je poste assez souvent des messages sur le blog de DSK.
parce que j'y ai rencontré virtuellement des gens très intéressants.
mais au départ j'y suis allé parce que je ne suis pas d'accord avec la doctrine économique de DSK.
il explique en gros que les pauvres doivent se serrer la ceinture pour donner de la marge économique aux politiques.les politiques vont exploiter cette marge pour augmenter le PIB.
au final,si le PIB monte,les pauvres devraient en profiter.
moi j'appelle cette doctrine "le diner de cons" pour les pauvres.
2 articles pour mieux comprendre:
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La croissance en question, Le Monde, supplement special, 31/05/07
Herve Kempf
Croissance,croissance, croissance ! Economistes, politiques, entrepreneurs, journalistes, tous n'ont que ce mot a l'esprit quand il s'agit de parler des solutions a apporter aux maux de la societe. Souvent, ils oublient meme que leur mot fetiche n'est qu'un moyen, et le posent en objectif absolu, qui vaudrait par lui-meme.
Cette obsession, qui rassemble la droite et la gauche, est aveugle a l'ampleur de la crise ecologique : changement climatique, mais aussi crise historique de la biodiversite et contamination chimique de l'environnement et des etres. C'est que l'instrument qui sert de boussole aux responsables, le PIB (produit interieur brut), est dangereusement defectueux : il n'inclut pas la degradation de la biosphere. Cela signifie que nous contractons a l'egard de celle-ci une dette toujours croissante. La deregulation emergente des grands ecosystemes planetaires est le prix de cette dette. Si rien ne change, les annuites ne vont plus cesser de s'en alourdir.
L'obsession de la croissance est aussi ideologique, car elle fait abstraction de tout contexte social. En fait, la croissance ne fait pas en soi reculer le chomage : "Entre 1978 et 2005, le PIB en France a connu une croissance de plus de 80 %, remarque Nicolas Ridoux dans le journal La Decroissance d'avril. Dans le meme temps, non seulement le chomage n'a pas diminue, mais il a double, passant de 5 a 10 %." Le Bureau international du travail et la Conference des Nations unies sur le commerce et le developpement confirment : malgre une hausse du PIB mondial de 5 % par an, le chomage ne diminue pas. Le Fonds monetaire international et la Banque mondiale observent aussi que l'elevation du PIB ne fait pas reculer la pauvrete ni l'inegalite. En realite, l'invocation permanente de la croissance est un moyen de ne pas remettre en cause l'inegalite extreme des revenus et des patrimoines, en faisant croire a chacun que son niveau de vie va s'ameliorer.
Il y a urgence a reinterroger le sens et le contenu de cette obsession moderne. Une piste nouvelle est de viser la reduction des consommations materielles, c'est-adire des prelevements que nous faisons sur les ressources naturelles. Un rapport du Parlement europeen, presente en mars par la deputee Kartika Tamara Liotar, le propose : "Il convient de reduire par quatre, a l'horizon 2030, la consommation de ressources primaires non renouvelables dans l'Union europeenne."
Rares sont les politiques qui prennent conscience de l'urgence. Le 16 janvier, dans une conference de presse a Paris, Alain Juppe declarait : "C'est une autre croissance qu'il faut inventer, qui s'accompagne d'une decroissance des gaspillages, et nous avons besoin, dans un monde frappe par la pauvrete et les inegalites, d'une croissance moins consommatrice des energies et des ressources non renouvelables, une croissance respectueuse des equilibres naturels, une croissance qui s'accompagne d'autres modalites de consommation et de production." Tres beaux mots. Qu'il faut faire vivre, Monsieur le Minitre.
<http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-916465,0.html>
Blog sur la production de framboises biologiques avec une méthode utilisant les "mauvaises herbes" comme engrais-paillage. la technique est une amélioraion du BRF:"Bois,Rameaux Fragmentés". elle nécéssite très peu de matériel donc très peu d'investissement; elle ne nécéssite pas non plus de travail de force style bêchage ou passage de motoculteur. en double-cliquant sur les photos,vous verrez mieux les détails. pour laisser un commentaire, choisir l'identité anonyme.
jeudi 5 juillet 2007
mercredi 4 juillet 2007
je me présente.je suis un âne
insulte ou compliment?
plus sérieusement,
je voulais un dromadaire pour tondre l'herbe du jardin.
et aller me promener dans la drôme des collines.
mais on me conseille l'âne,d'autant que quand j'étais enfant j'ai appris à dresser les chevaux pour le travail des champs.
je reconnais que l'animal est intéressant.
si quelqu'un a des tuyaux?
en attendant,
je vous fais partager ma science toute neuve sur les races d'ânes:
Tout comme pour les chiens, les chevaux ou les chats, il existe chez les ânes des races bien déterminées, fruit de centaines de siècles d'adaptation à certains terroirs.
Bien évidemment, les ânes, dont on sait qu'ils sont portés sur la chose (...), ont transgressé depuis longtemps les frontières de races, et cette joyeuse pagaille amoureuse a produit de jolis bâtards aux couleurs surprenantes...
Depuis quelques années, certaines associations tentent de réhabiliter l'âne en renforçant la sélection avec l'ambition de revenir à des races aux critères bien déterminés (voir en Table des Matières le chapitre "Associations"). Cette démarche est encouragée par les Haras nationaux, qui ont ainsi reconnu, après étude des dossiers, quelques races françaises.
On peut chiffrer à environ 10% les ânes qui peuvent se prévaloir d'une race avec un respect des critères définis. Les autres se déterminent dans la catégorie des AFC (la race des Amours de Fond de Champ), mais leur doux regard est certainement la chose la plus importante pour leurs maîtres...
Nous allons définir ci-dessous les principales races françaises et quelques races étrangères qui commencent à s'implanter chez nous, mais il existe de par le vaste monde bien d'autres races d'ânes. Nous vous invitons à lire l'excellent livre de Jacky Davezé, illustré de nombreuses photos "Le Livre de l'âne".
Définitions de certains termes :
- La croix de saint-André : appelée aussi croix de Palestine, c'est une croix de couleur foncée qui décore le garrot de l'âne. On raconte que c'est le signe des ânes venant de Palestine, et de nombreuses légendes courent sur cette marque.
- Le garrot : on parle de "hauteur au garrot" pour un âne. Le garrot est la partie du dos qui se trouve à l'aplomb des pattes avant.
- zébrures : quelques races possèdent d'étranges rayures sur les pattes, dont la présence accentue quelquefois la beauté du standard.
- Stud-book : C'est un gros livre sur lequel sont inscrites les naissances de toutes les ânes d'une race déterminée, et l'ascendance de chaque animal.
- Livret A et livret B : Lorsqu'un standard a été déterminé, on porte sur le "Livret A" les ânes correspondant rigoureusement au standard, et au "Livret B" ceux qui s'en écartent un peu.
.
Il existe deux principaux hybrides :
Le Mulet
Lorsqu'un âne tombe en amour avec une jument, et lui rend hommage (...), la jument met au monde un peu plus tard un animal hybride, qu'on appelle mulet s'il est de sexe masculin, et mule s'il est de sexe féminin. Cet animal est stérile et ne peut donc se reproduire.Le mulet possède d'énormes qualités, puisqu'il va cumuler, voire améliorer les qualités respectives de ses deux géniteurs. De l'âne il va prendre la robustesse, la rusticité et le calme. Du cheval il va prendre la force et la taille.Son cri se rapproche plus du braiement que du hennissement.C'est pourquoi la production de mules et mulets était autrefois, tout du moins jusqu'à la Première Guerre Mondiale, très importante en certaines régions, notamment les zones montagneuses et le bassin Poitevin.Aujourd'hui, les mulets sont particulièrement appréciés en attelage.Allez voir pour plus de détails la page des mulets.
Le Bardeau (ou bardot)
Lorsqu'une ânesse se laisse séduire par un cheval, la jeune dévergondée donne naissance un an plus tard à un animal à mi-chemin du cheval et de l'âne. On l'appelle bardot s'il est de sexe masculin et bardote s'il est de sexe féminin.Le bardeau n'est pas un hybride très apprécié, et sa naissance procède plus des accidents de clôture de champ que de la volonté délibérée des éleveurs.Il ne possède ni la force du cheval ni le caractère placide de l'âne, et ne sait pas très bien quelle est sa place sur la Terre.Il hennit plus qu'il ne braie, et encore est-ce un cri pas très affirmé.
Les autres mélanges
Certains éleveurs sont parvenus à croiser des zèbres et des ânes. Grands promoteurs du pyjama rayé, ces croisements ne servent pas à grand chose, sinon à attirer les curieux dans les parcs zoologiques.A quand la copulation d'une ânesse et d'un crocodile ?...
Le baudet du Poitou
C'est la plus ancienne race d'ânes reconnue officiellement, puisqu'on lui a créé un Stud-book en 1884. Depuis cette date, on possède donc la généalogie complète de cette race d'ânes si particulière.Le baudet du Poitou était essentiellement destiné à monter de grosses juments dites "juments mulassières", afin de produire l'animal hybride qu'on appelle "mule" ou "mulet", selon le sexe.
Taille : de 1,40 à 1,55 m au garrotPoids : de 350 à 450 kgTête : forte, yeux enfoncés, grandes oreilles en éventail garnies de poilsRobe : velue, allant du bai au noir, aux poils très longs et frisés.
Le Grand Noir du Berry
Taille : 1,30 m minimum pour les femelles, 1,35 m minimum pour les mâlesRobe : bai ou noir, unie, sans bande ni croixVentre : gris-blancOreilles : de grande dimension
Pour plus de renseignements sur l'âne Grand Noir du Berry, consultez le site de l'association qui a oeuvré pour sa reconnaissance.
L'âne du Cotentin
Taille : 1,15 m minimum pour les femelles, 1,25 m minimum pour les mâlesRobe : gris avec croix sur le dos
L'âne de Normandie
Taille : 1,15 m minimum pour les femelles, 1,20 m minimum pour les mâlesRobe : marron plus ou moins foncé, avec croix
Pour plus de renseignements sur l'âne de Normandie, consultez la page de l'association qui a oeuvré pour sa renaissance.
L'âne de Provence
Taille : de 1,20 m à 1,30 mRobe : grise, avec croix
L'âne des Pyrénées
Taille : petites tailles de 1,20 à 1,35 m, grandes tailles à partir de 1,35 m sans limite supérieureRobe : noir, bai-brun foncé, bai. Dans toutes ces nuances, les plus foncés sont les plus recherchés.Type gascon : se trouve généralement dans les petites taillesType catalan : se trouve généralement dans les grandes tailles
Pour plus de renseignements sur l'âne des Pyrénées, consultez la page de l'association qui a oeuvré pour sa renaissance.
L'âne du Bourbonnais
Taille : 1,20 m pour les femelles, 1,25 m pour les mâlesRobe : de brun à brun foncé, avec croix
Pour plus de renseignements sur l'âne du Bourbonnais, consultez la page de l'association qui a oeuvré pour sa renaissance.
L'âne Pie d'Irlande
Originaire d'Irlande, cet âne est constellé de taches multicolores qui le rendent très original parmi un troupeau de ses congénères à la robe unie.
Voir la page de Paulo Dieumegard, qui s'occupe de la Maison de l'Âne, à Beauvoir-sur-Mer (85)
Le Mammoth Jackstock (USA)
Résultat des croisements effectués depuis trois siècles, cet âne se trouve sur le territoire des USA. De très grande taille, il est utilisé beaucoup pour la production de mulets
Allez parcourir les sites américains référencés dans la Table des Matières à la vignette "Sites amis", et vous trouverez un tas de renseignements sur ce très beau sujet.
L'âne Catalan (Espagne)
Tailles minima : 1,35 m pour les femelles, 1,45 m pour les mâlesRobe : bai-brune ou noire. Quelquefois un peu de roux aux oreilles. Tour des yeux et ventre blancs
L'asini Bianco dell'Asinara (Sardaigne)
Tailles : de 80 à 105 cmRobe : entièrement blanche avec museau rose et yeux rose-iris
L'âne Zamorano-Leonés (Espagne)
Zone géographique : Cordillère Cantabrique et nord-ouest de l'Espagne
Grande taille, tête volumineuse, pelage abondantRobe : sombre
Actuellement protégés par la Asociación de Criadores de la Raza Asnal Zamorano-Leonesa
L'âne Cordobés-Andaluz (Espagne)
Zone géographique : sud de l'Espagne
Grande taille, pelage court et fin, adapté à la chaleur, caractère tranquilleRobe : gris clair
L'âne de Miranda (Portugal)
Zone géographique : nord-est du Portugal (Bragança)
Taille moyenne à grande, forte carrure, pelage quelquefois long (comme le baudet du Poitou)
plus sérieusement,
je voulais un dromadaire pour tondre l'herbe du jardin.
et aller me promener dans la drôme des collines.
mais on me conseille l'âne,d'autant que quand j'étais enfant j'ai appris à dresser les chevaux pour le travail des champs.
je reconnais que l'animal est intéressant.
si quelqu'un a des tuyaux?
en attendant,
je vous fais partager ma science toute neuve sur les races d'ânes:
Tout comme pour les chiens, les chevaux ou les chats, il existe chez les ânes des races bien déterminées, fruit de centaines de siècles d'adaptation à certains terroirs.
Bien évidemment, les ânes, dont on sait qu'ils sont portés sur la chose (...), ont transgressé depuis longtemps les frontières de races, et cette joyeuse pagaille amoureuse a produit de jolis bâtards aux couleurs surprenantes...
Depuis quelques années, certaines associations tentent de réhabiliter l'âne en renforçant la sélection avec l'ambition de revenir à des races aux critères bien déterminés (voir en Table des Matières le chapitre "Associations"). Cette démarche est encouragée par les Haras nationaux, qui ont ainsi reconnu, après étude des dossiers, quelques races françaises.
On peut chiffrer à environ 10% les ânes qui peuvent se prévaloir d'une race avec un respect des critères définis. Les autres se déterminent dans la catégorie des AFC (la race des Amours de Fond de Champ), mais leur doux regard est certainement la chose la plus importante pour leurs maîtres...
Nous allons définir ci-dessous les principales races françaises et quelques races étrangères qui commencent à s'implanter chez nous, mais il existe de par le vaste monde bien d'autres races d'ânes. Nous vous invitons à lire l'excellent livre de Jacky Davezé, illustré de nombreuses photos "Le Livre de l'âne".
Définitions de certains termes :
- La croix de saint-André : appelée aussi croix de Palestine, c'est une croix de couleur foncée qui décore le garrot de l'âne. On raconte que c'est le signe des ânes venant de Palestine, et de nombreuses légendes courent sur cette marque.
- Le garrot : on parle de "hauteur au garrot" pour un âne. Le garrot est la partie du dos qui se trouve à l'aplomb des pattes avant.
- zébrures : quelques races possèdent d'étranges rayures sur les pattes, dont la présence accentue quelquefois la beauté du standard.
- Stud-book : C'est un gros livre sur lequel sont inscrites les naissances de toutes les ânes d'une race déterminée, et l'ascendance de chaque animal.
- Livret A et livret B : Lorsqu'un standard a été déterminé, on porte sur le "Livret A" les ânes correspondant rigoureusement au standard, et au "Livret B" ceux qui s'en écartent un peu.
.
Il existe deux principaux hybrides :
Le Mulet
Lorsqu'un âne tombe en amour avec une jument, et lui rend hommage (...), la jument met au monde un peu plus tard un animal hybride, qu'on appelle mulet s'il est de sexe masculin, et mule s'il est de sexe féminin. Cet animal est stérile et ne peut donc se reproduire.Le mulet possède d'énormes qualités, puisqu'il va cumuler, voire améliorer les qualités respectives de ses deux géniteurs. De l'âne il va prendre la robustesse, la rusticité et le calme. Du cheval il va prendre la force et la taille.Son cri se rapproche plus du braiement que du hennissement.C'est pourquoi la production de mules et mulets était autrefois, tout du moins jusqu'à la Première Guerre Mondiale, très importante en certaines régions, notamment les zones montagneuses et le bassin Poitevin.Aujourd'hui, les mulets sont particulièrement appréciés en attelage.Allez voir pour plus de détails la page des mulets.
Le Bardeau (ou bardot)
Lorsqu'une ânesse se laisse séduire par un cheval, la jeune dévergondée donne naissance un an plus tard à un animal à mi-chemin du cheval et de l'âne. On l'appelle bardot s'il est de sexe masculin et bardote s'il est de sexe féminin.Le bardeau n'est pas un hybride très apprécié, et sa naissance procède plus des accidents de clôture de champ que de la volonté délibérée des éleveurs.Il ne possède ni la force du cheval ni le caractère placide de l'âne, et ne sait pas très bien quelle est sa place sur la Terre.Il hennit plus qu'il ne braie, et encore est-ce un cri pas très affirmé.
