoulent de hasards, d’observations fortuites, voire d’erreurs. C’est ainsi que Ana Soto, professeur d’anatomie et de biologie cellulaire a l’universite Tufts, a Boston (Etats-Unis) a soupconne les plastiques de contenir un produit qui imitait l’effet des œstrogenes, les hormones feminines. En parallele, le professeur Niels Skakkebaek, directeur de recherche a l’hopital universitaire de Copenhague (Danemark), observe qu’un garcon danois sur cinq a une fertilite tres faible. Chez les grenouilles d’un lac pollue a l’Atrozine, un herbicide de Syngenta, le professeur Tyrone Hayes, de l’universite de Californie (Etats-Unis), decouvre des œufs dans les testicules des males.
Effets prouves, inquietudes concretes
C’est ainsi que ces chercheurs ont decouvert les perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques qui agissent sur le systeme hormonal et modifient les caracteristiques du systeme reproducteur, chez les animaux, mais aussi chez les hommes. « Males en peril » nous accompagne a travers les laboratoires, presente les tatonnements des chercheurs, puis leurs resultats, ahurissants. Le distilbene, œstrogene de synthese prescrit pendant 30 ans aux femmes enceintes pour eviter les fausses couches, contamine les fœtus. Le bisphenol A, present notamment dans les biberons et les bouteilles en plastique, passe dans les liquides puis dans le sang.

La presence de pesticides dans les urines des hommes est correlee avec la baisse de qualite de leur sperme.

Les phtalates, composants des plastiques souples, agissent sur la formation du systeme reproducteur chez le fœtus male (voir article lie).
Tous ces produits, omnipresents dans notre quotidien, ont en commun d’agir sur l’organisme comme des œstrogenes. Leurs effets sont particulierement aigus pendant la vie fœtale. Par defaut, le fœtus humain devient une fille ; c’est la mise en place du systeme hormonal masculin, induite par la presence du chromosome Y, qui en fait un garcon. Les perturbateurs endocriniens, en jouant le role d’hormones feminines, court-circuitent cette mise en place par des mecanismes encore mal connus. En contaminant la mere, les produits chimiques reprotoxiques (toxiques pour la reproduction) atteignent le fœtus, organisme tres sensible aux pollutions exterieures.

« Je pense qu’il est tres probable que de nombreuses maladies des adultes trouvent leur origine pendant la vie fœtale » affirme le professeur Skakkebaek dans le documentaire.

Henrik Leffers, docteur en biologie moleculaire a l’hopital universitaire de Copenhague, declare meme n’avoir jamais trouve, dans ses recherches, « une femme qui ne soit pas contaminee par les phtalates ».


Le risque du “cocktail” de produits chimiques
Les inquietudes n’ont pas finir de grandir. Les scientifiques craignent l’effet synergique des differents produits chimiques. Le laboratoire du professeur Ulla Hass, du departement de toxicologie et d’evaluation des risques de l’Institut national danois de l’alimentation, a teste sur des rats un cocktail de deux pesticides et un phtalate. La encore le resultat est inquietant. « Ces trois substances ne posaient pas de probleme injectees seules. Mais injectees ensemble, elles ont un effet tres net, quelle que soit la dose » precise Ulla Hass. Et il faudra probablement de nombreuses annees pour tester tous les melanges possibles des milliers de substances considerees comme inquietantes.
Devant ces informations gravissimes, on s’attend a une reaction ferme des decideurs. L’interdiction pure et simple des substances dangereuses ? Un moratoire sur les produits soupconnes d’etre reprotoxiques ? Une augmentation des credits de recherche pour les laboratoires ? Rien de tout cela. Nathalie Kosciusko-Morizet s’est certes declaree preoccupee par le sujet. Elle soutient la sortie du documentaire d’Arte et organise, mardi 25 octobre, un colloque international « Environnement chimique, reproduction et developpement de l’enfant » pour faire le point sur l’etat des connaissances scientifiques. La creation d’un pole d’ecotoxicologie est egalement a l’etude. Mais la secretaire d’Etat a l’ecologie n’a parle que d’une « campagne d’information des citoyens » et de prevention, essentiellement aupres des femmes enceintes. Elle place ses espoirs dans la reglementation REACH, qui « responsabilise l’industriel ». « Les questions posees par les chercheurs de notre reportage demandent des reponses politiques » a declare Sylvie Gilman, l’une des realisatrices du documentaire. « Les reponses de strategies individuelles ne suffisent pas ».
*Males en peril, de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade. Documentaire (2008 – 52 minutes)
Diffuse le mardi 25 novembre a 21h sur Arte, suivi d’un debat avec la secretaire d’Etat a l’ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet.
<http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/pollution/pollution_fertilite_masculine_en_peril.jsp>

jusqu'où est-il prêt à aller pour vendre sa daube?

c'est pas beau cette utilisation du grenelle par le représentant des pires pollueurs de notre pays?

http://grenelle.info-pesticides.org/utilite/index.php

l'argent DETTE : pour comprendre la crise. qui va récupérer les actifs pour une bouchée de pain?


L'Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

mercredi 24 septembre 2008

la France torpille la protection des sols

Environnement : la France torpille la protection des sols a Bruxelles, Liberation.fr, 18/09/08
Eliane Patriarca

En proposant demain au groupe de travail ad hoc un projet de directive-cadre sur le sols qui n'a plus aucune des ambitions de sante publique et d'environnement du texte elabore par la Commission europeenne, Paris choisit de l'enterrer.
Alors qu'a Paris, on ergote sur la taxe pique-nique et autres bonus malus ecologiques, la France s'apprete a torpillé une directive europeenne fondamentale pour l'environnement: la directive-cadre sur la protection des sols, portee depuis 2006 par Bruxelles et adoptee en novembre 2007, en premiere lecture, par le Parlement europeen

La proposition de texte que la France, presidente de l'Union europeenne, va soumettre demain au groupe de travail qui se reunit a Bruxelles, et que Liberation s'est procuree, est un texte vide de sa substance et de son ambition initiales.
Les Etats-membres y sont delivres de toute contrainte, et leurs eventuelles actions en matiere d'identification et de remise en etat des sols pollues ou degrades sont desormais laissees... a leur bonne volonte.
Un mileu biologique essentiel mais neglige
C'est d'autant plus dommage que les sols constituent le seul milieu biologique a n'etre pas protege par un cadre juridique specifique europeen, contrairement a l'eau ou a l'air.
En France non plus, il n'existe pas de loi specifique de protection des sols, a la difference de l'Allemagne par exemple.
C'est d'autant plus grave que la directive repondrait «a une urgence ecologique», rappelle France Nature Environnement, federation qui regroupe 3000 associations de protection de la nature. «Les sols constituent une ressource non renouvelable et un ecosysteme fondamental pour la biodiversite, dont dependent notamment nos ressources en eau potable et alimentaires». Mais aussi la beaute et la vitalite de nos paysages.
Or la situation, si elle n'est pas desesperee, est carrement inquietante : en 2006, un rapport de la Commission europeenne indiquait que pres de 50% des sols europeens etaient affectes par la pollution, l'erosion, le tassement, l'urbanisation ou la desertification et qu'environ 45% avaient une faible teneur en matieres organiques.