Les autres mélanges
Certains éleveurs sont parvenus à croiser des zèbres et des ânes. Grands promoteurs du pyjama rayé, ces croisements ne servent pas à grand chose, sinon à attirer les curieux dans les parcs zoologiques.A quand la copulation d'une ânesse et d'un crocodile ?...
Le baudet du Poitou
C'est la plus ancienne race d'ânes reconnue officiellement, puisqu'on lui a créé un Stud-book en 1884. Depuis cette date, on possède donc la généalogie complète de cette race d'ânes si particulière.Le baudet du Poitou était essentiellement destiné à monter de grosses juments dites "juments mulassières", afin de produire l'animal hybride qu'on appelle "mule" ou "mulet", selon le sexe.
Taille : de 1,40 à 1,55 m au garrotPoids : de 350 à 450 kgTête : forte, yeux enfoncés, grandes oreilles en éventail garnies de poilsRobe : velue, allant du bai au noir, aux poils très longs et frisés.
Le Grand Noir du Berry
Taille : 1,30 m minimum pour les femelles, 1,35 m minimum pour les mâlesRobe : bai ou noir, unie, sans bande ni croixVentre : gris-blancOreilles : de grande dimension
Pour plus de renseignements sur l'âne Grand Noir du Berry, consultez le site de l'association qui a oeuvré pour sa reconnaissance.
L'âne du Cotentin
Taille : 1,15 m minimum pour les femelles, 1,25 m minimum pour les mâlesRobe : gris avec croix sur le dos
L'âne de Normandie
Taille : 1,15 m minimum pour les femelles, 1,20 m minimum pour les mâlesRobe : marron plus ou moins foncé, avec croix
Pour plus de renseignements sur l'âne de Normandie, consultez la page de l'association qui a oeuvré pour sa renaissance.
L'âne de Provence
Taille : de 1,20 m à 1,30 mRobe : grise, avec croix
L'âne des Pyrénées
Taille : petites tailles de 1,20 à 1,35 m, grandes tailles à partir de 1,35 m sans limite supérieureRobe : noir, bai-brun foncé, bai. Dans toutes ces nuances, les plus foncés sont les plus recherchés.Type gascon : se trouve généralement dans les petites taillesType catalan : se trouve généralement dans les grandes tailles
Pour plus de renseignements sur l'âne des Pyrénées, consultez la page de l'association qui a oeuvré pour sa renaissance.
L'âne du Bourbonnais
Taille : 1,20 m pour les femelles, 1,25 m pour les mâlesRobe : de brun à brun foncé, avec croix
Pour plus de renseignements sur l'âne du Bourbonnais, consultez la page de l'association qui a oeuvré pour sa renaissance.
L'âne Pie d'Irlande
Originaire d'Irlande, cet âne est constellé de taches multicolores qui le rendent très original parmi un troupeau de ses congénères à la robe unie.
Voir la page de Paulo Dieumegard, qui s'occupe de la Maison de l'Âne, à Beauvoir-sur-Mer (85)
Le Mammoth Jackstock (USA)
Résultat des croisements effectués depuis trois siècles, cet âne se trouve sur le territoire des USA. De très grande taille, il est utilisé beaucoup pour la production de mulets
Allez parcourir les sites américains référencés dans la Table des Matières à la vignette "Sites amis", et vous trouverez un tas de renseignements sur ce très beau sujet.
L'âne Catalan (Espagne)
Tailles minima : 1,35 m pour les femelles, 1,45 m pour les mâlesRobe : bai-brune ou noire. Quelquefois un peu de roux aux oreilles. Tour des yeux et ventre blancs
L'asini Bianco dell'Asinara (Sardaigne)
Tailles : de 80 à 105 cmRobe : entièrement blanche avec museau rose et yeux rose-iris
L'âne Zamorano-Leonés (Espagne)
Zone géographique : Cordillère Cantabrique et nord-ouest de l'Espagne
Grande taille, tête volumineuse, pelage abondantRobe : sombre
Actuellement protégés par la Asociación de Criadores de la Raza Asnal Zamorano-Leonesa
L'âne Cordobés-Andaluz (Espagne)
Zone géographique : sud de l'Espagne
Grande taille, pelage court et fin, adapté à la chaleur, caractère tranquilleRobe : gris clair
L'âne de Miranda (Portugal)
Zone géographique : nord-est du Portugal (Bragança)
Taille moyenne à grande, forte carrure, pelage quelquefois long (comme le baudet du Poitou)
mardi 3 juillet 2007
pourquoi je me méfie des ONG "écologistes"?
notemment pour ça.
NB:Monsanto est le fabricant du round-up
et il finance ces ONG.
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Pilleurs d'or vert, Le Monde 2 n°175, 23/06/07
Sylvie Lasserre
Brevets abusifs, corruption d'ONG, bioprospection sous couvert d'ecologie scientifique...pour s'approprier les plantes aux vertus therapeutiques ou aux qualites uniques utilisees depuis toujours par des peuples du sud, les geants mondiaux de la pharmacie, de l'agrochimie et de la biotechnologie sont prets a tout. car les profits potentiels sont enormes.
Prix « Capitaine Crochet» 2002 : Larry Proctor, patron d'une societe de semences du Colorado. Ce prix est decerne tous les deux ans par la Coalition contre la biopiraterie, un groupe d'ONG qui luttent contre le pillage des ressources genetiques. Etat de Sonora, Mexique, 1994. Larry Proctor et sa femme, Enola, sont en vacances. Sur un marche local, Larry Proctor achete un sac de haricots qu'il rapporte aux Etats‑Unis. Ces haricots originaires des Andes, les mayacobas, sont tres courants dans la region. Deux annees passent. Proctor reproduit et selectionne ses graines. Il ne conserve que les plus jaunes jusqu'a obtenir une variete d'une couleur tres stable. En 1996, ii depose une demande de brevet sur « son » haricot rebaptise Enola pour l'occasion. En avril 1999, Larry Proctor obtient le brevet n°5894079. Desormais, il possede les droits sur tous les haricots de couleur jaune.
Son brevet en poche, Proctor ecrit a tous les importateurs de mayacobas des Etats‑Unis pour les informer que, dorenavant, ces haricots sont sa propriete. Ceux qui continueront a les commercialiser devront lui payer des royalties. Douze cents ( centimes d'euro) par kilogramme. Les mots sont bientot suivis d'effets. Fin 1999, le semencier entreprend une action en justice contre deux entreprises. Pretexte: ils vendent illegalement son haricot Enola. Puis, en novembre 2001, Larry Proctor attaque seize fermiers americains. Ces derniers sont sous le choc: ils cultivent ces haricots depuis des annees. Idem pour les vendeurs mexicains. Eux aussi devront verser des royalties a Proctor. Les ventes a l'exportation s'effondrent de 90%. Vingt‑deux mille fermiers du nord du Mexique sont touches.
Janvier 2000, ETC Group, une ONG qui a fait de la biodiversite son cheval de bataille, denonce le brevet et demande sa revocation. En juin 2000, celui‑ci est rejete par le Bureau des brevets americain. Mais Larry Proctor ne desarme pas. De recours en appels, la bataille juridique est toujours en cours aujourd'hui. Pat Mooney, fondateur et directeur executif d'ETC Group, denonce cette affaire comme l'un des cas de biopiraterie les plus revoltants: « Meme le Bureau des brevets a admis s'etre trompe ! Mais cela fait dix ans que Larry Proctor conteste, continue a toucher des royalties et empeche les fermiers mexicains de vendre leurs haricots aux Etats‑Unis. S'il perd, il n'aura meme pas a les dedommager! »
Secrets millenaires
Larry Proctor n'est pas le seul a arborer la palme du biopirate. De nombreuses multinationales ont recu le prix « Capitaine Crochet » : Monsanto, L'Oreal, Syngenta, Bayer... La biodiversite est devenue l'objet de la convoitise des industries pharmaceutiques, agrochimiques et biotethnologiques. Elles ont compris l'immense potentiel que representent les gisements verts et se montrent particulierement voraces : campagnes generalisees de bioprospection dans les deserts et les forets, recensements systematiques de la flore et du savoir associe des anciens, depots de brevets... Peu ou pas de contrepartie pour les communautes dont est utilise le savoir ancestral. Ironie du sort, 90% de la biodiversite se trouve dans les pays du Sud. Seule une infime partie a ete exploree. Au Bresil, par exemple, 0,4% de la flore a ete etudiee.
Tout reste a faire.. Des milliards de dollars sont enjeu, une manne pour les geants du Nord. A eux seuls, EtatsUnis, Europe et japon cumulent 90 % des droits de propriete intellectuelle. Apres la conquete de l'or noix, voici donc venu le temps de l'or vert.
Chaque jour apparaissent de nouvelles affaires de biopiraterie. Ayahuasca des curanderos (guerisseurs) de l'Amazonie, arbre fongicide et insecticide (neem tree ou margousier) de Birmanie, iboga utilise lors des ceremonies de Bwiti (rite initiatique) au Gabon, maca sacree du Perou aux vertus « rivalisant avec la DHEA et le Viagra », hoodia des Bochimans de Namibie « qui fait maigrir », kava des Samoa qui relaxe, pervenche de Madagascar utilisee en chimiotherapie... Le secteur alimentaire n'est pas epargne : riz basmati, curcuma, quinoa, colza... Sur les cinq continents, les ONG contestataires fleurissent. Pourtant, le vol de « secrets d'Etat » ne date pas d'hier. Les premiers cas connus remontent a l'Egypte ancienne. Cafe, cacao, maïs, pomme de terre... La liste est sans fin. Les plantes et leurs secrets s'echangent et se partagent depuis des milliers d'annees, ce qui a d'ailleurs permis aux especes d'evoluer et de s'ameliorer. On ne parlait pas alors de biopiraterie. « Nous avons ete les premiers a utiliser ce terme. C'etait en 1993 », temoigne Pat Mooney. Et d'ironiser : «Aujourd'hui, Linne, le naturaliste suedois du XVIIIe siecle, serait certainement accuse de biopiraterie. Il envoyait des gens collecter des plantes partout dans le monde. »
Les voyages des explorateurs et des aventuriers partis aux XVIIIe et XIXe siecles a la decouverte des zones encore blanches sur les cartes geographiques font toujours rever. Meme les missionnaires collectaient plantes et insectes inconnus. On inventoriait, on repertoriait... C'etait une veritable frenesie de connaissance. Cela se faisait dans un esprit scientifique et curieux, souvent denue d'interet financier. Surtout, cela se pratiquait de maniere non industrialisee, sans mettre en danger la biodiversite. Pourquoi le phenomene prend‑il tant d'ampleur depuis une quinzaine d'annees ? « Il y a beaucoup plus d'interets commerciaux aujourd'hui», remarque Pat Mooney.
Rio, juin 1992. Sommet de la Terre. Pour contrer les abus qui se multiplient, les Nations unies adoptent la Convention sur la diversite biologique (CDB). Il s'agit le stopper la destruction de la biodiversite, tres menacee, et de veiller au partage equitable des ressources entre les pays fournisseurs du Sud et les pays utilisateurs du Nord. La CDB est signee en decembre 1993 par 168 pays. Un seul grand pays ne la ratifie pas, les Etats-Unis. « Le traitement des droits de propriete intellectuelle dans texte de la convention ne nous satisfait pas », declarent ses representants. Les lobbies industriels sont derriere... En effet, depuis qu'elle est entree en vigueur, la convenon se montre impuissante a stopper le pillage. « Au contraire, elle n'a fait que legaliser l'acces aux ressources genetiques », denonce Pat Mooney. Alejandro Argumedo, militant de l'association peruvienne Andes, est plus radical : « Le partage contractuel des benefices n'est pas acceptable. C'est comme si vous vous reveilliez au milieu de la nuit pour decouvrir que votre maison a ete cambriolee. Sur le pas de votre porte, les voleurs vous incitent a vous rejouir car ils vous reverseront une part des benefices qu'ils tireront de la vente de vos biens. »
Les interets financiers sont colossaux
L'industrie pharmaceutique, en mal de nouvelles molecules inoffensives et efficaces, s'interesse de plus en plus a la medecine des chamans. Mais la science des plantes, ce sont les peuples aborigenes qui la detiennent. On les appelle tradipraticiens au Gabon, maraakame au Mexique, caman chez les Toungouses de Siberie (a l'origine du terme « chaman » qui signifie bondir), sangoma en Afrique du Sud, inyanga chez les Zoulous, angakok chez les Inuits... Leur savoir, tres secret, se transmet de pere en fils. Les chamans guerissent, alliant leur connaissance des plantes aux ceremonies rituelles. Des pratiques immemoriales, disparues d'Occident mais qui perdurent dans le reste du monde. Or l'industrie a besoin de ce savoir ancestral. Car les plantes, il faut les connaitre, savoir ou les chercher. Il faut marcher loin, longtemps, souvent des jours entiers. Si l'on n'a pas la « science », si l'on ne connait pas le « secret », impossible de distinguer les bonnes des mauvaises plantes. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. C'est donc devenu pratique courante pour les compagnies de se faire aider des indigenes pour identifier les herbes et leurs proprietes curatives.
De plus en plus critiques pour ces pratiques, les industriels ont change de tactique. Ils recourent maintenant a des intermediaires, afin de ne pas etre accuses de biopiraterie. « Les entreprises pharmaceutiques, agrochimiques ou biotechnologiques ont arrete de pratiquer elles‑memes la bioprospection, confirme Francois Meienberg, de la Declaration de Berne, une ONG suisse. Soit elles travaillent en partenariat avec des universites, soit elles sous‑traitent cette tache a des petites compagnies specialisees. » On se mefie moins d'une universite que d'un industriel.
Les mauvais eleves ne manquent pas. L'universite de Lausanne, par exemple, a illegalement pratique la recherche biologique au Zimbabwe pour le compte de Phytera, une entreprise de biotechnologie americaine. Elle a ensuite brevete une substance antifongique provenant de la racine d'un arbre, le Swartzia madagascariensis. Selon Francois Meienberg, ni l'Etat du Zimbabwe ni les guerisseurs traditionnels n'en ont ete informes. Violemment prise a partie par les militants de la Declaration de Berne, l'universite de Lausanne a fait son mea culpa, assurant qu'elle ignorait enfreindre la CDB. Autre contrat de bioprospection qui a fait couler beaucoup d'encre: celui passe entre Janssen Pharmaceutica, un laboratoire pharmaceutique belge, et la West Visayas State University aux Philippines. Acteur‑cle du dossier, un « chercheur invite » de l'universite de Gand qui intervenait au nom de Janssen. Il s'agissait de collecter des fleurs, des racines et des feuilles a des fins medicales. Et l'on pourrait en citer d'autres : la liste est longue.
En supposant que, dans ces echanges Nord‑Sud, les parties s'accordent sur un contrat, un probleme de taille se pose: comment redistribuer les compensations ? Un veritable casse‑tete, comme le montre l'histoire du hoodia, le cactus qui coupe la faim. Depuis quelques annees, le monde occidental voit emerger une « epidemie » d'obesite. Bataille rangee entre groupes pharmaceutiques et agroalimentaires pour y faire face. Coupe‑faim, produits « qui font maigrir »... Le marche mondial des medicaments anti‑obesite representait 800 millions de dollars en 2005. Il pourrait depasser les 2 milliards en 2010. Les brevets tombent : « korean pine nuts », « chicory roots »... Mais la vedette revient au hoodia d'Afrique du Sud. Nom de code : P57. Marche potentiel : 1 a 8 milliards de dollars. On dit qu'il suffit d'en manger l'equivalent de la taille d'une demi‑banane pour se couper la faim pendant 24 heures. Il permettrait de diminuer de mille calories la ration alimentaire quotidienne. A l'origine de ce savoir, les Sans ‑ou Bochimans‑, le plus ancien peuple d'Afrique australe. Etablis depuis pres de trente mille ans dans le desert du Kalahari qui s'etend entre la Namibie, le Botswana et l'Afrique du Sud, ils vivent en nomades ou dans des fermes isolees. Cela fait des siecles qu'ils se transmettent le secret du cactus qu'ils trouvent dans le bush. Ils ont coutume d'en manger avant de partir pour leurs longues chasses dans le desert.
Dans les annees 1960, le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle d'Afrique du Sud (CSIR) commence des etudes sur le hoodia. Le composant actif est isole dans les annees 1990. En 1997, le CSIR depose un brevet. Commencent alors les negociations avec plusieurs firmes appatees par la perspective du gain. Le CSIR accorde la licence exclusive a Phytopharm, une societe britannique. En 2001, Phytopharm cede ses droits a Pfizer, le geant pharmaceutique, qui souhaite developper une version synthetique de la molecule dans l'espoir de lancer un blockbuster. Mais en 2002, apres avoir depense 25 millions de dollars, Pfizer abandonne. L'extrait est trop complexe pour etre synthetise.
Phytopharm se tourne alors vers l'industrie agroalimentaire. Fin 2004, c'est au tour d'Unilever de placer ses espoirs dans la plante sacree des Sans. La firme rachete les droits d'exploitation pour 21 millions de dollars. Unilever souhaite commercialiser des produits de regime a base de hoodia. Le groupe choisit d'utiliser directement l'extrait de la plante dans ses produits minceur. Les besoins devraient etre tels que la firme passe des accords avec des cultivateurs de hoodia sud‑africains. Production attendue? Trevor Gorin, porte‑parole d'Unilever, reste evasif : «Je prefere ne pas repondre. C'est un domaine tres sensible. Nous avons tres peu d'experience sur cette plante... Comment la cultiver, comment la recolter... C'est un challenge considerable. »
En effet, l'enjeu est de taille. Tout le monde s'y interesse. Les ventes de produits a base de hoodia seche explosent sur Internet. Capsules, gelules, comprimes... Les brevets pleuvent a l'OMPI (Organisation mondiale de la propriete intellectuelle): gels, substituts de repas, supplements alimentaires... La concurrence deplait a Unilever. « C'est vraiment regrettable, deplore Trevor Gorin. Nous avons fait de nombreux tests sur ces produits vendus en ligne. Leur efficacite n'est pas prouvee.» Comme pour enfoncer le clou, on peut lire sur le site de Phytopharm une serie de questions/reponses : « Est‑ce que toutes les especes de hoodia permettent de reduire l'appetit? Seul l'extrait de Hoo dia gordonii de Phytopharm a prouve qu'il peut reduire les apports caloriques chez les volontaires.» Le Hoodia gordonii « de Phytopharm »... A l'heure qu'il est, le brevet europeen de CSIR/Phytopharm n'est toujours pas approuve. «Il a ete rejete une fois, indique Francois Meienberg. Ils tentent par tous les moyens de le faire passer. Ils le changent, ils l'ameliorent...
Que deviennent les Sans dans l'affaire ? « Ils ont fini par apprendre par hasard, suite a l'enquete d'une journaliste, que leur connaissance sur le hoodia avait fait l'objet d'un brevet», temoigne Roger Chennells, l'avocat qui defend leur cause. Le CSIR n'avait pas pris la peine de les informer. Accuses a leur tour de biopiraterie, les representants de Phytopharm se justifient : ils croyaient les Sans « disparus ». Grace au combat de leurs defenseurs, des accords sont enfin passes. « Un premier contrat a ete signe entre les Sans et le CSIR en mars 2003, indique Roger Chenneils. Les Sans ont percu 4,5 millions d'euros d'avance. Ensuite, ils toucheront 6% des royalties sur les ventes globales des produits d'Unilever. Cela pourrait representer plusieurs millions d'euros par an.»
Le marche mondial du hoodia prend une ampleur inattendue. Les paysans sud‑africains se mettent a cultiver le cactus a grande echelle. Ils se regroupent en association. Objectif : veiller a fournir un standard de qualite pour le marche occidental. « Un second accord a ete signe en mars 2007 entre les Sans et les cultivateurs de hoodia ‑ hors plantations d'Unilever ‑, poursuit Roger Chennells. Les Sans recevront pres de 200 € par kilogramme de hoodia seche vendu. Pour cette annee, cela pourrait atteindre 12 millions d'euros. » Les royalties seront distribuees a la cornmunaute et non aux individus. « Les Sons sont extremement pauvres, precise Roger Chennelis. Ils n'ont pas l'habitude de gerer l'argent. Ces fonds serviront a l'education, a la nourriture... Nous n'avons pas encore recu l'argent mais nous preparons deja les structures pour le gerer. Nous devrons les aider a bien utiliser ces fonds. Nous craignons notamment qu'ils achetent de l'alcool... » Les Sans pourraient donc devenir millionnaires du jour au lendemain. Leur mode de vie en sera bouleverse. Cela les sauvera‑t‑il? Les cent mille derniers Sans sont en effet en danger. D'abord relegues dans une reserve, ensuite expulses de cette meme reserve apres la decouverte de gisements de diamants sur leur territoire, ils recuperent finalement leurs terres fin 2006, apres un proces retentissant en Afrique du Sud. Sans doute aussi grace a l'attribution, un an plus tot, du prix Nobel alternatif a Roy Sesana, leur representant.
Une question se pose cependant : le hoodia d'Unilever parviendra‑t‑il un jour sur le marche ? Rien n'est moins sur. Pfizer s'est casse les dents sur le P57, Unilever peine a son tour a le «mettre en boite ». Selon Trevor Gorin, les produits de regime n'apparaitront pas sur le marche avant deux ou trois ans. Or ils etaient attendus pour 2008. On en vient a se demander si seule la consommation de hoodia frais serait efficace. Ameenah Gurib‑Fakim, professeure de chimie a l'universite de Maurice, atteste : «On constate qu'il existe une synergie entre les molecules majoritaires d'un extrait et celles qui se trouvent en petite quantite dans la plante. C'est cette synergie qui fait que l'extrait marche.» C'est aussi le cas du fameux margousier, tres prise pour ses proprietes insecticides. « Nous avons isole la molecule que l'on supposait active, poursuit Ameenah Gurib‑Fakim. Apres des tests sur vingt generations d'insectes, des resistances sont apparues, la molecule etant de moins en moins efficace. Mais quand on a remis la molecule a l'interieur de l'extrait, ses proprietes insecticides n'etaient toujours pas alterees apres quatre‑vingts generations d'insectes ! Et cela, on ne peut pas l'expliquer! »
Partages douteux des benefices
L'homme moderne, qui se croit devenu tout‑puissant devant la nature, la maitrise en realite de moins en moins. Pire, il la saccage. Roberte Hamayon, specialiste du chamanisme en Siberie, rappelle la modestie des chasseurs‑cueilleurs du paleolithique. Chaque annee se deroulait une ceremonie chamanique pour negocier avec la nature la quantite de gibier qui serait chassee en contrepartie de tributs humains. Ceux qui devaient mourir durant l'annee etaient designes. Juste equilibre de l'ecosysteme. Paroxysme de la sagesse, l'homme arrive a la fin de sa vie partait seul dans la foret « se rendre » a la nature...
Aujourd'hui, nous sommes loin des chamans qui allaient collecter quelques plantes dans la foret. Un veritable vent de folie semble s'etre abattu sur l'humanite. La realite rattrape la science‑fiction. Certaines ONG permettraient a des geants industriels de pratiquer la bioprospection dans les zones qu'elles sont censees proteger. Nom : Conservation International. Designation : ONG environnementale. Signe particulier : « Leader mondial de la conservation de la biodiversite». Siege : Washington. Zone d'action : quarante pays repartis sur quatre continents. Pres de trois cents donateurs : Bank of America, Boeing, Bristol‑Myers, British Gas, Texaco, Citigroup, Coca‑Cola, Dow, Esso, Exxon Mobile, Google, McDonald's, Microsoft, Monsanto, Nasdaq Stock Market, Shell, Walt Disney... Comite de direction : Gap, Global Hyatt, BP, Intel, United Airlines, Wal‑Mart Stores, Starbucks Coffee... Conservation international (CI) gere une quarantaine de « hotspots de biodiversite », ces zones protegees de la planete choisies pour la richesse de leur flore. Chaque jour, CI etend un peu plus son rayon d'action : Guyane, Surinam, Congo, Melanesie, Micronesie, iles Salomon...
L'ONG est de plus en plus controversee : « CI est soupconnee de collaborer avec des laboratoires pharmaceutiques et des societes de biotechnologie en leur permettant la bioprospection dans les ecoregions dont elle a la charge », denonce Aziz Choudry, chercheur a l'universite Concordia (Canada) qui a longuement enquete sur les activites de CI. Dans un rapport de 2003 intitule Conservation International, le cheval de Troie, le Centre d'analyse politique et de recherches sociales et economiques du Chiapas (Capise) ecrit: « La strategie de CI consiste a recueillir des informations et a acheter de larges etendues de terres possedant un fort potentiel de bioprospection. Cela permet a l'ONG de gerer les ressources naturelles et/ou strategiques dans de nombreux pays et de les mettre a la disposition des transnationales. » Pat Mooney, d'ETC Group, confirme: « CI est reputee pour etre tres proche des grandes compagnies pharmaceutiques. » Ce qu'affirme aussi Aziz Choudry : « Au Panama, CI a pratique la "bioprospection ecologique" avec Monsanto. Au Surinam, elle a collabore avec les ethnobotanistes de Bristol‑Myers Squibb. Ils ont reussi a gagner la confiance des indigenes et des guerisseurs et ont negocie avec eux des contrats de "partage des benefices" tres douteux... » CI, bien entendu, dement : « Nous rejetons toute accusation de participation a des programmes de biopiraterie avec des transnationales !, proteste Tom Cohen, responsable des relations avec les medias pour CI. Le programme auquel nous avons participe avait pour objectif la decouverte de nouveaux medicaments et la conservation de la biodiversite tout en assurant des mecanismes de compensation aux indigenes. Grace a ce programme, des accords formels ont ete passes avec les chamans et les communautes. » On n'en saura pas plus sur les termes de ces accords... CI n'est pas la seule ONG incriminee. WWF ou The Nature Conservancy emploieraient des methodes analogues.
On retrouve CI dans les « couloirs biologiques », ces megaprojets destines a proteger la biodiversite : Congo Basin Forest Partnership, Mesoamerican Biological Corridor... Finances, entre autres, par la Banque mondiale. Le couloir biologique mesoamericain s'etend du Mexique au Panama sur 768 000 kilometres carres, soit pres d'une fois et demie la France. Il regroupe plus de 10 % de la biodiversite mondiale. CI et Pulsar, un puissant groupe mexicain de biotechnologie, y auraient installe des «stations de recherche biologique ». «Alfonso Romo, le patron de Pulsar, etait membre du comite de direction de CI jusqu'en 2001, temoigne Orin Langelle, un militant activiste. Mais apres le tapage que nous avons fait, ils ont retire son nom du comite de direction. » Pulsar, l'un des principaux donateurs de CI, pouvait ainsi prelever a son aise des ressources dans le corridor. Ce que dement l'ONG.
Par ailleurs, CI emploie les grands moyens pour surveiller la flore de la region : detection par satellite dans le cadre d'un consortium impliquant la NASA, quadrillage tres fin de la zone, missions hebdomadaires de reconnaissance a bord d'un avion de l'Usaid (US Agency for international Development), tracage de routes. Pour quelle utilisation ? On parle aussi de petrole dans le soussol... Un autre projet, « Diversite », est mene conjointement par l'Unesco et l'ASE (Agence spatiale europeenne) sur la meme zone. Objectif identique : utiliser la teledetection pour proteger la biodiversite en Mesoamerique... Ce sont les Indiens du Chiapas qui vont etre contents de se savoir surveilles d'aussi pres !
Larry Proctor et son sac de haricots font bien pietre figure a cote de ces nouveaux maitres de la nature. Reste un espoir : les Etats membres de la Convention sur la diversite biologique se sont engages a stopper l'erosion de la biodiversite d'ici a trois ans. C'est le « Defi pour la biodiversite mondiale ». Prochain episode en 2010 au Japon, a la conference des parties. Mais, selon les ONG, le consensus sera tres difficile a obtenir. Tant qu'agiront les lobbies...
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Margousier (Azaderachta indica)
Originaire d’Inde, cet arbre possede des proprietes antifongiques et insecticides. En 1990, une multinationale et le Departement americain de l'agriculture depose un brevet ‑annule en Europe‑ sur un fongicide derive graines de l'arbre empechant ainsi les populations indiennes de s'en servir pour proteger leurs cultures.
Quinoa (Chenopodium quinoa)
Cette plante, de la famille des epinards et des betteraves, etait a la base de l'alimentation des civilisations precolombiennes. Cultivee sur l'Altiplano bolivien, le quinoa etait pour les Incas une plante sacree, jusqu'a ce que les conquistadors espagnols en interdisent la culture. Apres avoir quasiment disparu, il est aujourd'hui tres prise par les amateurs de nourriture biologique et souvent presente, sous le label commerce equitable comme une alternative au riz.
Iboga (Tabernanthe iboga)
Arbuste, dont les racines possedent des effets psychotropes. Son usage est traditionnel dans certaines tribus africaines : pendant le rituel bwiti au Gabon, par exemple, le neophyte, invite a macher des racines, doit ensuite faire le recit de ses hallucinations. L'iboga a fait l'objet de plusieurs brevets americains, dont ceux de Howard Lotsof en 1985, 1986 et 1989. Ce medecin affirmait pouvoir sevrer les toxicomanes de leur dependance grace a la plante. En France, l'iboga est classe comme stupefiant depuis 1997.
Hoodia (Hoodia gordonii)
Ce cactus coupe‑faim est originaire du desert du Kalahari, entre le Botswana, la Namibie et l'Afrique du Sud. Consomme par les Bochimans depuis longtemps, plante rare et protegee par le gouvernement sud‑africain, le hoodia est convoite par les grands groupes pharmaceutiques pour ses vertus amincissantes. Brevete par le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle d'Afrique du Sud en 1997, le composant actif du cactus a ete exploite par Pfizer, avant de passer aux mains d'Unilever. Mais le brevet europeen n'est toujours pas approuve.
NB:Monsanto est le fabricant du round-up
et il finance ces ONG.
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Pilleurs d'or vert, Le Monde 2 n°175, 23/06/07
Sylvie Lasserre
Brevets abusifs, corruption d'ONG, bioprospection sous couvert d'ecologie scientifique...pour s'approprier les plantes aux vertus therapeutiques ou aux qualites uniques utilisees depuis toujours par des peuples du sud, les geants mondiaux de la pharmacie, de l'agrochimie et de la biotechnologie sont prets a tout. car les profits potentiels sont enormes.
Prix « Capitaine Crochet» 2002 : Larry Proctor, patron d'une societe de semences du Colorado. Ce prix est decerne tous les deux ans par la Coalition contre la biopiraterie, un groupe d'ONG qui luttent contre le pillage des ressources genetiques. Etat de Sonora, Mexique, 1994. Larry Proctor et sa femme, Enola, sont en vacances. Sur un marche local, Larry Proctor achete un sac de haricots qu'il rapporte aux Etats‑Unis. Ces haricots originaires des Andes, les mayacobas, sont tres courants dans la region. Deux annees passent. Proctor reproduit et selectionne ses graines. Il ne conserve que les plus jaunes jusqu'a obtenir une variete d'une couleur tres stable. En 1996, ii depose une demande de brevet sur « son » haricot rebaptise Enola pour l'occasion. En avril 1999, Larry Proctor obtient le brevet n°5894079. Desormais, il possede les droits sur tous les haricots de couleur jaune.
Son brevet en poche, Proctor ecrit a tous les importateurs de mayacobas des Etats‑Unis pour les informer que, dorenavant, ces haricots sont sa propriete. Ceux qui continueront a les commercialiser devront lui payer des royalties. Douze cents ( centimes d'euro) par kilogramme. Les mots sont bientot suivis d'effets. Fin 1999, le semencier entreprend une action en justice contre deux entreprises. Pretexte: ils vendent illegalement son haricot Enola. Puis, en novembre 2001, Larry Proctor attaque seize fermiers americains. Ces derniers sont sous le choc: ils cultivent ces haricots depuis des annees. Idem pour les vendeurs mexicains. Eux aussi devront verser des royalties a Proctor. Les ventes a l'exportation s'effondrent de 90%. Vingt‑deux mille fermiers du nord du Mexique sont touches.
Janvier 2000, ETC Group, une ONG qui a fait de la biodiversite son cheval de bataille, denonce le brevet et demande sa revocation. En juin 2000, celui‑ci est rejete par le Bureau des brevets americain. Mais Larry Proctor ne desarme pas. De recours en appels, la bataille juridique est toujours en cours aujourd'hui. Pat Mooney, fondateur et directeur executif d'ETC Group, denonce cette affaire comme l'un des cas de biopiraterie les plus revoltants: « Meme le Bureau des brevets a admis s'etre trompe ! Mais cela fait dix ans que Larry Proctor conteste, continue a toucher des royalties et empeche les fermiers mexicains de vendre leurs haricots aux Etats‑Unis. S'il perd, il n'aura meme pas a les dedommager! »
Secrets millenaires
Larry Proctor n'est pas le seul a arborer la palme du biopirate. De nombreuses multinationales ont recu le prix « Capitaine Crochet » : Monsanto, L'Oreal, Syngenta, Bayer... La biodiversite est devenue l'objet de la convoitise des industries pharmaceutiques, agrochimiques et biotethnologiques. Elles ont compris l'immense potentiel que representent les gisements verts et se montrent particulierement voraces : campagnes generalisees de bioprospection dans les deserts et les forets, recensements systematiques de la flore et du savoir associe des anciens, depots de brevets... Peu ou pas de contrepartie pour les communautes dont est utilise le savoir ancestral. Ironie du sort, 90% de la biodiversite se trouve dans les pays du Sud. Seule une infime partie a ete exploree. Au Bresil, par exemple, 0,4% de la flore a ete etudiee.