Selon les travaux de l'Agence europeenne de l'environnement, il y aurait en Europe environ 3,5 milllions de sites potentiellement pollues dont au moins 1,5 million effectiment contamines et a depolluer.
Le texte, adopte apres moult reunions en premiere lecture par le Parlement europeen en novembre 2007, avait l'interet de prendre en compte les principales menaces : impermeabilisation, erosion, pertes de matieres organiques, contamination par des activites polluantes (sites miniers, decharges, industries diverses...). En bref, tous les degats resultant d'une agriculture intensive, de l'urbanisation et de plus de deux cent ans d'industrialisation.
Obligation d'inventaire des sites et d'assainissement
En matiere de contamination, le texte fixait trois grandes obligations a chaque Etat-membre: etablir un inventaire de sites et sols potentiellement pollues par des activites anciennes ou actuelles (sur un calendrier de 25 ans pour les 27 Etats-membres); puis caracteriser les risques par des analyses chimiques de la terre; et enfin remedier a ces risques, c'est a dire assainir les sites. La presidence portugaise de l'UE, tres dynamique et exigeante sur le sujet, avait fait d’enormes efforts pour parvenir a un accord sur le texte.
Mais en decembre 2007, cinq pays votaient contre: l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, le Royaume Uni et la France. Une minorite de blocage suffisante pour parvenir au gel du texte.

Intense lobbying du Medef
«Paris se disait alors favorable a une directive sur le sujet, contrairement a l’Allemagne et a l’Autriche qui ne veulent pas d’une legislation europeenne sur les sols, mais en desaccord sur le contenu qu’elle ne trouvait pas assez ambitieux», se souvient un haut fonctionnaire europeen.
Or, remarque-t-il aujourd'hui, «la version que la France a preparee depuis qu’elle a pris la presidence de l’Union europeenne a l’ete 2008, a perdu toute ambition ! C'est devenu un texte flou, on est passe du contraignant a l'optionnel. Par exemple, la ou il etait ecrit: "Les Etats ont obligation de…"», le texte dit maintenant: "S’ils le jugent opportun, les Etats…"»,souligne-t-il.
Alors, la France fait-elle preuve d’incoherence en soumettant demain un texte qui ne peut que faire echouer la negociation, face a des pays comme l’Espagne, le Portugal ou la Hongrie qui ont clairement manifeste leur souhait d’une legislation exigeante? Pas si sur.
A Bruxelles, on confie que si Angela Merkel est en proie au lobbying intensif des agriculteurs allemands qui ne veulent pas entendre parler de contrainte europeenne sur leurs terres, Paris est clairement lui soumis au lobbying du Medef.

Ainsi, lors du Grenelle de l’environnement, la question de la protection des sols et notamment le dossier des sites potentiellement contamines ont ete parmi les grands absents des groupes de travail.
«C’est un dossier bien trop explosif en France», analyse Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement.
En effet, selon le Bureau de recherches geologique et minieres (BRGM), on recense en France environ 300.000 sites pollues.
On imagine aisement l’ampleur de l’impact economique, pour les industriels, de l’application de la directive sur les sols…
Cliquez ici pour telecharger le projet de directive europeenne que la France soumet demain vendredi a Bruxelles.
<http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/_files/file_352737_122232.pdf>
<http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/352737.FR.php>

défibrillateur:former pour agir en moins de 5 minutes

http://videos.tf1.fr/video/news/0,,4098331,00-des-defibrillateurs-utilisables-par-tous-.html

coton BT TUEUR de paysans pauvres

http://videos.tf1.fr/video/news/0,,4098335,00-un-coton-transgenique-fait-la-malheur-des-paysans-indiens-.html

"ils nous ont dit que la graine allait produire 4 fois plus,il y avait des gens du gouvernement avec eux;c'est comme ça qu'ils nous ont convaincus. "

"il nous ont dit qu'on n'aurait plus jamais besoin de pesticides mais cette année c'est déjà la quatrième fois qu'on doit en mettre dans nos champs"

"aujourd'hui la majorité des petits paysans est sur-endettée."

"les seuls à profiter des OGM sont les marchands de graines et de pesticides."

"les OGM ont rendu les terres moins fertiles."

certains petits paysans sont revenus à une agriculture plus traditionnelle:"c'était ça ou se donner la mort".

15 000 paysans se sont suicidé en 2007 rien que dans la région du Maharastra

il est beau le monde de MONSANTO

dimanche 21 septembre 2008

TOTAL,Erika et DIS (Déchets Industriels Spéciaux)

article de Fabrice Nicolino
http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=379


Mais où va donc la merde ? (De l’Érika à ArcelorMittal)

Publié le 20 septembre 2008

J’ai été négligent, et même imbécile. À propos de l’Érika. Vous vous souvenez de cette marée noire de décembre 1999 ?
Sans doute, mais je résume tout de même.
Le samedi 11 décembre 1999, à quatorze heures, l’Erika signale une avarie par radio. Le pétrolier est dans le golfe de Gascogne, dans des creux de six mètres. Le 12, à six heures, il se trouve au sud de Penmarc’h, en Bretagne. À huit heures, l’Érika se brise en deux et lâche dans un premier temps 10 000 tonnes de fioul.
Dominique Voynet, ministre de l’Environnement de Jospin, est en vacances à La Réunion, et se perd dans des déclarations qui lui sont encore reprochées aujourd’hui, dont celle-ci : « Ce n’est pas la catastrophe du siècle ».
Elle a raison, c’est certain, mais la politique lui donne tort, gravement. Au total, plus de 11 000 tonnes de fioul seront récupérées dans ce qui reste de cuves, mais 20 000 polluent des centaines de kilomètres de côtes. Entre 150 000 et 300 000 oiseaux de mer sont tués dans l’aventure, dont 80 % des guillemots de la zone. J’adore le guillemot, j’en ai d’ailleurs sauvé un en 1987, mais je n’ai pas le temps de vous raconter la chose, pourtant pittoresque.
Propriétaire du fioul - mais pas du navire -, TotalElf amuse la galerie, je vous passe les détails. À croire notre grand pétrolier, ce fioul serait de la catégorie 2, pleine d’hydrocarbures aromatiques, assurément cancérigènes. Cela la fiche un peu mal, mais enfin, on ne fait pas tourner les turbines à l’eau de rose, en tout cas pas encore. C’est juste à ce moment-là que je me suis montré imbécile. Car pendant des années, je n’ai cessé de recevoir des avis, textes, analyses, rapports, alertes du laboratoire indépendant Analatyka, dirigé par Bernard Tailliez (ici). Et je les ai tous négligés.