Tout reste a faire.. Des milliards de dollars sont enjeu, une manne pour les geants du Nord. A eux seuls, EtatsUnis, Europe et japon cumulent 90 % des droits de propriete intellectuelle. Apres la conquete de l'or noix, voici donc venu le temps de l'or vert.
Chaque jour apparaissent de nouvelles affaires de biopiraterie. Ayahuasca des curanderos (guerisseurs) de l'Amazonie, arbre fongicide et insecticide (neem tree ou margousier) de Birmanie, iboga utilise lors des ceremonies de Bwiti (rite initiatique) au Gabon, maca sacree du Perou aux vertus « rivalisant avec la DHEA et le Viagra », hoodia des Bochimans de Namibie « qui fait maigrir », kava des Samoa qui relaxe, pervenche de Madagascar utilisee en chimiotherapie... Le secteur alimentaire n'est pas epargne : riz basmati, curcuma, quinoa, colza... Sur les cinq continents, les ONG contestataires fleurissent. Pourtant, le vol de « secrets d'Etat » ne date pas d'hier. Les premiers cas connus remontent a l'Egypte ancienne. Cafe, cacao, maïs, pomme de terre... La liste est sans fin. Les plantes et leurs secrets s'echangent et se partagent depuis des milliers d'annees, ce qui a d'ailleurs permis aux especes d'evoluer et de s'ameliorer. On ne parlait pas alors de biopiraterie. « Nous avons ete les premiers a utiliser ce terme. C'etait en 1993 », temoigne Pat Mooney. Et d'ironiser : «Aujourd'hui, Linne, le naturaliste suedois du XVIIIe siecle, serait certainement accuse de biopiraterie. Il envoyait des gens collecter des plantes partout dans le monde. »
Les voyages des explorateurs et des aventuriers partis aux XVIIIe et XIXe siecles a la decouverte des zones encore blanches sur les cartes geographiques font toujours rever. Meme les missionnaires collectaient plantes et insectes inconnus. On inventoriait, on repertoriait... C'etait une veritable frenesie de connaissance. Cela se faisait dans un esprit scientifique et curieux, souvent denue d'interet financier. Surtout, cela se pratiquait de maniere non industrialisee, sans mettre en danger la biodiversite. Pourquoi le phenomene prend‑il tant d'ampleur depuis une quinzaine d'annees ? « Il y a beaucoup plus d'interets commerciaux aujourd'hui», remarque Pat Mooney.
Rio, juin 1992. Sommet de la Terre. Pour contrer les abus qui se multiplient, les Nations unies adoptent la Convention sur la diversite biologique (CDB). Il s'agit le stopper la destruction de la biodiversite, tres menacee, et de veiller au partage equitable des ressources entre les pays fournisseurs du Sud et les pays utilisateurs du Nord. La CDB est signee en decembre 1993 par 168 pays. Un seul grand pays ne la ratifie pas, les Etats-Unis. « Le traitement des droits de propriete intellectuelle dans texte de la convention ne nous satisfait pas », declarent ses representants. Les lobbies industriels sont derriere... En effet, depuis qu'elle est entree en vigueur, la convenon se montre impuissante a stopper le pillage. « Au contraire, elle n'a fait que legaliser l'acces aux ressources genetiques », denonce Pat Mooney. Alejandro Argumedo, militant de l'association peruvienne Andes, est plus radical : « Le partage contractuel des benefices n'est pas acceptable. C'est comme si vous vous reveilliez au milieu de la nuit pour decouvrir que votre maison a ete cambriolee. Sur le pas de votre porte, les voleurs vous incitent a vous rejouir car ils vous reverseront une part des benefices qu'ils tireront de la vente de vos biens. »
Les interets financiers sont colossaux
L'industrie pharmaceutique, en mal de nouvelles molecules inoffensives et efficaces, s'interesse de plus en plus a la medecine des chamans. Mais la science des plantes, ce sont les peuples aborigenes qui la detiennent. On les appelle tradipraticiens au Gabon, maraakame au Mexique, caman chez les Toungouses de Siberie (a l'origine du terme « chaman » qui signifie bondir), sangoma en Afrique du Sud, inyanga chez les Zoulous, angakok chez les Inuits... Leur savoir, tres secret, se transmet de pere en fils. Les chamans guerissent, alliant leur connaissance des plantes aux ceremonies rituelles. Des pratiques immemoriales, disparues d'Occident mais qui perdurent dans le reste du monde. Or l'industrie a besoin de ce savoir ancestral. Car les plantes, il faut les connaitre, savoir ou les chercher. Il faut marcher loin, longtemps, souvent des jours entiers. Si l'on n'a pas la « science », si l'on ne connait pas le « secret », impossible de distinguer les bonnes des mauvaises plantes. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. C'est donc devenu pratique courante pour les compagnies de se faire aider des indigenes pour identifier les herbes et leurs proprietes curatives.
De plus en plus critiques pour ces pratiques, les industriels ont change de tactique. Ils recourent maintenant a des intermediaires, afin de ne pas etre accuses de biopiraterie. « Les entreprises pharmaceutiques, agrochimiques ou biotechnologiques ont arrete de pratiquer elles‑memes la bioprospection, confirme Francois Meienberg, de la Declaration de Berne, une ONG suisse. Soit elles travaillent en partenariat avec des universites, soit elles sous‑traitent cette tache a des petites compagnies specialisees. » On se mefie moins d'une universite que d'un industriel.
Les mauvais eleves ne manquent pas. L'universite de Lausanne, par exemple, a illegalement pratique la recherche biologique au Zimbabwe pour le compte de Phytera, une entreprise de biotechnologie americaine. Elle a ensuite brevete une substance antifongique provenant de la racine d'un arbre, le Swartzia madagascariensis. Selon Francois Meienberg, ni l'Etat du Zimbabwe ni les guerisseurs traditionnels n'en ont ete informes. Violemment prise a partie par les militants de la Declaration de Berne, l'universite de Lausanne a fait son mea culpa, assurant qu'elle ignorait enfreindre la CDB. Autre contrat de bioprospection qui a fait couler beaucoup d'encre: celui passe entre Janssen Pharmaceutica, un laboratoire pharmaceutique belge, et la West Visayas State University aux Philippines. Acteur‑cle du dossier, un « chercheur invite » de l'universite de Gand qui intervenait au nom de Janssen. Il s'agissait de collecter des fleurs, des racines et des feuilles a des fins medicales. Et l'on pourrait en citer d'autres : la liste est longue.
En supposant que, dans ces echanges Nord‑Sud, les parties s'accordent sur un contrat, un probleme de taille se pose: comment redistribuer les compensations ? Un veritable casse‑tete, comme le montre l'histoire du hoodia, le cactus qui coupe la faim. Depuis quelques annees, le monde occidental voit emerger une « epidemie » d'obesite. Bataille rangee entre groupes pharmaceutiques et agroalimentaires pour y faire face. Coupe‑faim, produits « qui font maigrir »... Le marche mondial des medicaments anti‑obesite representait 800 millions de dollars en 2005. Il pourrait depasser les 2 milliards en 2010. Les brevets tombent : « korean pine nuts », « chicory roots »... Mais la vedette revient au hoodia d'Afrique du Sud. Nom de code : P57. Marche potentiel : 1 a 8 milliards de dollars. On dit qu'il suffit d'en manger l'equivalent de la taille d'une demi‑banane pour se couper la faim pendant 24 heures. Il permettrait de diminuer de mille calories la ration alimentaire quotidienne. A l'origine de ce savoir, les Sans ‑ou Bochimans‑, le plus ancien peuple d'Afrique australe. Etablis depuis pres de trente mille ans dans le desert du Kalahari qui s'etend entre la Namibie, le Botswana et l'Afrique du Sud, ils vivent en nomades ou dans des fermes isolees. Cela fait des siecles qu'ils se transmettent le secret du cactus qu'ils trouvent dans le bush. Ils ont coutume d'en manger avant de partir pour leurs longues chasses dans le desert.
Dans les annees 1960, le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle d'Afrique du Sud (CSIR) commence des etudes sur le hoodia. Le composant actif est isole dans les annees 1990. En 1997, le CSIR depose un brevet. Commencent alors les negociations avec plusieurs firmes appatees par la perspective du gain. Le CSIR accorde la licence exclusive a Phytopharm, une societe britannique. En 2001, Phytopharm cede ses droits a Pfizer, le geant pharmaceutique, qui souhaite developper une version synthetique de la molecule dans l'espoir de lancer un blockbuster. Mais en 2002, apres avoir depense 25 millions de dollars, Pfizer abandonne. L'extrait est trop complexe pour etre synthetise.
Phytopharm se tourne alors vers l'industrie agroalimentaire. Fin 2004, c'est au tour d'Unilever de placer ses espoirs dans la plante sacree des Sans. La firme rachete les droits d'exploitation pour 21 millions de dollars. Unilever souhaite commercialiser des produits de regime a base de hoodia. Le groupe choisit d'utiliser directement l'extrait de la plante dans ses produits minceur. Les besoins devraient etre tels que la firme passe des accords avec des cultivateurs de hoodia sud‑africains. Production attendue? Trevor Gorin, porte‑parole d'Unilever, reste evasif : «Je prefere ne pas repondre. C'est un domaine tres sensible. Nous avons tres peu d'experience sur cette plante... Comment la cultiver, comment la recolter... C'est un challenge considerable. »
En effet, l'enjeu est de taille. Tout le monde s'y interesse. Les ventes de produits a base de hoodia seche explosent sur Internet. Capsules, gelules, comprimes... Les brevets pleuvent a l'OMPI (Organisation mondiale de la propriete intellectuelle): gels, substituts de repas, supplements alimentaires... La concurrence deplait a Unilever. « C'est vraiment regrettable, deplore Trevor Gorin. Nous avons fait de nombreux tests sur ces produits vendus en ligne. Leur efficacite n'est pas prouvee.» Comme pour enfoncer le clou, on peut lire sur le site de Phytopharm une serie de questions/reponses : « Est‑ce que toutes les especes de hoodia permettent de reduire l'appetit? Seul l'extrait de Hoo dia gordonii de Phytopharm a prouve qu'il peut reduire les apports caloriques chez les volontaires.» Le Hoodia gordonii « de Phytopharm »... A l'heure qu'il est, le brevet europeen de CSIR/Phytopharm n'est toujours pas approuve. «Il a ete rejete une fois, indique Francois Meienberg. Ils tentent par tous les moyens de le faire passer. Ils le changent, ils l'ameliorent...
Que deviennent les Sans dans l'affaire ? « Ils ont fini par apprendre par hasard, suite a l'enquete d'une journaliste, que leur connaissance sur le hoodia avait fait l'objet d'un brevet», temoigne Roger Chennells, l'avocat qui defend leur cause. Le CSIR n'avait pas pris la peine de les informer. Accuses a leur tour de biopiraterie, les representants de Phytopharm se justifient : ils croyaient les Sans « disparus ». Grace au combat de leurs defenseurs, des accords sont enfin passes. « Un premier contrat a ete signe entre les Sans et le CSIR en mars 2003, indique Roger Chenneils. Les Sans ont percu 4,5 millions d'euros d'avance. Ensuite, ils toucheront 6% des royalties sur les ventes globales des produits d'Unilever. Cela pourrait representer plusieurs millions d'euros par an.»
Le marche mondial du hoodia prend une ampleur inattendue. Les paysans sud‑africains se mettent a cultiver le cactus a grande echelle. Ils se regroupent en association. Objectif : veiller a fournir un standard de qualite pour le marche occidental. « Un second accord a ete signe en mars 2007 entre les Sans et les cultivateurs de hoodia ‑ hors plantations d'Unilever ‑, poursuit Roger Chennells. Les Sans recevront pres de 200 € par kilogramme de hoodia seche vendu. Pour cette annee, cela pourrait atteindre 12 millions d'euros. » Les royalties seront distribuees a la cornmunaute et non aux individus. « Les Sons sont extremement pauvres, precise Roger Chennelis. Ils n'ont pas l'habitude de gerer l'argent. Ces fonds serviront a l'education, a la nourriture... Nous n'avons pas encore recu l'argent mais nous preparons deja les structures pour le gerer. Nous devrons les aider a bien utiliser ces fonds. Nous craignons notamment qu'ils achetent de l'alcool... » Les Sans pourraient donc devenir millionnaires du jour au lendemain. Leur mode de vie en sera bouleverse. Cela les sauvera‑t‑il? Les cent mille derniers Sans sont en effet en danger. D'abord relegues dans une reserve, ensuite expulses de cette meme reserve apres la decouverte de gisements de diamants sur leur territoire, ils recuperent finalement leurs terres fin 2006, apres un proces retentissant en Afrique du Sud. Sans doute aussi grace a l'attribution, un an plus tot, du prix Nobel alternatif a Roy Sesana, leur representant.
Une question se pose cependant : le hoodia d'Unilever parviendra‑t‑il un jour sur le marche ? Rien n'est moins sur. Pfizer s'est casse les dents sur le P57, Unilever peine a son tour a le «mettre en boite ». Selon Trevor Gorin, les produits de regime n'apparaitront pas sur le marche avant deux ou trois ans. Or ils etaient attendus pour 2008. On en vient a se demander si seule la consommation de hoodia frais serait efficace. Ameenah Gurib‑Fakim, professeure de chimie a l'universite de Maurice, atteste : «On constate qu'il existe une synergie entre les molecules majoritaires d'un extrait et celles qui se trouvent en petite quantite dans la plante. C'est cette synergie qui fait que l'extrait marche.» C'est aussi le cas du fameux margousier, tres prise pour ses proprietes insecticides. « Nous avons isole la molecule que l'on supposait active, poursuit Ameenah Gurib‑Fakim. Apres des tests sur vingt generations d'insectes, des resistances sont apparues, la molecule etant de moins en moins efficace. Mais quand on a remis la molecule a l'interieur de l'extrait, ses proprietes insecticides n'etaient toujours pas alterees apres quatre‑vingts generations d'insectes ! Et cela, on ne peut pas l'expliquer! »
Partages douteux des benefices
L'homme moderne, qui se croit devenu tout‑puissant devant la nature, la maitrise en realite de moins en moins. Pire, il la saccage. Roberte Hamayon, specialiste du chamanisme en Siberie, rappelle la modestie des chasseurs‑cueilleurs du paleolithique. Chaque annee se deroulait une ceremonie chamanique pour negocier avec la nature la quantite de gibier qui serait chassee en contrepartie de tributs humains. Ceux qui devaient mourir durant l'annee etaient designes. Juste equilibre de l'ecosysteme. Paroxysme de la sagesse, l'homme arrive a la fin de sa vie partait seul dans la foret « se rendre » a la nature...
Aujourd'hui, nous sommes loin des chamans qui allaient collecter quelques plantes dans la foret. Un veritable vent de folie semble s'etre abattu sur l'humanite. La realite rattrape la science‑fiction. Certaines ONG permettraient a des geants industriels de pratiquer la bioprospection dans les zones qu'elles sont censees proteger. Nom : Conservation International. Designation : ONG environnementale. Signe particulier : « Leader mondial de la conservation de la biodiversite». Siege : Washington. Zone d'action : quarante pays repartis sur quatre continents. Pres de trois cents donateurs : Bank of America, Boeing, Bristol‑Myers, British Gas, Texaco, Citigroup, Coca‑Cola, Dow, Esso, Exxon Mobile, Google, McDonald's, Microsoft, Monsanto, Nasdaq Stock Market, Shell, Walt Disney... Comite de direction : Gap, Global Hyatt, BP, Intel, United Airlines, Wal‑Mart Stores, Starbucks Coffee... Conservation international (CI) gere une quarantaine de « hotspots de biodiversite », ces zones protegees de la planete choisies pour la richesse de leur flore. Chaque jour, CI etend un peu plus son rayon d'action : Guyane, Surinam, Congo, Melanesie, Micronesie, iles Salomon...
L'ONG est de plus en plus controversee : « CI est soupconnee de collaborer avec des laboratoires pharmaceutiques et des societes de biotechnologie en leur permettant la bioprospection dans les ecoregions dont elle a la charge », denonce Aziz Choudry, chercheur a l'universite Concordia (Canada) qui a longuement enquete sur les activites de CI. Dans un rapport de 2003 intitule Conservation International, le cheval de Troie, le Centre d'analyse politique et de recherches sociales et economiques du Chiapas (Capise) ecrit: « La strategie de CI consiste a recueillir des informations et a acheter de larges etendues de terres possedant un fort potentiel de bioprospection. Cela permet a l'ONG de gerer les ressources naturelles et/ou strategiques dans de nombreux pays et de les mettre a la disposition des transnationales. » Pat Mooney, d'ETC Group, confirme: « CI est reputee pour etre tres proche des grandes compagnies pharmaceutiques. » Ce qu'affirme aussi Aziz Choudry : « Au Panama, CI a pratique la "bioprospection ecologique" avec Monsanto. Au Surinam, elle a collabore avec les ethnobotanistes de Bristol‑Myers Squibb. Ils ont reussi a gagner la confiance des indigenes et des guerisseurs et ont negocie avec eux des contrats de "partage des benefices" tres douteux... » CI, bien entendu, dement : « Nous rejetons toute accusation de participation a des programmes de biopiraterie avec des transnationales !, proteste Tom Cohen, responsable des relations avec les medias pour CI. Le programme auquel nous avons participe avait pour objectif la decouverte de nouveaux medicaments et la conservation de la biodiversite tout en assurant des mecanismes de compensation aux indigenes. Grace a ce programme, des accords formels ont ete passes avec les chamans et les communautes. » On n'en saura pas plus sur les termes de ces accords... CI n'est pas la seule ONG incriminee. WWF ou The Nature Conservancy emploieraient des methodes analogues.
On retrouve CI dans les « couloirs biologiques », ces megaprojets destines a proteger la biodiversite : Congo Basin Forest Partnership, Mesoamerican Biological Corridor... Finances, entre autres, par la Banque mondiale. Le couloir biologique mesoamericain s'etend du Mexique au Panama sur 768 000 kilometres carres, soit pres d'une fois et demie la France. Il regroupe plus de 10 % de la biodiversite mondiale. CI et Pulsar, un puissant groupe mexicain de biotechnologie, y auraient installe des «stations de recherche biologique ». «Alfonso Romo, le patron de Pulsar, etait membre du comite de direction de CI jusqu'en 2001, temoigne Orin Langelle, un militant activiste. Mais apres le tapage que nous avons fait, ils ont retire son nom du comite de direction. » Pulsar, l'un des principaux donateurs de CI, pouvait ainsi prelever a son aise des ressources dans le corridor. Ce que dement l'ONG.
Par ailleurs, CI emploie les grands moyens pour surveiller la flore de la region : detection par satellite dans le cadre d'un consortium impliquant la NASA, quadrillage tres fin de la zone, missions hebdomadaires de reconnaissance a bord d'un avion de l'Usaid (US Agency for international Development), tracage de routes. Pour quelle utilisation ? On parle aussi de petrole dans le soussol... Un autre projet, « Diversite », est mene conjointement par l'Unesco et l'ASE (Agence spatiale europeenne) sur la meme zone. Objectif identique : utiliser la teledetection pour proteger la biodiversite en Mesoamerique... Ce sont les Indiens du Chiapas qui vont etre contents de se savoir surveilles d'aussi pres !
Larry Proctor et son sac de haricots font bien pietre figure a cote de ces nouveaux maitres de la nature. Reste un espoir : les Etats membres de la Convention sur la diversite biologique se sont engages a stopper l'erosion de la biodiversite d'ici a trois ans. C'est le « Defi pour la biodiversite mondiale ». Prochain episode en 2010 au Japon, a la conference des parties. Mais, selon les ONG, le consensus sera tres difficile a obtenir. Tant qu'agiront les lobbies...
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Margousier (Azaderachta indica)
Originaire d’Inde, cet arbre possede des proprietes antifongiques et insecticides. En 1990, une multinationale et le Departement americain de l'agriculture depose un brevet ‑annule en Europe‑ sur un fongicide derive graines de l'arbre empechant ainsi les populations indiennes de s'en servir pour proteger leurs cultures.
Quinoa (Chenopodium quinoa)
Cette plante, de la famille des epinards et des betteraves, etait a la base de l'alimentation des civilisations precolombiennes. Cultivee sur l'Altiplano bolivien, le quinoa etait pour les Incas une plante sacree, jusqu'a ce que les conquistadors espagnols en interdisent la culture. Apres avoir quasiment disparu, il est aujourd'hui tres prise par les amateurs de nourriture biologique et souvent presente, sous le label commerce equitable comme une alternative au riz.
Iboga (Tabernanthe iboga)
Arbuste, dont les racines possedent des effets psychotropes. Son usage est traditionnel dans certaines tribus africaines : pendant le rituel bwiti au Gabon, par exemple, le neophyte, invite a macher des racines, doit ensuite faire le recit de ses hallucinations. L'iboga a fait l'objet de plusieurs brevets americains, dont ceux de Howard Lotsof en 1985, 1986 et 1989. Ce medecin affirmait pouvoir sevrer les toxicomanes de leur dependance grace a la plante. En France, l'iboga est classe comme stupefiant depuis 1997.
Hoodia (Hoodia gordonii)
Ce cactus coupe‑faim est originaire du desert du Kalahari, entre le Botswana, la Namibie et l'Afrique du Sud. Consomme par les Bochimans depuis longtemps, plante rare et protegee par le gouvernement sud‑africain, le hoodia est convoite par les grands groupes pharmaceutiques pour ses vertus amincissantes. Brevete par le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle d'Afrique du Sud en 1997, le composant actif du cactus a ete exploite par Pfizer, avant de passer aux mains d'Unilever. Mais le brevet europeen n'est toujours pas approuve.
lundi 2 juillet 2007
La pollution en partie responsabe des allergies
Augmentation des allergies et de l'asthme : la pollution en accusation, Le Figaro, 15/06/07
Catherine Petitnicolas
Des etudes scientifiques ont demontre les mefaits des polluants sur la sante. Les specialistes plaident maintenant pour la mise en place de mesures destinees a ameliorer la qualite de l'air.
Asthme et allergie ne cessent d'augmenter dans nos pays. Entre autres du fait de l'evolution de la pollution et en particulier de la presence des particules fines liees a la circulation automobile. Ce theme sera amplement aborde la semaine prochaine du 20 au 22 juin a l'occasion du deuxieme congres national sur l'asthme et les allergies a l'Institut Pasteur qui se tiendra a Paris sous la coordination du Pr Bernard David.
En France, ces pathologies concerneraient 25 a 30 % des individus, tous ages et toutes formes confondues (urticaire, poussee d'eczema, rhino-conjonctivite, toux chronique). Quant a l'asthme, 5 % de la population adulte et 10 a 15 % de celle des enfants en souffrent, les plus jeunes y etant plus particulierement sujets depuis une trentaine d'annees.
Les etudes epidemiologiques ont bien mis en evidence les liens entre ces maladies respiratoires et l'exposition a des polluants majeurs. Comme l'ozone, issu de la photosynthese a partir de la « soupe » de polluants provenant notamment du trafic, ou les particules fines et ultrafines (PM10, PM2,5 et nanoparticules) emises par les pots d'echappement des vehicules diesel. Il existe aujourd'hui des bases scientifiques susceptibles d'expliciter ces « liaisons dangereuses » pour la sante humaine.
Les particules fines vont perturber la reponse immunitaire des sujets qui les inhalent. « Un sujet allergique a une substance developpera des reactions plus frequentes et plus intenses quand il aura ete au prealable expose a des polluants car ceux-ci jouent un role pro-inflammatoire », explique le Pr Alain Grimfeld, chef du service de pneumologie et allergologie en pediatrie a l'hopital Trousseau (Paris) qui preside ce congres. Une eventualite extremement frequente.
Les allergiques aux pollens ont ainsi une reponse exacerbee s'ils ont ete soumis a la pollution automobile. Et d'autres travaux ont demontre une augmentation de la pollinisation en cas de concentration elevee de gaz carbonique dans l'atmosphere.
Chez l'enfant et a un moindre degre chez l'adulte, l'asthme (qui resulte d'une inflammation chronique de la muqueuse des voies aeriennes aux composantes multiples et complexes) est souvent lie a des allergies respiratoires qui ne cessent d'augmenter. Mais ceci ne suffit pas a tout expliquer. « Depuis une quinzaine d'annees, des etudes ont mis en evidence des liens de causalite entre la pollution physico-chimique de l'air, y compris l'air interieur des locaux et la perennisation de la maladie », precise ce specialiste. « Et plus recemment entre la pollution d'origine automobile et l'apparition de nouveaux cas. » La pollution agit en provoquant, voire en aggravant l'inflammation a l'origine de l'asthme.
Le mecanisme du « stress oxydant »
Mais de nombreux chercheurs incriminent aussi d'autres mecanismes, en particulier celui du « stress oxydant ». Un petit rappel. Nous avons tous besoin d'oxygene pour vivre mais cet oxygene qui nous est indispensable est paradoxalement un produit toxique.
Nous nous en defendons en permanence grace a l'action d'antioxydants nombreux et varies fournis par l'alimentation : des vitamines (A, C et E) des oligoelements (cuivre, selenium, zinc), mais aussi des enzymes specifiques que nous fabriquons. Or certains individus souffrent d'une carence d'origine genetique dans la fabrication de ces enzymes protectrices.
Ceci expliquerait pourquoi dans les memes conditions d'exposition a certains polluants oxydants tels que les oxydes d'azote (lies au trafic automobile) ou l'ozone, certaines personnes sont beaucoup plus touchees. Une explication originale a la vulnerabilite vis-a-vis de l'asthme des plus jeunes (pas encore suffisamment equipes en enzymes protectrices) ou des plus ages (qui n'en ont plus).
Tout recemment dans un editorial du mensuel Medecine-Sciences (mai 2007), le professeur Denis Zmirou de l'Inserm « Evaluation et prevention des risques professionnels et environnementaux » a Nancy pointait « l'ecart considerable qui separe les recentes recommandations de l'OMS sur la qualite de l'air et les arbitrages sur le point d'etre rendus par les instances politiques europeennes sur les futures « normes » de qualite de l'air, au pretexte de ne pas nuire a la competitivite des entreprises... Mais ces retards et ces demi-mesures se paient au prix de maladies, de souffrances et de couts medico-sociaux considerables.
Doit -on s'etonner, des lors, que le secteur des transports echappe encore largement, en Europe et ailleurs, aux efforts meme modestes, exiges des installations industrielles pour la reduction des emissions de gaz a effet de serre, une autre et formidable menace planetaire? »
Catherine Petitnicolas
Des etudes scientifiques ont demontre les mefaits des polluants sur la sante. Les specialistes plaident maintenant pour la mise en place de mesures destinees a ameliorer la qualite de l'air.
Asthme et allergie ne cessent d'augmenter dans nos pays. Entre autres du fait de l'evolution de la pollution et en particulier de la presence des particules fines liees a la circulation automobile. Ce theme sera amplement aborde la semaine prochaine du 20 au 22 juin a l'occasion du deuxieme congres national sur l'asthme et les allergies a l'Institut Pasteur qui se tiendra a Paris sous la coordination du Pr Bernard David.
En France, ces pathologies concerneraient 25 a 30 % des individus, tous ages et toutes formes confondues (urticaire, poussee d'eczema, rhino-conjonctivite, toux chronique). Quant a l'asthme, 5 % de la population adulte et 10 a 15 % de celle des enfants en souffrent, les plus jeunes y etant plus particulierement sujets depuis une trentaine d'annees.
Les etudes epidemiologiques ont bien mis en evidence les liens entre ces maladies respiratoires et l'exposition a des polluants majeurs. Comme l'ozone, issu de la photosynthese a partir de la « soupe » de polluants provenant notamment du trafic, ou les particules fines et ultrafines (PM10, PM2,5 et nanoparticules) emises par les pots d'echappement des vehicules diesel. Il existe aujourd'hui des bases scientifiques susceptibles d'expliciter ces « liaisons dangereuses » pour la sante humaine.
Les particules fines vont perturber la reponse immunitaire des sujets qui les inhalent. « Un sujet allergique a une substance developpera des reactions plus frequentes et plus intenses quand il aura ete au prealable expose a des polluants car ceux-ci jouent un role pro-inflammatoire », explique le Pr Alain Grimfeld, chef du service de pneumologie et allergologie en pediatrie a l'hopital Trousseau (Paris) qui preside ce congres. Une eventualite extremement frequente.
Les allergiques aux pollens ont ainsi une reponse exacerbee s'ils ont ete soumis a la pollution automobile. Et d'autres travaux ont demontre une augmentation de la pollinisation en cas de concentration elevee de gaz carbonique dans l'atmosphere.
Chez l'enfant et a un moindre degre chez l'adulte, l'asthme (qui resulte d'une inflammation chronique de la muqueuse des voies aeriennes aux composantes multiples et complexes) est souvent lie a des allergies respiratoires qui ne cessent d'augmenter. Mais ceci ne suffit pas a tout expliquer. « Depuis une quinzaine d'annees, des etudes ont mis en evidence des liens de causalite entre la pollution physico-chimique de l'air, y compris l'air interieur des locaux et la perennisation de la maladie », precise ce specialiste. « Et plus recemment entre la pollution d'origine automobile et l'apparition de nouveaux cas. » La pollution agit en provoquant, voire en aggravant l'inflammation a l'origine de l'asthme.
Le mecanisme du « stress oxydant »
Mais de nombreux chercheurs incriminent aussi d'autres mecanismes, en particulier celui du « stress oxydant ». Un petit rappel. Nous avons tous besoin d'oxygene pour vivre mais cet oxygene qui nous est indispensable est paradoxalement un produit toxique.
Nous nous en defendons en permanence grace a l'action d'antioxydants nombreux et varies fournis par l'alimentation : des vitamines (A, C et E) des oligoelements (cuivre, selenium, zinc), mais aussi des enzymes specifiques que nous fabriquons. Or certains individus souffrent d'une carence d'origine genetique dans la fabrication de ces enzymes protectrices.
Ceci expliquerait pourquoi dans les memes conditions d'exposition a certains polluants oxydants tels que les oxydes d'azote (lies au trafic automobile) ou l'ozone, certaines personnes sont beaucoup plus touchees. Une explication originale a la vulnerabilite vis-a-vis de l'asthme des plus jeunes (pas encore suffisamment equipes en enzymes protectrices) ou des plus ages (qui n'en ont plus).
Tout recemment dans un editorial du mensuel Medecine-Sciences (mai 2007), le professeur Denis Zmirou de l'Inserm « Evaluation et prevention des risques professionnels et environnementaux » a Nancy pointait « l'ecart considerable qui separe les recentes recommandations de l'OMS sur la qualite de l'air et les arbitrages sur le point d'etre rendus par les instances politiques europeennes sur les futures « normes » de qualite de l'air, au pretexte de ne pas nuire a la competitivite des entreprises... Mais ces retards et ces demi-mesures se paient au prix de maladies, de souffrances et de couts medico-sociaux considerables.
Doit -on s'etonner, des lors, que le secteur des transports echappe encore largement, en Europe et ailleurs, aux efforts meme modestes, exiges des installations industrielles pour la reduction des emissions de gaz a effet de serre, une autre et formidable menace planetaire? »
dimanche 1 juillet 2007
En atendant,chaque jardinier peut commencer par ça:
Mes 10 engagements pour le jardin, Campagne Papillons & Jardin, Noe Conservation
10 Engagements pour un jardin plus respectueux de l’environnement… Quelques gestes simples pour retrouver des papillons a sa porte… Suivez-nous dans les pages suivantes et voyez quels nouveaux comportements vous souhaitez adopter ! Les papillons reagissent tres vite a l’amelioration de leur milieu : des cette annee, vous pourrez sans doute observer les fruits de vos nouvelles habitudes, sous la forme de papillons plus nombreux dans votre jardin !
Etre ecocitoyen c’est prendre en compte, dans ses gestes quotidiens, la preservation de l’environnement. Ne pas gaspiller l’eau, reduire sa consommation d’energie, penser a recycler ses dechets sont autant de gestes ecocitoyens qui sont devenus pour la plupart d’entre nous des pratiques courantes, des habitudes que nous avons adoptees et qui ne demandent plus d’effort particulier.
Alors que le jardin est le lieu par excellence ou nous retrouvons un lien avec la nature, des pratiques peu respectueuses de l’environnement y sont encore courantes, souvent par meconnaissance.
A titre d’exemple, en France, l’ensemble des jardiniers amateurs utilise plus de 8 000 tonnes de produits phytosanitaires. Parfois utiles, ces traitements chimiques sont souvent mal doses ou mal adaptes. Ils polluent alors durablement les cours d’eau et les nappes phreatiques : il est ainsi estime que les jardiniers amateurs sont responsables du quart de la pollution des eaux de surface et des nappes souterraines.
De meme, environ un tiers des dechets qui finissent dans la poubelle des Francais pourrait etre composte, ce qui eviterait de transporter et de traiter 100 kg par an et par habitant de dechets. Si 10 millions de Francais adoptaient le compostage dans leur jardin, 1 million de tonnes de dechets serait economise chaque annee ! Changer de comportement dans le jardin peut ainsi representer une contribution majeure au developpement durable et au bien-etre de nos societes.
Respecter l’environnement dans son jardin, c’est souvent une question de bon sens, d’habitudes a prendre, de gestes d’autrefois a retrouver. Nous proposons dans les pages ci-dessous des exemples nombreux de gestes a adopter pour un jardin plein de vie sauvage, plus respectueux de son environnement… et couvert de papillons !