Oh, je dois bien avoir une ou deux bonnes raisons pour cela. Mais surtout des mauvaises.
Ces avertissements me semblaient, je crois, trop écolos pour être vrais.
Je ne connaissais pas Analytika, je me méfiais de la bonne parole que le labo diffusait d’abondance. Je pense que j’avais tort. En résumé, sachez que très vite, l’Association des Bénévoles d’Erika (ABE), demande au laboratoire une analyse du fioul retrouvé sur les côtes. Or, surprise, celle-ci révèle la présence de chlorure d’ammonium quaternaire. Je ne vais pas faire le malin, j’ignore tout du sens de cette découverte.
Mais pas Tailliez. Confirmée depuis, la bizarrerie mène tout droit à une hypothèse hautement dérangeante : l’Érika n’aurait pas transporté du fioul n°2, utilisable, mais une infâme cargaison de déchets industriels spéciaux (DIS).
Citation d’un rapport final d’Analytika : « Qu’il s’agisse de “boues de forage” ou de “déchets de raffinerie”, il est clair que tout ou partie de la cargaison de l’Érika était donc en fait constituée de DIS (déchets industriels spéciaux) ». Oh, oh, oh.


N’ayant pas enquêté, ignorant en outre dans le vaste domaine de la chimie industrielle, je suis bien en peine de confirmer quoi que ce soit. Mais désormais, je crois Tailliez. Oui, je crois que la cargaison de l’Érika contenait en réalité de purs et simples déchets de raffinage du pétrole, dont il fallait se débarrasser au moindre coût. Ailleurs, au loin.

Ayant travaillé sérieusement sur le monde impitoyable du déchet dans le passé - notamment sur l’affaire Montchanin -, j’en ai retenu une leçon qui aurait dû servir avec l’Érika : tout est possible. Sur cette planète mondialisée, où l’on peut faire disparaître les pires poisons, de la région de Naples à la lagune proche d’Abidjan, tout est possible.
Et jouer le jeu du traitement, du retraitement, de la valorisation des résidus de l’activité industrielle coûte si cher que les tentations de contourner la loi sont constantes. Si je reviens ce jour sur l’Érika, c’est parce qu’une autre affaire vient d’éclater, qui concerne ArcelorMittal, géant mondial de la sidérurgie, avec 310 000 employés répartis dans 60 pays.
Excusez du peu : on parle d’un trafic portant sur des millions de tonnes de déchets industriels, sous la forme - tiens donc - de fioul naphtalisé (ici).
Au lieu d’être retraités à un coût bien sûr élevé, ce fioul aurait été revendu comme carburant de basse qualité pour des supertankers, grâce à une cascade de sociétés-écrans.
Vrai ? Vraisemblable en tout cas.
Et j’oserai sans hésiter cette hypothèse générale :
le trafic de déchets est consubstantiel à une industrie ivre de profits à court terme et de concurrence au couteau.
Le monde tel qu’il va ne peut pas s’encombrer, dans sa marche triomphale vers l’abîme, de menues saloperies qui grèveraient ses résultats financiers.
Et ce qui vaut pour les plus grands et les plus forts vaut également pour les plus petits.

Je vous laisse méditer sur le sort des déchets nucléaires quand cette industrie intrinsèquement folle aura été confiée aux intérêts privés.

Vous l’avez peut-être oublié, mais tel est bien le projet de Son Altesse Sérénissime Nicolas 1er, roi de France, empereur putatif de notre malheureux univers.

jeudi 18 septembre 2008

développement du ZAI et autres techniques simples de cultures en zones arides

Papounet,tu demandais ce que je fais pour eux.
en fait,je fais ce dont ils ont besoin:
je cherche des sous pour le CILLS.
les techniques,ils les connaissent.elles ont fait leurs preuves.
les moyens de trouver sufisemment de sous pour les mettre en oeuvre:ils ne les connaissent pas.
alors je fais ce que je peux.
ils ont failli avoir des sous avec un projet qui s'appelle la barrière verte mais ce financement de riches est bloqué( aux dernières nouvelles par le japon qui se sert de son véto dans une négotiation qui n'a rien à voir avec le sujet).
dans le projet global de barrière verte il y a pleins de projets foireux mais celui-ci tient vraiment la route.
c'est simple,pas cher et plein de bon-sens et surtout ça marche:tout ce que j'aime

pour une fois qu'on en parle en France,je ne vais pas bouder mon plaisir:

Agriculture. Bonne pioche au Sahel, Liberation, 16/09/08
Yves Sciama, envoye special au Burkina Faso

Au Burkina Faso, des paysans ont developpe des techniques simples pour augmenter les rendements des cultures de 30 %. Et stopper la desertification.

Reportage.
Le long des routes rectilignes et plates du Burkina Faso, a travers l’air qui tremble de chaleur, on les voit defiler sans fin, ensables ici, ecroules la, toujours renaissants : des murets de pierres empilees, hauts comme la main, une vingtaine de centimetres au maximum. Ils ont commence a quadriller la campagne sahelienne apres les grandes famines des annees 70, et depuis, ils s’allongent, se multiplient, s’entrelacent, totalisant des milliers de kilometres. Ici, les experts les appellent des «cordons pierreux».

Batis au prix d’heures de travail ereintant sous un soleil hostile, ils sont l’instrument d’un ensemble d’innovations agronomiques discretes, parfaitement low-tech, et qui ont pourtant l’ambition de faire la revolution verte en ces terres desolees.
Leur horizon ?
Rien moins que la victoire sur la desertification et la famine sur un territoire grand comme dix fois la France, ou vivront bientot 100 millions d’habitants.

Plus prosaiquement, il s’agit d’instaurer au Sahel des modes de culture qui assurent la securite alimentaire des hommes, et la bonne sante des ecosystemes qui les nourrissent.