Ces comportements sont regroupes selon « Mes 10 Engagements pour le Jardin ». Certains sont tres faciles a mettre en place, et vous en repererez surement plusieurs que vous pratiquez deja dans votre jardin, sans peut-etre connaitre l’importance de votre geste pour l’environnement. D’autres enfin demandent plus d’espace, de temps ou de technique… Tout n’est pas forcement realisable des la premiere annee, mais si vous pouvez realiser un engagement, puis deux, puis trois… les papillons et vous seront gagnants !
Je laisse un coin de jardin en friche
Je mets en place une prairie naturelle fleurie
J'amenage mon jardin pour les papillons
Je reduis ma consommation d’eau
Je fais un compost
Je limite l'eclairage de nuit
Je plante des especes locales
J'ameliore mon sol avec des methodes naturelles
Je protege mon jardin en respectant l'environnement
Je deviens ambassadeur de la biodiversite
<http://www.noeconservation.org/index2.php?goto=module&module=engagement&rub=2&srub=49&ssrub=&id=jardin>
10 Engagements pour un jardin plus respectueux de l’environnement… Quelques gestes simples pour retrouver des papillons a sa porte… Suivez-nous dans les pages suivantes et voyez quels nouveaux comportements vous souhaitez adopter ! Les papillons reagissent tres vite a l’amelioration de leur milieu : des cette annee, vous pourrez sans doute observer les fruits de vos nouvelles habitudes, sous la forme de papillons plus nombreux dans votre jardin !
Etre ecocitoyen c’est prendre en compte, dans ses gestes quotidiens, la preservation de l’environnement. Ne pas gaspiller l’eau, reduire sa consommation d’energie, penser a recycler ses dechets sont autant de gestes ecocitoyens qui sont devenus pour la plupart d’entre nous des pratiques courantes, des habitudes que nous avons adoptees et qui ne demandent plus d’effort particulier.
Alors que le jardin est le lieu par excellence ou nous retrouvons un lien avec la nature, des pratiques peu respectueuses de l’environnement y sont encore courantes, souvent par meconnaissance.
A titre d’exemple, en France, l’ensemble des jardiniers amateurs utilise plus de 8 000 tonnes de produits phytosanitaires. Parfois utiles, ces traitements chimiques sont souvent mal doses ou mal adaptes. Ils polluent alors durablement les cours d’eau et les nappes phreatiques : il est ainsi estime que les jardiniers amateurs sont responsables du quart de la pollution des eaux de surface et des nappes souterraines.
De meme, environ un tiers des dechets qui finissent dans la poubelle des Francais pourrait etre composte, ce qui eviterait de transporter et de traiter 100 kg par an et par habitant de dechets. Si 10 millions de Francais adoptaient le compostage dans leur jardin, 1 million de tonnes de dechets serait economise chaque annee ! Changer de comportement dans le jardin peut ainsi representer une contribution majeure au developpement durable et au bien-etre de nos societes.
Respecter l’environnement dans son jardin, c’est souvent une question de bon sens, d’habitudes a prendre, de gestes d’autrefois a retrouver. Nous proposons dans les pages ci-dessous des exemples nombreux de gestes a adopter pour un jardin plein de vie sauvage, plus respectueux de son environnement… et couvert de papillons !
Ces comportements sont regroupes selon « Mes 10 Engagements pour le Jardin ». Certains sont tres faciles a mettre en place, et vous en repererez surement plusieurs que vous pratiquez deja dans votre jardin, sans peut-etre connaitre l’importance de votre geste pour l’environnement. D’autres enfin demandent plus d’espace, de temps ou de technique… Tout n’est pas forcement realisable des la premiere annee, mais si vous pouvez realiser un engagement, puis deux, puis trois… les papillons et vous seront gagnants !
Je laisse un coin de jardin en friche
Je mets en place une prairie naturelle fleurie
J'amenage mon jardin pour les papillons
Je reduis ma consommation d’eau
Je fais un compost
Je limite l'eclairage de nuit
Je plante des especes locales
J'ameliore mon sol avec des methodes naturelles
Je protege mon jardin en respectant l'environnement
Je deviens ambassadeur de la biodiversite
<http://www.noeconservation.org/index2.php?goto=module&module=engagement&rub=2&srub=49&ssrub=&id=jardin>
l'agriculture biologique sauvera-t-elle le monde?
L’agriculture biologique face au defi de la securite alimentaire, Notre Planete Info, 28/05/07
“L’agriculture biologique n’est plus un phenomene propre aux pays developpes. En 2006, elle etait pratiquee dans 120 pays sur un total de 31 millions d’hectares et representait un marche de 40 milliards de dollars”, souligne la FAO dans un rapport Agriculture biologique et securite alimentaire presente a la Conference internationale sur l’agriculture biologique et la securite alimentaire qui s'est tenu du 3 au 5 mai 2007 au siege de la FAO.
Le rapport identifie les points forts et les faiblesses de l’agriculture biologique en ce qui a trait a sa contribution a la securite alimentaire. Il analyse les caracteristiques de la chaine d’approvisionnement biologique au regard de la Plateforme du droit a l’alimentation. Et il formule des propositions en matiere de politique et de recherche en vue d’ameliorer les performances de l’agriculture biologique au triple plan national, international et institutionnel.
“La principale caracteristique de l’agriculture biologique est qu’elle s’appuie sur des biens de production disponibles sur place et n’utilise pas de carburants fossiles; le recours a des procedes naturels ameliore aussi bien le rapport efficience-cout que la resilience des ecosystemes agricoles au stress climatique”, selon le rapport.
“En gerant la biodiversite dans le temps (rotation des cultures) et l’espace (cultures associees), les agriculteurs bio utilisent la main-d’oeuvre et les services environnementaux pour intensifier la production de maniere durable. Autre avantage: l’agriculture biologique rompt le cercle vicieux de l’endettement pour l’achat d’intrants agricoles, endettement qui entraine un taux alarmant de suicides dans le monde rural.”
Le rapport reconnait que “dans les pays en developpement, la plupart des produits alimentaires biologiques certifies sont destines a l’exportation” et ajoute que “lorsque les cultures de rente sont liees a des ameliorations agroecologiques et procurent des revenus supplementaires aux paysans pauvres, cela entraine une meilleure autosuffisance alimentaire et un regain de vitalite pour les petites exploitations agricoles”.
Connaissance et main-d’oeuvre intensive
Toujours selon le rapport, certaines conditions doivent etre reunies lorsqu’on se convertit a l’agriculture biologique. Il s’agit principalement de la connaissance agroecologique et de la disponibilite de la main-d’oeuvre. “La gestion biologique est une approche cognitive necessitant une bonne connaissance des processus agroecologiques et elle reste une contrainte la ou la main-d’oeuvre est rare, notamment au sein des populations decimees par le sida.”
Toutefois, l’exigence d’une main d’oeuvre en nombre suffisant et les gains qui en decoulent offrent, la ou cette ressource est la plus abondante, des opportunites d’emplois tout en sauvegardant les moyens d’existence des ruraux, selon l'experte de la FAO Nadia Scialabba.
Le rapport cite des modeles recents sur l’approvisionnement mondial qui montrent que l’agriculture biologique peut produire assez par tete d’habitant pour nourrir la population actuelle de la planete.
“Ces modeles suggerent que l’agriculture biologique a le potentiel de satisfaire la demande alimentaire mondiale, tout comme l’agriculture conventionnelle d’aujourd’hui, mais avec un impact mineur sur l’environnement”, selon la FAO.
Le rapport invite les gouvernements a “allouer des ressources a l’agriculture biologique et a integrer ses objectifs et ses actions dans leurs strategies nationales de developpement agricole et de reduction de la pauvrete, en mettant l’accent sur les besoins des groupes vulnerables”.
Il insiste aussi sur l’investissement pour le developpement des ressources humaines et la formation en agriculture biologique dans le cadre des strategies de developpement durable.
Selon la Commission du Codex Alimentarius et toutes les reglementations nationales existantes, “l’agriculture biologique est un systeme de gestion globale de la production qui exclut l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthese et d’organismes genetiquement modifies, reduit au maximum la pollution de l’air, du sol et de l'eau, et optimise la sante et la productivite de communautes interdependantes de vegetaux, d’animaux et d’etres humains”.
--------
Notes
La Conference internationale sur l’agriculture biologique et la securite alimentaire a ete organisee par la FAO en association avec l’Associazione Italiana per l’Agricoltura Biologica, le Centre international de hautes etudes agronomiques mediterraneennes, la Federation internationale des mouvements d’agriculture biologique, la Fondation internationale pour l’avancement rural, le Fonds mondial pour la nature, le Reseau Tiers monde, l’Institut de recherche pour l’agriculture biologique et l’Institut mondial de surveillance.
En savoir plus :
Les documents de la Conference internationale sur l'agriculture biologique et la securite alimentaire
Auteur : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
<http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1214_agriculture_biologique_defi_securite_alimentaire.php>
“L’agriculture biologique n’est plus un phenomene propre aux pays developpes. En 2006, elle etait pratiquee dans 120 pays sur un total de 31 millions d’hectares et representait un marche de 40 milliards de dollars”, souligne la FAO dans un rapport Agriculture biologique et securite alimentaire presente a la Conference internationale sur l’agriculture biologique et la securite alimentaire qui s'est tenu du 3 au 5 mai 2007 au siege de la FAO.
Le rapport identifie les points forts et les faiblesses de l’agriculture biologique en ce qui a trait a sa contribution a la securite alimentaire. Il analyse les caracteristiques de la chaine d’approvisionnement biologique au regard de la Plateforme du droit a l’alimentation. Et il formule des propositions en matiere de politique et de recherche en vue d’ameliorer les performances de l’agriculture biologique au triple plan national, international et institutionnel.
“La principale caracteristique de l’agriculture biologique est qu’elle s’appuie sur des biens de production disponibles sur place et n’utilise pas de carburants fossiles; le recours a des procedes naturels ameliore aussi bien le rapport efficience-cout que la resilience des ecosystemes agricoles au stress climatique”, selon le rapport.
“En gerant la biodiversite dans le temps (rotation des cultures) et l’espace (cultures associees), les agriculteurs bio utilisent la main-d’oeuvre et les services environnementaux pour intensifier la production de maniere durable. Autre avantage: l’agriculture biologique rompt le cercle vicieux de l’endettement pour l’achat d’intrants agricoles, endettement qui entraine un taux alarmant de suicides dans le monde rural.”
Le rapport reconnait que “dans les pays en developpement, la plupart des produits alimentaires biologiques certifies sont destines a l’exportation” et ajoute que “lorsque les cultures de rente sont liees a des ameliorations agroecologiques et procurent des revenus supplementaires aux paysans pauvres, cela entraine une meilleure autosuffisance alimentaire et un regain de vitalite pour les petites exploitations agricoles”.
Connaissance et main-d’oeuvre intensive
Toujours selon le rapport, certaines conditions doivent etre reunies lorsqu’on se convertit a l’agriculture biologique. Il s’agit principalement de la connaissance agroecologique et de la disponibilite de la main-d’oeuvre. “La gestion biologique est une approche cognitive necessitant une bonne connaissance des processus agroecologiques et elle reste une contrainte la ou la main-d’oeuvre est rare, notamment au sein des populations decimees par le sida.”
Toutefois, l’exigence d’une main d’oeuvre en nombre suffisant et les gains qui en decoulent offrent, la ou cette ressource est la plus abondante, des opportunites d’emplois tout en sauvegardant les moyens d’existence des ruraux, selon l'experte de la FAO Nadia Scialabba.
Le rapport cite des modeles recents sur l’approvisionnement mondial qui montrent que l’agriculture biologique peut produire assez par tete d’habitant pour nourrir la population actuelle de la planete.
“Ces modeles suggerent que l’agriculture biologique a le potentiel de satisfaire la demande alimentaire mondiale, tout comme l’agriculture conventionnelle d’aujourd’hui, mais avec un impact mineur sur l’environnement”, selon la FAO.
Le rapport invite les gouvernements a “allouer des ressources a l’agriculture biologique et a integrer ses objectifs et ses actions dans leurs strategies nationales de developpement agricole et de reduction de la pauvrete, en mettant l’accent sur les besoins des groupes vulnerables”.
Il insiste aussi sur l’investissement pour le developpement des ressources humaines et la formation en agriculture biologique dans le cadre des strategies de developpement durable.
Selon la Commission du Codex Alimentarius et toutes les reglementations nationales existantes, “l’agriculture biologique est un systeme de gestion globale de la production qui exclut l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthese et d’organismes genetiquement modifies, reduit au maximum la pollution de l’air, du sol et de l'eau, et optimise la sante et la productivite de communautes interdependantes de vegetaux, d’animaux et d’etres humains”.
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Notes
La Conference internationale sur l’agriculture biologique et la securite alimentaire a ete organisee par la FAO en association avec l’Associazione Italiana per l’Agricoltura Biologica, le Centre international de hautes etudes agronomiques mediterraneennes, la Federation internationale des mouvements d’agriculture biologique, la Fondation internationale pour l’avancement rural, le Fonds mondial pour la nature, le Reseau Tiers monde, l’Institut de recherche pour l’agriculture biologique et l’Institut mondial de surveillance.
En savoir plus :
Les documents de la Conference internationale sur l'agriculture biologique et la securite alimentaire
Auteur : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
<http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1214_agriculture_biologique_defi_securite_alimentaire.php>
le rapport rendement/pesticides s'inverse
L'agriculture menacee par les pesticides, Futura-Sciences, 07/06/07
Jean Etienne
Une etude editee par l'institut Carnegie de Washington et conduite par Jennifer E. Fox (Center for Ecology and Evolutionary Biology, University of Oregon) et John A. McLachlan (Center for Bioenvironmental Research, Environmental Endocrinology Laboratory, Tulane University, New Orleans), demontre que l'utilisation de pesticides, et en particulier de certains produits phytosanitaires, ralentit la croissance des plantes en empechant la fixation de l'azote et freinant considerablement la fabrication des acides amines qui leur sont indispensables.
Une intensification sans precedent du rendement agricole au niveau planetaire sera necessaire au cours des 50 annees a venir, afin de faire face au doublement de la demande en nourriture prevue face a l'augmentation de la population. Bien que le taux de rendement global des graines ait double au cours des quatre dernieres decennies, en grande partie grace a l'utilisation d'engrais azotes synthetiques, de pesticides et d'une irrigation plus developpee, cette progression trouve actuellement ses limites et les rendements repartent a la baisse, notamment en raison des incidences sur l'environnement des pratiques agricoles modernes.
Les 20 dernieres annees ont ainsi connu des diminutions importantes du volume de certaines recoltes, semblant paradoxalement inversement proportionnelles a l'utilisation de plus en plus abondante d'engrais, et qui ne peuvent pas etre completement expliquees par les modeles ecologiques actuels.
Les plantes vivent en effet en symbiose avec des bacteries specifiques, les rhizobiums, qui fixent l'azote atmospherique de l'air et l'emploient dans le processus de fabrication des acides amines necessaires a leur developpement et a leur croissance. Or, les chercheurs ont constate au cours de multiples experiences in vitro que plus de 20 substances couramment employees en agriculture se lient aux recepteurs des rhizobiums et les empechent de communiquer avec la plante, reduisant la fixation d'azote. Suivant l'equipe scientifique, cela expliquerait pourquoi, notamment, le soja voit sa croissance ralentir, meme en presence de doses importantes de fertilisants.
Dans certains cas, c'est directement la photosynthese qui est affectee, avec les memes implications negatives. L'equipe souhaite maintenant entreprendre des recherches en plein champ, afin de determiner plus precisement quelles molecules interviennent dans le processus de ralentissement de la croissance.
Jean Etienne
Une etude editee par l'institut Carnegie de Washington et conduite par Jennifer E. Fox (Center for Ecology and Evolutionary Biology, University of Oregon) et John A. McLachlan (Center for Bioenvironmental Research, Environmental Endocrinology Laboratory, Tulane University, New Orleans), demontre que l'utilisation de pesticides, et en particulier de certains produits phytosanitaires, ralentit la croissance des plantes en empechant la fixation de l'azote et freinant considerablement la fabrication des acides amines qui leur sont indispensables.
Une intensification sans precedent du rendement agricole au niveau planetaire sera necessaire au cours des 50 annees a venir, afin de faire face au doublement de la demande en nourriture prevue face a l'augmentation de la population. Bien que le taux de rendement global des graines ait double au cours des quatre dernieres decennies, en grande partie grace a l'utilisation d'engrais azotes synthetiques, de pesticides et d'une irrigation plus developpee, cette progression trouve actuellement ses limites et les rendements repartent a la baisse, notamment en raison des incidences sur l'environnement des pratiques agricoles modernes.
Les 20 dernieres annees ont ainsi connu des diminutions importantes du volume de certaines recoltes, semblant paradoxalement inversement proportionnelles a l'utilisation de plus en plus abondante d'engrais, et qui ne peuvent pas etre completement expliquees par les modeles ecologiques actuels.
Les plantes vivent en effet en symbiose avec des bacteries specifiques, les rhizobiums, qui fixent l'azote atmospherique de l'air et l'emploient dans le processus de fabrication des acides amines necessaires a leur developpement et a leur croissance. Or, les chercheurs ont constate au cours de multiples experiences in vitro que plus de 20 substances couramment employees en agriculture se lient aux recepteurs des rhizobiums et les empechent de communiquer avec la plante, reduisant la fixation d'azote. Suivant l'equipe scientifique, cela expliquerait pourquoi, notamment, le soja voit sa croissance ralentir, meme en presence de doses importantes de fertilisants.
Dans certains cas, c'est directement la photosynthese qui est affectee, avec les memes implications negatives. L'equipe souhaite maintenant entreprendre des recherches en plein champ, afin de determiner plus precisement quelles molecules interviennent dans le processus de ralentissement de la croissance.
plaidoyer auprès des décideurs politiques
Plaidoyer pour la mauvaise herbe, Les Echos, 06/06/07
Patricia-M. Colmant
Laissez-les vivre ! acceptez que quelques plantes fassent dissidence ! C'est le plaidoyer que lancent les nouveaux jardiniers en faveur de la petite mauvaise herbe, de la plantule indesirable qui, telle une grosse tache verte, souille le gris souris du pave urbain. Ces plantes qui s'insinuent envers et contre beton et bitume, s'immiscent dans les interstices entre trottoirs et bordures ou s'infiltrent a travers les gravillons des allees de Versailles ont genere, annee apres annee, un fantastique marche : les dix-neuf societes membres de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP) jouissent en France du premier marche europeen de produits phytosanitaires avec plus de 75.000 tonnes vendues par an. L'appellation est jolie pour ces fabricants de produits dont la fonction est, justement, de detruire les herbes irremediablement qualifiees d'indesirables par les agronomes cartesiens. En 2006, le CA de cette association professionnelle s'est eleve a 1,72 milliard d'euros. Une coquette somme, mais, au paradis du Roundup, le chien sauteur commence a faire grise mine : les ventes sont en baisse de 8 % par rapport a 2005, montrant peut-etre enfin une inversion de tendance. Celle-la meme qui, telle une plante pionniere, s'insinue dans les pratiques. A Versailles, Alain Baraton, jardinier en chef, a rehabilite la binette et supprime depuis cinq ans tout recours aux pesticides, soit une economie de 50.000 euros par an. A Rennes, Denis Pepin, ingenieur agronome, grand specialiste du compost et paillage au jardin, a fait accepter a la municipalite l'existence de quelques plantes indesirables entre les paves de la vieille ville, avec pour objectif : « zero phyto ». A Chalon-en-Champagne, Sebastien Renaud-Goud, a la direction du cadre de vie, est devenu un adepte du paillis de tontes, de dechets de bois ou d'ecorces de pin au pied des arbres et des massifs ayant ainsi reduit de moitie, a 25.600 litres, la consommation d'herbicides de la ville. Un bon debut, mais encore insuffisant : des milliers de litres destructeurs de vie continuent de ruisseler vers les bassins versants des agences de l'eau. Les 10 % de pesticides destines aux espaces verts, voiries et jardins prives, a l'honneur ce week-end aux Tuileries avec l'exposition « Jardins, jardin », sont responsables de 30 % de la pollution des eaux. Alors vive la binette et le paillis !
Patricia-M. Colmant
Laissez-les vivre ! acceptez que quelques plantes fassent dissidence ! C'est le plaidoyer que lancent les nouveaux jardiniers en faveur de la petite mauvaise herbe, de la plantule indesirable qui, telle une grosse tache verte, souille le gris souris du pave urbain. Ces plantes qui s'insinuent envers et contre beton et bitume, s'immiscent dans les interstices entre trottoirs et bordures ou s'infiltrent a travers les gravillons des allees de Versailles ont genere, annee apres annee, un fantastique marche : les dix-neuf societes membres de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP) jouissent en France du premier marche europeen de produits phytosanitaires avec plus de 75.000 tonnes vendues par an. L'appellation est jolie pour ces fabricants de produits dont la fonction est, justement, de detruire les herbes irremediablement qualifiees d'indesirables par les agronomes cartesiens. En 2006, le CA de cette association professionnelle s'est eleve a 1,72 milliard d'euros. Une coquette somme, mais, au paradis du Roundup, le chien sauteur commence a faire grise mine : les ventes sont en baisse de 8 % par rapport a 2005, montrant peut-etre enfin une inversion de tendance. Celle-la meme qui, telle une plante pionniere, s'insinue dans les pratiques. A Versailles, Alain Baraton, jardinier en chef, a rehabilite la binette et supprime depuis cinq ans tout recours aux pesticides, soit une economie de 50.000 euros par an. A Rennes, Denis Pepin, ingenieur agronome, grand specialiste du compost et paillage au jardin, a fait accepter a la municipalite l'existence de quelques plantes indesirables entre les paves de la vieille ville, avec pour objectif : « zero phyto ». A Chalon-en-Champagne, Sebastien Renaud-Goud, a la direction du cadre de vie, est devenu un adepte du paillis de tontes, de dechets de bois ou d'ecorces de pin au pied des arbres et des massifs ayant ainsi reduit de moitie, a 25.600 litres, la consommation d'herbicides de la ville. Un bon debut, mais encore insuffisant : des milliers de litres destructeurs de vie continuent de ruisseler vers les bassins versants des agences de l'eau. Les 10 % de pesticides destines aux espaces verts, voiries et jardins prives, a l'honneur ce week-end aux Tuileries avec l'exposition « Jardins, jardin », sont responsables de 30 % de la pollution des eaux. Alors vive la binette et le paillis !
moi,ça m'énerve,et vous?
La France pourrait economiser 2 millions de tonnes de CO2 en individualisant le chauffage, Metro avec AFP, 12/06/07
La France pourrait economiser 2 millions de tonnes de CO2, l'un des principaux gaz a effet de serre, en individualisant les frais de chauffage dans les logements collectifs, selon une etude parrainee par l'Ademe presentee mardi.
La demarche se traduirait en outre par une economie d'energie de 20% dans les immeubles collectifs par rapport a leur consommation actuelle, a estime l'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'energie (Ademe) en presentant l'etude commanditee par le Syndicat de la Mesure, qui regroupe les entreprises assurant l'installation de ce type de service.
Pres de cinq millions de logements pourraient etre equipes de repartiteurs, qui permettent de relever la consommation de chauffage par appartement et meme par radiateur.
De meme que l'installation de compteurs d'eau individuels, "la pose de repartiteurs incite les habitants a moins gaspiller le chauffage", releve l'Agence. Plus attentifs, ils reduisent les temperatures ou ferment les radiateurs en leur absence, lorsqu'ils aerent ou pendant la nuit.
"C'est un moyen simple et efficace de faire baisser la consommation d'energie de facon significative", insiste Jean-Louis Plazy, directeur de l'Efficacite energetique a l'Ademe.
L'etude qui a porte sur 260 logements repartis sur sept sites en banlieue parisienne et en province souligne l'importance des comportements individuels: 30% des habitants declarent avoir modifie leurs habitudes depuis que les frais de chauffage sont individualises.
La France est particulierement a la traine, par rapport au nord de l'Europe: seulement 10% du parc de logements concernes est equipe de repartiteurs contre 95% en Allemagne, 80% en Autriche ou au Danemark et 70% au Benelux.
Selon l'etude, les syndics d'immeubles sont reticents, jugeant que l'individualisation des frais de chauffage - qui suppose un releve et un facture ajustee a chaque logement - constitue une charge de travail supplementaire pour eux.
Pourtant, depuis 1974 et a la suite du premier choc petrolier, une loi impose le comptage individuel du chauffage en France, mais elle n'est assortie d'aucune sanction ou incitation. Et le diagnostic de performance energetique des logements, qui fait deja partie des informations obligatoires a fournir lors de la vente d'un logement, le sera egalement pour les bailleurs a partir du 1er juillet rappelle l'Ademe.
Afin de proteger le climat du rechauffement deja en marche, la France s'est engagee a diviser par quatre ses emissions de gaz a effet de serre (GES) d'ici 2050. Sur 140 millions de tonnes par an, les emissions du secteur residentiel/tertiaire representaient en 2004 19% du total, en augmentation de 22% par rapport a 1990, tandis que celles de l'industrie (20%) avaient baisse de 22% pendant la meme periode.
------------------------------------------------------------------------------------------------
ça m'énerve parce que les syndics se sentent au-dessus des loi
ça m'énerve parce que nos députés votent des lois mais se fichent complêtement de leur application ou non:
ils ouvrent le parapluie et considèrent leur rôle terminé.
ça m'énerve parce que l'individualisation du chauffage est une simple mesure de bon sens...simplement utile.
ça m'énerve parce que je n'ai entendu aucun candidat député,même vert,mettre ce genre de problèmes concrêts sur la table.
pourtant la politique ça devrait avant tout être ça.
La France pourrait economiser 2 millions de tonnes de CO2, l'un des principaux gaz a effet de serre, en individualisant les frais de chauffage dans les logements collectifs, selon une etude parrainee par l'Ademe presentee mardi.
La demarche se traduirait en outre par une economie d'energie de 20% dans les immeubles collectifs par rapport a leur consommation actuelle, a estime l'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'energie (Ademe) en presentant l'etude commanditee par le Syndicat de la Mesure, qui regroupe les entreprises assurant l'installation de ce type de service.
Pres de cinq millions de logements pourraient etre equipes de repartiteurs, qui permettent de relever la consommation de chauffage par appartement et meme par radiateur.
De meme que l'installation de compteurs d'eau individuels, "la pose de repartiteurs incite les habitants a moins gaspiller le chauffage", releve l'Agence. Plus attentifs, ils reduisent les temperatures ou ferment les radiateurs en leur absence, lorsqu'ils aerent ou pendant la nuit.
"C'est un moyen simple et efficace de faire baisser la consommation d'energie de facon significative", insiste Jean-Louis Plazy, directeur de l'Efficacite energetique a l'Ademe.
L'etude qui a porte sur 260 logements repartis sur sept sites en banlieue parisienne et en province souligne l'importance des comportements individuels: 30% des habitants declarent avoir modifie leurs habitudes depuis que les frais de chauffage sont individualises.
La France est particulierement a la traine, par rapport au nord de l'Europe: seulement 10% du parc de logements concernes est equipe de repartiteurs contre 95% en Allemagne, 80% en Autriche ou au Danemark et 70% au Benelux.
Selon l'etude, les syndics d'immeubles sont reticents, jugeant que l'individualisation des frais de chauffage - qui suppose un releve et un facture ajustee a chaque logement - constitue une charge de travail supplementaire pour eux.
Pourtant, depuis 1974 et a la suite du premier choc petrolier, une loi impose le comptage individuel du chauffage en France, mais elle n'est assortie d'aucune sanction ou incitation. Et le diagnostic de performance energetique des logements, qui fait deja partie des informations obligatoires a fournir lors de la vente d'un logement, le sera egalement pour les bailleurs a partir du 1er juillet rappelle l'Ademe.
Afin de proteger le climat du rechauffement deja en marche, la France s'est engagee a diviser par quatre ses emissions de gaz a effet de serre (GES) d'ici 2050. Sur 140 millions de tonnes par an, les emissions du secteur residentiel/tertiaire representaient en 2004 19% du total, en augmentation de 22% par rapport a 1990, tandis que celles de l'industrie (20%) avaient baisse de 22% pendant la meme periode.
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ça m'énerve parce que les syndics se sentent au-dessus des loi
ça m'énerve parce que nos députés votent des lois mais se fichent complêtement de leur application ou non:
ils ouvrent le parapluie et considèrent leur rôle terminé.
ça m'énerve parce que l'individualisation du chauffage est une simple mesure de bon sens...simplement utile.
ça m'énerve parce que je n'ai entendu aucun candidat député,même vert,mettre ce genre de problèmes concrêts sur la table.
pourtant la politique ça devrait avant tout être ça.
j'ai reçu un mail pour me demander ou je vends mes framboises.
je les met là dedans
remarque pour Cyp:
en bas à droite de la photo,il y a la bibliothèque de livres gratuite:
chacun se sert à volonté et ammène,s'il le veut,les livres dont il ne se sert plus.
c'est juste une étagère dédiée à ça.
c'est ne façon de partager la culture,non?
A VOIR
Pour celles et ceux qui n'ont pas eu l'occasion de voir "Alerte à Babylone", le film de Jean Druon qui recense certains dangers majeurs, tel celui de la mort biologique du sol, explicite par l'agronome Jean Bourguignon. Un extrait vous est propose ici :<http://www.dailymotion.com/video/x1ds9p_alerte>
revenons à la technique
je vous parlais des vers de terre que j'essaye de favoriser avec ma technique de compostage "sur place"
c'est un peu plus compliqué que le simpe ver de terre bien connu.ils sont nombreux les vers utiles
pour faire leur connaissance vous pouvez aller là:
http://www.lams-21.com/album.html
c'est un peu plus compliqué que le simpe ver de terre bien connu.ils sont nombreux les vers utiles
pour faire leur connaissance vous pouvez aller là:
http://www.lams-21.com/album.html
pourquoi je vous raconte tout ça?
parce que je suis inquiet face à la volonté de certains de mettre en place une
AGRICULTURE BIOLOGIQUE INDUSTRIELLE.
en bretagne,la Saveol,coopérative des paysans adeptes des pires techniques industrielles pour faire pousser les légumes,commercialise des variétés de tomates type "coeur de boeuf " parce qu'elles sont repérées par les cients comme ayant du goût.
mais ils ne remettent pas du tout en question leur modèle chimique de production.
ils ne mentent pas délibérément sur le produit mais ils profitent d'une absence d'information des consommateurs qui ont associé ces variétés à des modes de production bio.
quand le consommateur sera déçu par le goût de ces totates dopées aux nitrates,qui sera désigné comme responsables de la tromperie ?
les producteurs bios.
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Fronde ecologiste contre une reglementation de l'UE sur l'appellation bio, Le Monde avec AFP, 13/06/07
La nouvelle reglementation concernant les produits bio, decidee mardi 12 juin a Luxembourg par les ministres de l'agriculture des Vingt-Sept, suscite de vives critiques. Apres Greenpeace, qui a estime mardi que cette nouvelle reglementation "met en danger le secteur de l'agriculture biologique", c'etait au tour mercredi des Verts et du Mouvement ecologiste independant (MEI) de denoncer ces nouvelles normes.
En cause, notamment, la tolerance accordee par Bruxelles a des traces d'organismes genetiquement modifies (OGM) dans les produits bio. Apres un an et demi de negociations, les Vingt-Sept ont en effet decide qu'un produit fini devra contenir au moins 95 % (en masse) d'ingredients biologiques pour beneficier de cette appellation, au lieu de 70 % precedemment. Mais ces ingredients pourront egalement contenir des traces d'OGM avec une tolerance de 0,9 % au maximum.
"L'Europe vient amoindrir le label bio"
Pour la Commission europeenne, c'est une mesure de bon sens pour proteger les producteurs de bio contre des contaminations accidentelles d'OGM. Ces derniers devront toutefois prouver que la contamination ne resulte pas d'une negligence de leur part.
Mais les ecologistes ne l'entendent pas de cette oreille. Pour Yann Werling, porte-parole des Verts, "c'est la credibilite du bio qui est menacee aupres des consommateurs". "L'Europe vient amoindrir le label bio pour permettre la tromperie des consommateurs et le developpement d'une filiere bio moins regardante, de type industriel", ajoute-t-il en estimant que l'agriculture et la nourriture biologiques sont "en danger".
"En imposant cette nouvelle reglementation, l'Union europeenne ne tient pas compte des avertissements de nombreux scientifiques quant aux effets potentiellement nocifs des OGM sur la sante", ecrit de son cote Monique Marquet, vice-presidente a l'environnement du MEI dans un communique. L'UE "prend le risque de destabiliser totalement les agriculteurs qui ont fait l'effort de se lancer dans l'agriculture biologique et, en trompant le consommateur, de diminuer encore la confiance des populations vis-a-vis des instances europeennes", ajoute-t-elle.
AGRICULTURE BIOLOGIQUE INDUSTRIELLE.
en bretagne,la Saveol,coopérative des paysans adeptes des pires techniques industrielles pour faire pousser les légumes,commercialise des variétés de tomates type "coeur de boeuf " parce qu'elles sont repérées par les cients comme ayant du goût.
mais ils ne remettent pas du tout en question leur modèle chimique de production.
ils ne mentent pas délibérément sur le produit mais ils profitent d'une absence d'information des consommateurs qui ont associé ces variétés à des modes de production bio.
quand le consommateur sera déçu par le goût de ces totates dopées aux nitrates,qui sera désigné comme responsables de la tromperie ?
les producteurs bios.