Explosion demographique. Il y a urgence car la terre, ici, va s’epuisant sous l’effet de pratiques agricoles bouleversees par l’explosion demographique. Jusque dans les annees 60, les paysans saheliens pratiquaient la jachere. Afin de maintenir leurs rendements, ils abandonnaient periodiquement leur parcelle pour aller defricher la brousse, puis y revenaient plusieurs dizaines d’annees plus tard. Mais l’accroissement de la population sahelienne (+ 3 % par an !) a augmente la pression sur les terres cultivables et fait exploser ce systeme ancestral : aujourd’hui, les jacheres disparaissent, la terre est surexploitee tandis que la consommation de bois de feu, croissante, decime les arbres, dont les ruminants, omnipresents, empechent la repousse…

Ainsi les Saheliens sont-ils pieges dans un cercle vicieux bien connu des agronomes des zones arides : les sols a la vegetation rarefiee sont exposes a l’erosion sterilisante du vent et surtout de pluies qui sont, ici, a la fois rares (entre juin et septembre) et violentes.

La vegetation ne retient plus la terre qui ne retient plus l’eau des orages qui entrainent la terre. De vastes plaques desertiques encroutees, les «zipeles», grandissent puis convergent… Ainsi, la desertification avance. Pis, le rechauffement climatique devrait accelerer sa marche, en apportant dans cette region des precipitations accrues reparties sur une saison encore plus courte.

Partie perdue ? Ali Ouedroago, qui cultive des terres du village de Gourcy, a 100 km de Ouagadougou, est la preuve du contraire. A 70 ans, ce «paysan innovateur», comme on appelle ici ces agriculteurs a l’affut d’une meilleure maniere de faire, montre volontiers ses greniers pleins de mil et son cheval, un des signes exterieurs de richesse les plus envies en pays Mossi. Il a adopte les trois principales techniques qui font leur chemin au Burkina, sans tambour ni trompette.
Destinees a retenir l’eau et la terre, «ces technologies sont simples, bon marche et efficaces, produites par le milieu paysan», souligne Souleymane Ouedraogo, economiste a l’Institut national de l’environnement et de la recherche agricole (Inera) du Burkina.
Demi-lunes.
La premiere, le cordon pierreux, c’est tout simplement le plus petit barrage du monde : un muret qui casse les torrents de pluie et les retient dans une mare.

L’eau s’infiltre, depose les limons et nutriments qu’elle charrie, avant de traverser tres lentement le cordon et de continuer sa route.

Le resultat est fecond, surtout si le paysan a pris le soin de creuser des «demi-lunes», du nom de la seconde de ces petites techniques qui ne payent pas de mine, mais payent le paysan de retour : elle consiste a creuser un reseau de depressions en forme de demi-cercle de quatre metres de diametre, bordees par un bourrelet de terre.
Les semis sont faits dans ces demi-lunes qui retiennent la pluie, le trop-plein passant par-dessus le bourrelet pour tomber dans la demi-lune mitoyenne…

Enfin, contre l’erosion, il y a le «zai» : le paysan crible le sol de trous d’une vingtaine de centimetres de profondeur, a la pioche.
Puis il les comble avec un melange de terre et de compost (fait de pailles, de cendres domestiques, de dejection animales et d’eau) et y depose son semis.
Les orages venus, l’eau, au lieu d’emporter compost et semis, s’infiltre dans ce melange meuble qui reste longtemps humide.

Ces pratiques «low-tech» ont permis des hausses des rendements de l’ordre de 30 %, selon l’Inera.
Mieux, elles ont favorise l’enracinement spontane d’arbres.
Des arbres que les «paysans innovateurs» ont appris a epargner et proteger des ruminants, car leurs effets benefiques sont innombrables : penetration de l’eau amelioree, limitation du dessechement, production de matiere organique via leurs feuilles et fruits.

Ousseini Kindon, sexagenaire alerte qui vit a Bogaya, tout pres de la frontiere malienne, temoigne : «Il y avait neuf arbres sur ces terres quand je suis arrive a l’age de 29 ans, et regardez maintenant : j’en suis a environ 4 000 pieds», s’emerveille-t-il, montrant des dizaines de petits troncs de baobabs, particulierement prises dans la region. «J’ai compte 100 sortes de plantes differentes sur mes champs recemment, ajoute-t-il. Et avec les arbres sont revenus les oiseaux
Brouettes et charrettes.

Ces techniques simples ont permis de rehabiliter environ 10 % des surfaces cultivees du Burkina Faso, soit plus de 300 000 hectares, selon l’Inera.

Cependant, leur diffusion pourrait bien plafonner… faute de moyens.

Les experts du Comite interetatique de lutte contre la secheresse au Sahel (Cilss) ont calcule qu’il faut entre 120 et 230 € pour amenager un hectare. «Lorsque les pierres sont trop loin des champs, il faut louer un camion a la journee, explique Edwige Botoni-Liehoun, experte en gestion des ressources naturelles au Cilss.
Il faut aussi des outils elementaires, pelles, pioches, brouettes, charrettes… et un peu d’encadrement technique.»
Chaque hectare permettant de nourrir trois personnes au lieu de deux, l’investissement est amorti en environ cinq ans,
mais l’avance de fonds pose toujours probleme, tant la misere des paysans du Sahel est grande. Ici, une bouteille d’eau vide est aussitot recuperee comme un objet precieux. «Les gens ont besoin d’aide, insiste Edwige Botoni-Liehoun.
La demande est enorme : cette annee, nous avons recu 130 requetes de financement, mais nous ne pourrons en satisfaire qu’une trentaine.»
«L’enjeu, observe Henri Girard, agronome francais installe au Burkina depuis les annees 80 , est de passer d’une agriculture de defrichement a une agriculture a la fois intensive et ecologique, qui permette de nourrir toute la population

Cette transition pourrait avoir lieu en deux ou trois decennies si l’agriculture cessait d’etre le parent pauvre de l’aide au developpement.
Aujourd’hui, elle recolte 5 % de l’enveloppe dediee au Sahel alors que 65 % de la population, ici, en depend.
<http://www.liberation.fr/transversales/futur/reportage/352111.FR.php>

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pour moi il y a un enjeu tout aussi important:
il faut bloquer l'utilisation abusive des engrais chimiques qui vont stériliser le reste de l'afrique et entrainer le continent dans le même cercle vicieux que celui des sahéliens.

jeudi 11 septembre 2008

je vous expliquerai plus tard pourquoi je mets cet article

A quand les maisons ecolos made in France ?, Ecolife, 08/09/08
Gaelle Courcoux

En France, les batisseurs ecolos doivent encore trop souvent faire appel a des materiaux et equipements etrangers, faute de materiel francais.
Le cout ecologique du transport généré demolit alors leurs efforts en faveur de la nature.
Maisons ecologiques, passives et a energie positive : des concepts encore trop etrangers aux Francais. Et pour cause ! L'eco-construction n'en est qu'a ses balbutiements dans l'Hexagone.

De fait, pour construire un batiment autonome en energie, les maisons passives, et a fortiori un batiment a energie positive, les Francais se trouvent confrontes a quelques difficultes.
Ils doivent souvent faire venir les materiaux et equipements de l'etranger, parfois de l'autre bout de la planete, reduisant du meme coup les benefices environnementaux.
La Maison Zen, inauguree en novembre 2007, est la premiere maison a energie positive realisee en France. A titre d'exemple,
les panneaux photovoltaiques du toit viennent d'Allemagne,
les triples vitrages d'Autriche
et la pompe a chaleur du Japon.

"Bien sur, nous avons d'abord cherche des equipements francais, mais nous n'en n'avons pas trouve", regrette Yann Usseglio, consultant pour le cabinet d'etudes Cythelia specialise dans les energies renouvelables et maitre d'oeuvre de la Maison Zen.

"Le Grenelle de l'Environnement a cree le buzz"
Mais la France rattrape a toute vitesse ses voisins europeens. "Il est abusif aujourd'hui de dire que la France est en retard", s'insurge Guy Archambault, journaliste consultant specialise en eco-construction. "Il s'agit plutot d'une periode de mutation. En trois ans, le pays a accompli un travail fantastique dans le domaine", se felicite-t-il.

"Depuis quelques annees, les travaux du GIEC ont impulse une nouvelle dynamique", explique le specialiste. "Plus recemment, grace au Grenelle de l'Environnement, des engagements ont ete pris. Des obligations de resultats en termes de performance energetique des batiments ont ete fixees." Une loi, qui devrait voir le jour fin octobre 2008, stipulera qu'en 2012 tous les batiments vont devoir etre construits selon le label BBC (Batiment Basse Conso). "Il est vrai que le Grenelle de l'Environnement a lance une sorte de buzz autour de l'eco-construction", reconnait Yann Usseglio.
"Et la relocalisation de l'activite en France est une des priorites des militants pour le developpement durable du batiment", rencherit Guy Archambault.

Mais attention a ne pas "rester dans l'effet d'annonce", comme le consultant de Cythelia regrette que ce soit encore le cas.
A quand le passage a l'acte ?
<http://www.eco-life.fr/a_quand_les_maisons_ecolos_made_in_france.php>
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bio-carburants,travail des enfants et esclavage moderne:le rapport

Les biocarburants profitent a l'agrobusiness, pas aux paysans, selon une ONG, AFP, 10/09/08

Sao Paulo (AFP) - 11h08 - La rapide extension des cultures destinees aux biocarburants en Amerique latine profite a l'agrobusiness mais pas aux populations locales, accuse dans un rapport publie mercredi un reseau d'organisations de defense de l'environnement.

Dans ce rapport, Les Amis de la Terre affirment que les biocarburants, dont le Bresil s'est fait le champion, accroissent la deforestation, menacent la biodiversite, conduisent a l'eviction des petits paysans et remplacent les cultures vivrieres, a un moment ou les prix des produits alimentaires sont au plus haut.

Paul de Clerck, un des responsables de la campagne des Amis de la Terre, a estime dans un communique que "plus de biocarburants signifie que l'agrobusiness, les speculateurs financiers et les grands proprietaires vont faire de larges profits aux depens de la population et de l'environnement".

Le document est publie simultanement a Bruxelles, Montevideo et Porto Alegre (sud du Bresil), a la veille d'un vote au Parlement europeen sur l'utilisation des biocarburants dans l'Union europeenne qui envisage d'imposer jusqu'a 10% de biocarburants dans les vehicules d'ici a 2020.

Apres les Etats-Unis, qui produisent des biocarburants avec du mais, le Bresil est le second producteur mais le premier exportateur mondial. Le geant sud-americain, qui produit de l'ethanol a partir de la canne a sucre, se defend de menacer la foret amazonienne et de diminuer l'offre de nourriture.
Les amis de la Terre, premier reseau ecologique mondial present dans 70 pays, soulignent que les pays d'Amerique latine "augmentent leur production de biocarburants a un rythme alarmant" pour tenter de profiter de la hausse de la demande en Europe et aux Etats-Unis.
"Augmenter la surface des terres consacrees a la culture pour les biocarburants signifie une deforestation accrue et la destruction de la vie sauvage, des conflits plus nombreux, de mauvaises conditions de travail et une pollution de l'environnement", a estime le groupe.

Le rapport montre du doigt le Bresil, accusant notamment les grands producteurs de soumettre leurs travailleurs a des "conditions proches de l'esclavage".

Deforestation illegale, contamination des eaux et conflits agraires s'accompagnent, selon les Amis de la Terre, du deplacement de fermes et d'elevages dans des zones autrefois vierges.

Le groupe releve que quatre des dix plus grandes societes d'ethanol au Bresil avaient des investisseurs etrangers, notamment europeens.

Selon le rapport, en Amerique centrale, des pays comme le Salvador, le Costa Rica et le Guatemala cherchent aussi a profiter de cette nouvelle manne, bien qu'a une plus petite echelle.
Il souligne qu'au Salvador, "il a ete rapporte que 30.000 enfants travaillaient dans les cannaies".

<http://www.tv5.org/TV5Site/info/article-Les_biocarburants_profitent_a_l_agrobusiness_pas_aux_paysans_selon_une_ONG.htm?idrub=14&xml=newsmlmmd.6f585935efc9e6201be3d1457c18de0b.111.xml>
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mardi 9 septembre 2008

développement durable: arnaque juteuse pour certains

Difficile mise en œuvre des mecanismes de Kyoto, Novethic, 04/09/08
Anne Farthouat

Trois ans apres l’entree en vigueur du protocole de Kyoto, l’efficacite des instruments economiques dans la lutte internationale contre le rechauffement economique est encore timide.

Face aux subventions aux energies polluantes, les mecanismes de flexibilite destines a promouvoir le developpement durable des pays du Sud ne pesent pas lourd.

Si le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE) recommande, dans un recent rapport, la suppression des subventions aux energies fossiles au profit d’investissements « propres », la realite economique semble en etre bien loin.

Le mecanisme de developpement propre (MDP) en decoit plus d’un.
Cree –en therorie- pour soutenir le developpement durable des pays du Sud, ce mecanismes de flexibilite instaure par le protocole de Kyoto (avec la Mise en Œuvre Conjointe, et le Permis d’Emissions Negociable) permet aux investisseurs des pays developpes d’obtenir des « credits d’emission » de gaz a effet de serre, en echange d’apports dans des projets « vertueux. »

Seulement, la machine peine a se mettre en route. Les projets MDP sont encore peu nombreux (on en compte aujourd’hui 1156), profitent avant tout a l’Asie (qui en cumule 749), et sont parfois l’occasion de « verdir » de banales operations economiques.

«C’est un ecran de fumee destine a masquer l’inaction.» Pierre Cornut, ancien consultant specialise sur le MDP ne cache pas sa colere.

Lassé de voir les arbitrages internationaux « peu soucieux de garantir l’integrite environnementale du systeme », il a cesse toute activite professionnelle dans ce domaine.

Selon lui, non seulement les mecanismes de flexibilite ne sont pas a la hauteur des enjeux environnementaux et sociaux, mais surtout, ils sont en proie au monopole des industriels, qui y voient l’ouverture d’un nouveau marche potentiellement juteux.

Car le MDP est un mecanisme complexe, dans lequel de nombreux parametres entrent en jeu. Certains n’hesitent donc pas moduler ces derniers pour faire accepter leur projet par le Conseil executif en charge de la validation. Jean-Philippe Thomas, coordinateur du programme Energie d’Enda-TM (Environnement et developpement du Tiers-Monde) precise que 20% des projets MDP en Inde ne seraient que des « credits bidons. »

Decu de voir que cet outil economique profite peu a l’Afrique, il n’en est pas moins conscient que le MDP reste un instrument de marche, qui s’adresse avant tout aux speculateurs. « Pour l’instant, le prix du carbone ne l’emporte pas sur les risques qu’encourent les investissements. Or, ceux la sont eleves en Afrique, en particulier en Afrique sub-saharienne. Il faudrait une valeur carbone bien superieure pour attirer le MDP sur ce continent. »


Le MDP existera t-il toujours en 2012 ?
Pierre Cornut regrette la legerete avec laquelle les mecanismes de Kyoto ont ete elabores : « avant 2004, on assistait a des negociations de fond, il semblait y avoir une reelle ambition. Et finalement, dans le protocole, seulement 20 lignes sont consacrees a chacun des mecanismes. C’est insensé ! On ne batit pas un nouveau systeme sur 20 lignes ! »


Le principal point faible du MDP est le systeme de controle et d’evaluation des projets en cours. Et pour cause : les pays beneficiaires n’etant pas soumis a des quotas d'emissions, les reductions d'emissions doivent etre certifiees par des auditeurs independants. Ceux-ci doivent verifier que les projets contribuent reellement a l'attenuation des changements climatiques. Or, ces controles sont parfois difficiles a mener. L’opacite entretenue par certains acteurs rend les audits difficiles, d’ou des projets frauduleux Par ailleurs, la perennite des mecanismes de flexibilite n’est pas garantie. Qu’adviendra-t-il du protocole de Kyoto dans les negociations sur l’apres 2012 ? Jean Philippe Thomas attend patiemment la conference de Copenhague, mais craint que ne se developpe un regime speculatif des credits d’emissions, qui nuirait encore davantage aux pays en developpement. Pour autant, il refuse de se laisser aller au pessimisme. «Je crois fermement aux effets de l’apprentissage. Il ne faut pas tuer la poule dans l’œuf ! Qui sait ? Peut-etre le MDP deviendra-t-il attrayant vers l’Afrique, d’ici 10 ou 15 ans ?... »
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Une agence de notation des credits carbone
Lance fin juin a Londres par Ideacarbon , « Carbon Rating Agency » evalue la qualite et la fiabilite des credits carbone. Les projets concernes sont ceux qui generent des CER (pour Certificats de Reduction d’Emissions) dans le cadre notamment du MDP. L’agence tente non seulement de mesurer la reduction effective d’emissions de gaz a effet de serre mais prend aussi en compte les benefices sociaux et economiques des projets.

Elle souligne que les projets peu fiables provoquent un double dommage, perte d’argent pour la compagnie acheteuse de CER mais aussi absence de reduction effective d’emissions pour la planete.
<http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=117805&titre=Difficile%20mise%20en%20œuvre%20des%20m%E9canismes%20de%20Kyoto>

mode d'emploi:comment transformer les talibans en résistants?

la France en Afganistan est considérée par la population comme une TROUPE d'INVASION.

pour la première fois,je vois sur TF1,le point de vue de la population Afgane.

quand on voit leurs conditions de vie,les "bavures" qui,à mon avis, n'en sont pas,on ne peut qu'espérer le RETRAIT de nos troupes qui ,pour l'instant PROVOQUENT INUTILEMENT de la souffrance.

donner une légitimité aux talibans est une erreur grossière,tellement grossière qu'on ne peut s'empêcher de penser que cette politique est PREMEDITEE par certains.

les civils,la population comptent une fois de plus pour du beurre.

http://tf1.lci.fr/infos/jt/0,,4078518,00-afghanistan-les-civils-paient-l-enlisement-du-conflit-.html

lundi 8 septembre 2008

l'avenir des agrocarburants européens.vive le"DURABLE"!! vive la bagnole

Biocarburants "durables" : les pays de l'UE d'accord sur les grandes lignes, AFP, 04/09/08

Bruxelles (AFP) - 18h01 - Les 27 Etats membres de l'UE se sont mis d'accord dans les grandes lignes sur les criteres qui encadreront a l'avenir l'utilisation des biocarburants, decriee car rendue responsable par certains de la flambee des prix alimentaires, a indique jeudi une source europeenne.
La source a fait etat d'un "accord a 27 sur les grandes questions" qui restaient a trancher afin de definir les mesures de precaution permettant a l'UE de produire et importer des biocarburants "durables".

Les Etats membres veulent aller plus loin que la Commission europeenne, qui souhaitait au depart que les biocarburants permettent une reduction de 35% des emissions de gaz a effet de serre compare aux carburants traditionnels.
S'ils conservent ce seuil d'efficacite de 35% pour l'entree en vigueur des mesures, prevue normalement en 2010, ils veulent l'augmenter a 50% a partir de 2017.
Ce dernier objectif sera toutefois confirme lors d'une evaluation intermediaire en 2014.
Les Etats membres souhaitent aussi s'assurer que leur recours accru aux biocarburants n'aura pas d'effet nefaste sur les prix alimentaires.
La Commission devra faire un rapport d'impact tous les deux ans et proposer le cas echeant des contre-mesures.

Surtout, pour inciter la production pour les biocarburants sur des terres dites "degradees", pas utilisees pour l'agriculture alimentaire, les 27 se sont mis d'accord sur le principe d'un "bonus": l'exigence d'efficacite sera moindre pour les biocarburants tires des cultures sur ces terres.
L'ampleur du bonus dependra de plusieurs criteres, la nature des sols par exemple.
En outre, la production des biocarburants ne devra pas affecter la biodiversite, ni se faire sur les zones a stock eleve de carbone: pas question par exemple de defricher des forets pour les cultures destinees aux biocarburants.
Ces criteres, contraignants, s'appliqueraient a l'UE comme aux pays tiers qui exportent des biocarburants en Europe.

S'y ajouteraient d'autres criteres non contraignants pour les producteurs, environnementaux (protection de l'air, de l'eau, du sol) et sociaux (pas de travail force ou des enfants).

<http://www.tv5.org/TV5Site/info/article-Biocarburants_durables_les_pays_de_l_UE_d_accord_sur_les_grandes_lignes.htm?idrub=14&xml=newsmlmmd.bf0d4f461a1b4560693a3f3a67f61f21.391.xml>

nos dirigeants ne perçoivent pas l'immensité du danger

Nos dirigeants ne percoivent pas l’immensite du danger », Lester Brown, Terra Economica n°58, 03/09/08
Agence Rea, Matthieu Auzanneau, Sipa

Lester Brown, un des ecologistes les plus influents de la planete, analyse pour « Terra Economica » le premier choc ecologique du XXIe siecle

Egypte, Mauritanie, Mexique, Maroc, Bolivie, Pakistan, Indonesie, Malaisie… La liste des pays secoues par des « emeutes de la faim » est longue. Selon le Fonds international de developpement agricole (Fida), une agence de l’ONU, a chaque augmentation de 1 % du prix des denrees de base, 16 millions de personnes supplementaires sont plongees dans l’« insecurite alimentaire ».
Cette situation – non pas cyclique, mais structurelle – rend caducs les modeles d’intervention des organisations internationales, Nations unies en tete.
Aujourd’hui, ces dernieres doivent agir dans des zones ou la nourriture existe, mais ou les gens n’ont pas de quoi se la payer.
Pour Lester Brown, agronome americain, ce n’est pas seulement l’affaire d’une mauvaise recolte. A ses yeux, la planete connait une crise a la fois alimentaire, economique, demographique et ecologique.


A-t-on une quelconque raison d’esperer que la crise alimentaire s’attenue et que les prix de la nourriture redescendent dans le futur ?
Je pense que l’ere de la nourriture bon marche appartient au passe. Nous avons deja connu des hausses importantes des prix des cereales au XXe siecle, mais elles etaient liees a des evenements climatiques isoles. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus complique. Nous faisons face a une chaine d’evenements. Du cote de l’offre, nous assistons a un resserrement des ressources alimentaires mondiales, tandis que du cote de la demande, la population mondiale continue de croitre de 70 millions de personnes chaque annee. En outre, pres de 4 milliards de personnes dans le monde voient leurs revenus augmenter et aspirent a « remonter la chaine alimentaire ». Pour arriver a produire la viande, le lait et les oeufs supplementaires qu’elles reclament, il faut beaucoup plus de cereales.

Quel est l’impact du developpement de la demande d’agrocarburants ?
Cette annee, j’estime que plus d’un quart de la production americaine de cereales ira dans les distilleries d’ethanol. Cette explosion des biocarburants a fait doubler le rythme de croissance de la consommation mondiale de cereales. On est passe d’une augmentation annuelle de 21 millions de tonnes entre 1990 et 2005, a plus de 40 millions de tonnes aujourd’hui.

Les agriculteurs peinent a maintenir les rendements. Pour quelles raisons ?
Le premier facteur, c’est la progression des penuries en eau, consequence d’une production trop intensive. Dans certains pays, le manque d’eau fait meme chuter les recoltes de cereales, notamment en Chine pour le ble – c’est pourtant le premier producteur mondial de cette cereale – ou dans certains pays du golfe Persique. Des pompes d’irrigation qui s’assechent, il y en a aussi beaucoup en Inde, ce qui affecte la production. Et puis, il y a l’erosion des sols qui progresse dans bien des regions : environ un tiers des terres arables dans le monde s’erodent plus vite qu’elles ne sont capables de se regenerer.

Quel est l’impact de l’urbanisation sur l’agriculture ?
La conversion de terres arables en terres perdues pour la culture atteint des records. Regardez le boom de la construction residentielle et industrielle, et les routes, autoroutes et parkings necessaires pour repondre aux besoins des 21 millions de vehicules supplementaires mis en circulation chaque annee.
Agrocarburants, penurie d’eau, erosion, destruction de terres arables : des contraintes telles sur les recoltes qu’il n’a jamais ete aussi difficile d’augmenter l’offre agricole. Depuis sept ans, la consommation de cereales surpasse sa production. Les stocks sont aujourd’hui a leur plus bas historique. Et j’oubliais l’augmentation des temperatures ! Avec 1° C de hausse des temperatures globales, on peut s’attendre a une baisse de 10 % des rendements des cultures de ble, de riz et de mais.

Comment s’en sortir ?
Dans le passe, la solution, c’etait d’augmenter les subventions agricoles pour inciter a produire plus, ou d’investir plus d’argent dans la recherche. Nous devons continuer a faire ces choses-la. Mais il faut avant tout reussir a stabiliser le climat et la population mondiale. Il faut aussi une initiative globale afin d’ameliorer la productivite de l’eau, de la meme maniere qu’au siecle dernier, il y a eu un mouvement mondial pour faire progresser la productivite des sols. Aujourd’hui, les rendements a l’hectare sont trois fois plus eleves que dans les annees 1950.

L’augmentation des prix agricoles n’est-elle pas, finalement, une bonne nouvelle ? N’est-ce pas la condition pour que les agriculteurs puissent investir, augmenter leurs rendements et donc la production ?
Les prix eleves vont inciter les fermiers a produire plus en effet, mais helas, dans beaucoup de cas, cela veut aussi dire plus de surexploitation des nappes phreatiques, plus de deforestation tropicale, en Amazonie et en Afrique. C’est dangereux.

Toutefois, les hauts prix de la nourriture, du petrole et des matieres premieres constituent aussi une opportunite historique pour modifier notre facon d’investir et parvenir a des modes de production durables ?
Je le souhaite mais, pour l’instant, les debats dans les institutions internationales se concentrent sur des solutions agricoles traditionnelles pourtant insuffisantes. Je le repete : la solution pour eviter les penuries de nourriture, c’est desormais d’abord la stabilisation du climat et de la population. Et la, nous sommes tres loin du compte.

A quel point sommes-nous loin du compte ? Vous dites souvent que la mobilisation necessaire est comparable a un effort de guerre.
Il y a de la bonne volonte partout dans le monde, mais je ne vois encore aucune reaction qui soit a la hauteur du danger. La prise de conscience mondiale progresse, mais beaucoup trop lentement.
Je crois que c’est en partie parce que les gens se disent : « Si nous sommes patients, toutes ces difficultes finiront par disparaitre. Prions pour que la prochaine recolte soit meilleure… »
Peu de gens realisent a quel point la recente crise alimentaire a des racines profondes qui sont liees a la structure meme de l’economie planetaire. Pour y echapper, il va falloir des changements radicaux dans le mode de vie humain : moins d’enfants par couple, une alimentation beaucoup moins gourmande en viande notamment. Il faut regarder ces enjeux en face avant qu’il ne soit trop tard !

Mobiliser l’economie mondiale prend du temps. La lenteur des negociations internationales pour limiter les emissions de gaz a effet de serre vous rend-elle pessimiste ?
Bien sur que oui. Meme chez vous, en Europe, les effets du protocole de Kyoto sont encore bien maigres. Ce n’est pas grace aux accords internationaux que nous reussirons a survivre. Nous ne pouvons y arriver que si des initiatives locales spontanees se multiplient pays par pays. La Nouvelle-Zelande envisage, par exemple, de devenir le premier pays neutre en termes d’emissions de gaz a effet de serre. Ce qui est remarquable dans ce choix, c’est que le Premier ministre neo-zelandais n’a pas dit : « Nous allons le faire si l’Australie, la Chine ou les Etats-Unis font pareil. »

Aux Etats-Unis, malgre l’intransigeance de Washington dans les negociations internationales, on voit poindre beaucoup d’initiatives de ce type. Cela vous semble-t-il suffisant ?
En moins d’un an, un puissant mouvement politique partant de la base a presque reussi a imposer un moratoire de fait sur la construction de nouvelles centrales electriques au charbon (qui sont une source majeure d’emissions de gaz a effet de serre, ndlr). Je trouve cela tres encourageant. Sur 151 projets de nouvelles centrales au charbon, plus de 60 ont deja ete abandonnes grace a l’opposition des elus locaux et de la societe civile. Soixante autres projets sont attaques en justice par des associations ecologistes. Si l’humanite survit au rechauffement, ce sera grace a des initiatives democratiques spontanees comme celles-ci. Negocier des accords internationaux, puis les ratifier, prend beaucoup trop de temps. Si on ne compte que la-dessus, le sable aura fini de s’ecouler dans le sablier avant que nous ayons pu faire ce qu’il faut.

Mais la contestation democratique peut-elle l’emporter sur les realites economiques ? Car le charbon reste le moyen le moins cher pour produire actuellement de l’electricite.
Justement ! Les plus grandes banques americaines, comme, JP Morgan ou Citigroup, disent qu’elles ne preteront plus d’argent pour construire des centrales au charbon a moins que leurs constructeurs ne leur demontrent qu’elles seront encore rentables lorsque Washington finira par imposer des restrictions sur les emissions de gaz a effet de serre. Faire cette demonstration est evidemment impossible. La seule certitude, c’est que la democratie finira par imposer ces restrictions. En consequence, Wall Street est donc en train de tourner le dos a l’industrie americaine du charbon. Il y a un an, personne aux Etats-Unis ne voyait venir cette levee de boucliers. Je crois qu’elle va devenir un phenomene planetaire, et ca me rend enthousiaste !
Raison democratique et rationalite economique semblent pouvoir se rejoindre. Depuis quelques mois, les Americains n’achetent pratiquement plus de 4x4. Oui, c’est aussi une tendance interessante, et tres spectaculaire, un effet de la hausse du petrole. Comme si, de fait, une taxe sur le carbone avait ete instituee. Les prix eleves des matieres premieres, du petrole dans le cas present, peuvent finalement etre une bonne nouvelle. Dans ce sens, oui. C’est une heureuse coincidence pour le climat.
En savoir plus :
Earth Policy Institute
- « L’agriculture pour le developpement », rapport 2008 de la Banque mondiale
- « L’etat de l’insecurite alimentaire dans le monde », rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO)
<http://www.terra-economica.info/Nos-dirigeants-ne-percoivent-pas-l,3953.html?bravo=oui>

vendredi 5 septembre 2008

nouvelle législation européenne sur les pesticides

Pesticides : les ONG denoncent une nouvelle legislation europeenne, le JDLE, 29/08/08
Claire Avignon

Certaines limites maximales de presence de pesticides dans les fruits et legumes vont bientot augmenter en France comme dans d’autres Etats membres de l’Union.
C’est ce qu’ont denonce plusieurs ONG europeennes dans un communique commun.

En France, le Mouvement pour le droit et le respect des generations futures (MDRGF) denonce par exemple le cas du fenoxycarbe. Jusqu’ici, un arrete francais (1) avait limite la presence de cette substance toxique a 0,05 milligramme par kilogramme pour les «fruits a noyau et a pepins». Il sera remplace des le 1er septembre par une norme de 2 mg/kg pour tous les agrumes. Soit une tolerance 40 fois superieure. Des ONG europeennes arrivent a des conclusions similaires pour d’autres pesticides.
En cause : un reglement du 29 janvier 2008 (2) qui harmonise les limites maximales applicables au sein de l’Union europeenne.
«Pour chaque pesticide, la Commission a identifie le pays ayant la plus ‘mauvaise’ limite de securite et a adopte ce niveau pour les normes europeennes, estime dans un communique Hans Muilerman, porte-parole de l’ONG neerlandaise Natuur en Milieu.
Les consommateurs europeens vont donc etre moins bien proteges alors qu’ils sont exposes a plus de 200 pesticides differents a des niveaux importants
ONG Natuur en Milieu et le reseau PAN Europe ont lance une action en justice contre cette nouvelle legislation

(1) Arrete du 12 juillet 2006 modifiant l’arrete du 5 aout 1992 relatif aux teneurs maximales en residus de pesticides admissibles sur et dans certains produits d’origine vegetale
(2) Reglement (CE) n°149/2008 de la Commission du 29 janvier 2008 modifiant le reglement (CE) n°396/2005 du Parlement europeen et du Conseil pour y ajouter les annexes II, III et IV fixant les limites maximales applicables aux residus des produits figurant a son annexe I
<http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=22129&idThema=5&idSousThema=26&type=JDE&ctx=257>

Qui êtes-vous ?

paysan bio producteur de framboises biologiques. passionné par mon métier. mais gêné par le fait qu'il ne procure pas un revenu suffisant pour faire vivre correctement ma famille. c'est elle la priorité,donc je vais certainement changer de métier.