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Fronde ecologiste contre une reglementation de l'UE sur l'appellation bio, Le Monde avec AFP, 13/06/07
La nouvelle reglementation concernant les produits bio, decidee mardi 12 juin a Luxembourg par les ministres de l'agriculture des Vingt-Sept, suscite de vives critiques. Apres Greenpeace, qui a estime mardi que cette nouvelle reglementation "met en danger le secteur de l'agriculture biologique", c'etait au tour mercredi des Verts et du Mouvement ecologiste independant (MEI) de denoncer ces nouvelles normes.
En cause, notamment, la tolerance accordee par Bruxelles a des traces d'organismes genetiquement modifies (OGM) dans les produits bio. Apres un an et demi de negociations, les Vingt-Sept ont en effet decide qu'un produit fini devra contenir au moins 95 % (en masse) d'ingredients biologiques pour beneficier de cette appellation, au lieu de 70 % precedemment. Mais ces ingredients pourront egalement contenir des traces d'OGM avec une tolerance de 0,9 % au maximum.
"L'Europe vient amoindrir le label bio"
Pour la Commission europeenne, c'est une mesure de bon sens pour proteger les producteurs de bio contre des contaminations accidentelles d'OGM. Ces derniers devront toutefois prouver que la contamination ne resulte pas d'une negligence de leur part.
Mais les ecologistes ne l'entendent pas de cette oreille. Pour Yann Werling, porte-parole des Verts, "c'est la credibilite du bio qui est menacee aupres des consommateurs". "L'Europe vient amoindrir le label bio pour permettre la tromperie des consommateurs et le developpement d'une filiere bio moins regardante, de type industriel", ajoute-t-il en estimant que l'agriculture et la nourriture biologiques sont "en danger".
"En imposant cette nouvelle reglementation, l'Union europeenne ne tient pas compte des avertissements de nombreux scientifiques quant aux effets potentiellement nocifs des OGM sur la sante", ecrit de son cote Monique Marquet, vice-presidente a l'environnement du MEI dans un communique. L'UE "prend le risque de destabiliser totalement les agriculteurs qui ont fait l'effort de se lancer dans l'agriculture biologique et, en trompant le consommateur, de diminuer encore la confiance des populations vis-a-vis des instances europeennes", ajoute-t-elle.
pourtant l'extension des cultures OGM se dessine
Enquete. Cultures OGM : l'Europe a geometrie variable, Le Monde, 13/06/07
Laetitia Clavreul
Pro comme anti-OGM (organismes genetiquement modifies) sont sur le qui-vive. Deja l'Allemagne, s'appuyant sur plusieurs etudes, vient de suspendre la commercialisation des semences, dans l'attente de la mise en place par Monsanto d'un plan d'observation sur l'environnement de son mais Mon810, le seul cultive en Europe. Alain Juppe, ministre de l'ecologie, du developpement et de l'amenagement durables, avait declare, le 25 mai, qu'il n'excluait pas de "s'inspirer" de l'exemple allemand. Il a depuis, avec la ministre de l'agriculture, saisi la Commission du genie biomoleculaire (CGB). Mais celle-ci devrait rendre, jeudi 14 juin, un avis qui ne sera probablement pas defavorable a la poursuite de ces cultures.
Les producteurs de mais OGM sont, quoi qu'il en soit, sereins. Alors que les ecologistes ont reclame en vain, durant la campagne presidentielle, un moratoire sur la culture de mais OGM, la production va augmenter. Selon les dernieres estimations de l'Association generale des producteurs de mais (AGPM), leur syndicat, environ 25 000 hectares de mais Mon810 viennent d'etre semes. Une goutte d'eau, mais pres de cinq fois plus qu'en 2006. La culture des OGM s'organise, sa destination demeurant l'Espagne, pour l'alimentation animale.
Pour la premiere fois les Francais vont avoir acces, via Internet, a une carte des cultures de mais OGM. Le ministere de l'agriculture est en train de verifier les donnees adressees par les producteurs, qui, jusqu'a cette annee, n'avaient obligation d'aucune declaration. Ce n'est plus le cas, depuis la publication, le 19 mars, d'un arrete creant un registre national des cultures OGM. Pas question toutefois d'indiquer au public le nom des agriculteurs. Il sera uniquement informe de la surface des productions par canton. Les producteurs d'OGM sont mecontents, qui plaidaient pour un niveau departemental, jugeant que dans les petits cantons les faucheurs pourront reperer leurs cibles. Les anti-OGM ne sont pas plus satisfaits : sans localisation precise, disent-ils, la surveillance des contaminations sera impossible.
Si l'autorisation de nouveaux OGM est clairement encadree par la directive europeenne 2001/18, les regles de culture, censees garantir la non-contamination entre les productions OGM et les cultures traditionnelles ou bio, sont du ressort des Etats. Tout comme le degre d'information du public ou des agriculteurs voisins. "La directive a vite revele qu'il fallait des regles de coexistence, mais comme elles semblaient impossibles a trancher, la Commission a laisse les Etats se debrouiller, au motif que la situation agraire differait d'un pays a l'autre, explique Arnaud Apoteker, charge de campagne OGM a Greenpeace. C'est scandaleux."
La Commission a seulement defini un cadre, appelant a trouver un juste equilibre entre les interets des differentes filieres. Autrement dit, les regles ne doivent pas viser a empecher la culture d'OGM. Jusqu'a present, sept pays ont adopte une reglementation sur la coexistence entre les differents types de culture.
Distances reglementees
Le paradoxe est que ces derniers ne sont pas forcement ceux qui cultivent des OGM. La France et l'Espagne, principaux producteurs, n'ont pas de reglementation. Et les pays qui en ont une ne sont pas forcement les principaux producteurs de mais ni necessairement ceux qui sont concernes par les invasions de pyrales ou de sesamies, parasites auxquels le Mon810 resiste.
Parfois, les Etats ont fixe des regles sur les distances, mais pas sur l'information du voisinage, comme en Espagne, ou bien s'en tiennent, comme la France, a des incitations. En annoncant la creation du registre public, le ministere francais de l'agriculture, a precise qu'il encourageait les producteurs d'OGM a mettre 50 metres de distance entre leur champ de mais et ceux de leurs voisins, soit 25 metres de plus que ce que preconisait la profession. "Il peut etre plus facile de respecter les 200 metres en Slovaquie, avec ses grandes exploitations issues du regime sovietique, que 50 metres dans le sud-ouest de la France", estime Pascal Coquin, charge de la reglementation a l'AGPM.
Qu'en est-il ailleurs ? Les choix, pays par pays, ne sont pas anodins : 50 metres en Espagne, 70 metres de distance avec le mais traditionnel et 200 metres avec le bio en Republique tcheque, 200 metres au Danemark, 400 metres en Hongrie, etc. Au Luxembourg, ou un projet de loi sur la coexistence est en preparation depuis 2004, Greenpeace souhaite voir imposer 600 metres.
Une formation a la culture d'OGM est en outre requise au Danemark comme en Hongrie. Ce dernier pays, pour l'instant, se retranche, comme l'Autriche et la Grece, derriere une clause de sauvegarde, permettant de refuser un OGM si de nouvelles etudes indiquent un risque pour la sante ou l'environnement. Des clauses jugees infondees par l'Autorite europeenne de securite des aliments. L'Italie, quant a elle, dispose d'une loi qui protege son systeme agricole traditionnel et le principal syndicat est oppose aux OGM. Un groupe de travail compose des regions reflechit neanmoins a des regles de coexistence.
L'isolement des cultures genetiquement modifiees implique un changement radical des pratiques, allant au-dela du respect de distances, dans un secteur ou silos et machines sont souvent communs. Pour Greenpeace, "c'est ingerable". L'association s'inquiete, a terme, de l'emergence de regions specialisees, comme en Espagne, ou les agriculteurs seront mis devant le fait accompli.
Meme si la production de mais OGM reste tres faible en France rapportee aux surfaces de mais traditionnel - 0,18 % contre 13,6 % en Espagne -, les yeux sont rives sur elle. "Si le gouvernement prenait le cap de la sauvegarde de l'agriculture traditionnelle, cela pourrait avoir un effet d'entrainement majeur, notamment sur les nouveaux Etats membres", juge M. Apoteker.
Avec une production faible mais croissante, l'UE pourra-t-elle continuer a laisser coexister des regles aussi diverses ? La Commissaire europeenne a l'agriculture, Mariann Fischer-Boel a evoque en mai la creation d'un "bureau europeen de la coexistence", charge de trouver un consensus.
Laetitia Clavreul
Pro comme anti-OGM (organismes genetiquement modifies) sont sur le qui-vive. Deja l'Allemagne, s'appuyant sur plusieurs etudes, vient de suspendre la commercialisation des semences, dans l'attente de la mise en place par Monsanto d'un plan d'observation sur l'environnement de son mais Mon810, le seul cultive en Europe. Alain Juppe, ministre de l'ecologie, du developpement et de l'amenagement durables, avait declare, le 25 mai, qu'il n'excluait pas de "s'inspirer" de l'exemple allemand. Il a depuis, avec la ministre de l'agriculture, saisi la Commission du genie biomoleculaire (CGB). Mais celle-ci devrait rendre, jeudi 14 juin, un avis qui ne sera probablement pas defavorable a la poursuite de ces cultures.
Les producteurs de mais OGM sont, quoi qu'il en soit, sereins. Alors que les ecologistes ont reclame en vain, durant la campagne presidentielle, un moratoire sur la culture de mais OGM, la production va augmenter. Selon les dernieres estimations de l'Association generale des producteurs de mais (AGPM), leur syndicat, environ 25 000 hectares de mais Mon810 viennent d'etre semes. Une goutte d'eau, mais pres de cinq fois plus qu'en 2006. La culture des OGM s'organise, sa destination demeurant l'Espagne, pour l'alimentation animale.
Pour la premiere fois les Francais vont avoir acces, via Internet, a une carte des cultures de mais OGM. Le ministere de l'agriculture est en train de verifier les donnees adressees par les producteurs, qui, jusqu'a cette annee, n'avaient obligation d'aucune declaration. Ce n'est plus le cas, depuis la publication, le 19 mars, d'un arrete creant un registre national des cultures OGM. Pas question toutefois d'indiquer au public le nom des agriculteurs. Il sera uniquement informe de la surface des productions par canton. Les producteurs d'OGM sont mecontents, qui plaidaient pour un niveau departemental, jugeant que dans les petits cantons les faucheurs pourront reperer leurs cibles. Les anti-OGM ne sont pas plus satisfaits : sans localisation precise, disent-ils, la surveillance des contaminations sera impossible.
Si l'autorisation de nouveaux OGM est clairement encadree par la directive europeenne 2001/18, les regles de culture, censees garantir la non-contamination entre les productions OGM et les cultures traditionnelles ou bio, sont du ressort des Etats. Tout comme le degre d'information du public ou des agriculteurs voisins. "La directive a vite revele qu'il fallait des regles de coexistence, mais comme elles semblaient impossibles a trancher, la Commission a laisse les Etats se debrouiller, au motif que la situation agraire differait d'un pays a l'autre, explique Arnaud Apoteker, charge de campagne OGM a Greenpeace. C'est scandaleux."
La Commission a seulement defini un cadre, appelant a trouver un juste equilibre entre les interets des differentes filieres. Autrement dit, les regles ne doivent pas viser a empecher la culture d'OGM. Jusqu'a present, sept pays ont adopte une reglementation sur la coexistence entre les differents types de culture.
Distances reglementees
Le paradoxe est que ces derniers ne sont pas forcement ceux qui cultivent des OGM. La France et l'Espagne, principaux producteurs, n'ont pas de reglementation. Et les pays qui en ont une ne sont pas forcement les principaux producteurs de mais ni necessairement ceux qui sont concernes par les invasions de pyrales ou de sesamies, parasites auxquels le Mon810 resiste.
Parfois, les Etats ont fixe des regles sur les distances, mais pas sur l'information du voisinage, comme en Espagne, ou bien s'en tiennent, comme la France, a des incitations. En annoncant la creation du registre public, le ministere francais de l'agriculture, a precise qu'il encourageait les producteurs d'OGM a mettre 50 metres de distance entre leur champ de mais et ceux de leurs voisins, soit 25 metres de plus que ce que preconisait la profession. "Il peut etre plus facile de respecter les 200 metres en Slovaquie, avec ses grandes exploitations issues du regime sovietique, que 50 metres dans le sud-ouest de la France", estime Pascal Coquin, charge de la reglementation a l'AGPM.
Qu'en est-il ailleurs ? Les choix, pays par pays, ne sont pas anodins : 50 metres en Espagne, 70 metres de distance avec le mais traditionnel et 200 metres avec le bio en Republique tcheque, 200 metres au Danemark, 400 metres en Hongrie, etc. Au Luxembourg, ou un projet de loi sur la coexistence est en preparation depuis 2004, Greenpeace souhaite voir imposer 600 metres.
Une formation a la culture d'OGM est en outre requise au Danemark comme en Hongrie. Ce dernier pays, pour l'instant, se retranche, comme l'Autriche et la Grece, derriere une clause de sauvegarde, permettant de refuser un OGM si de nouvelles etudes indiquent un risque pour la sante ou l'environnement. Des clauses jugees infondees par l'Autorite europeenne de securite des aliments. L'Italie, quant a elle, dispose d'une loi qui protege son systeme agricole traditionnel et le principal syndicat est oppose aux OGM. Un groupe de travail compose des regions reflechit neanmoins a des regles de coexistence.
L'isolement des cultures genetiquement modifiees implique un changement radical des pratiques, allant au-dela du respect de distances, dans un secteur ou silos et machines sont souvent communs. Pour Greenpeace, "c'est ingerable". L'association s'inquiete, a terme, de l'emergence de regions specialisees, comme en Espagne, ou les agriculteurs seront mis devant le fait accompli.
Meme si la production de mais OGM reste tres faible en France rapportee aux surfaces de mais traditionnel - 0,18 % contre 13,6 % en Espagne -, les yeux sont rives sur elle. "Si le gouvernement prenait le cap de la sauvegarde de l'agriculture traditionnelle, cela pourrait avoir un effet d'entrainement majeur, notamment sur les nouveaux Etats membres", juge M. Apoteker.
Avec une production faible mais croissante, l'UE pourra-t-elle continuer a laisser coexister des regles aussi diverses ? La Commissaire europeenne a l'agriculture, Mariann Fischer-Boel a evoque en mai la creation d'un "bureau europeen de la coexistence", charge de trouver un consensus.
résitance au round-up:ça a démarré.
Des mauvaises herbes resistantes dans les champs d'OGM, Le Figaro, 12/06/07
Yves Miserey
Dans les champs de plantes trangeniques resistantes aux herbicides, certaines mauvaises herbes ne sont plus detruites. Les chercheurs pointent l'utilisation trop exclusive d'une seule molecule herbicide, le glyphosate.
L'an dernier, 100 millions d'hectares de plantes genetiquement modifiees ont ete cultives dans le monde. Trois quarts de ces cultures ont un trait genetique commun : elles sont resistantes a un meme desherbant total, le glyphosate. La mise au point d'OGM a la fin des annees 1980 a considerablement augmente l'utilisation de cet herbicide mis au point par Monsanto en 1970 et tombe totalement dans le domaine public en 2000. Aux Etats-Unis, les agriculteurs en pulverisaient 4,5 millions de kg, mais on estime aujourd'hui que ce chiffre a ete multiplie par dix. On trouve desormais sur le marche des semences de mais, de soja, de coton, de colza, de betterave ou de luzerne resistantes au glyphosate. Le succes commercial a ete enorme, mais des nuages s'amoncellent a l'horizon car la selection naturelle fait son chemin : plusieurs « mauvaises herbes » deviennent a leur tour resistantes au glyphosate.
Le phenomene est encore localise et limite mais il s'etend. Interroge par la revue Science qui a publie une enquete tres fouillee sur le sujet dans son numero du 25 mai 2007, le directeur du programme de recherche sur les resistances aux herbicides en Australie occidentale estime par exemple que « dans trois ou quatre ans, ce sera un probleme majeur ». Aux Etats-Unis, un peu plus du quart des agriculteurs cultivant des OGM declarent avoir deja des herbes resistantes dans leurs champs, mais, pour l'instant, seulement 8 % d'entre eux s'en plaignent. Au Bresil, en Argentine et en Chine, ou les OGM sont cultives aussi a grande echelle, les chercheurs ont constate la meme evolution.
En Europe, le probleme est different parce qu'il n'y a pas de cultures OGM resistantes au glyphosate. En revanche, des herbes resistantes sont signalees dans des cultures perennes classiques comme les vignobles et les oliveraies du bassin mediterraneen, signale Christian Gauvrit, specialiste des herbicides a l'Inra de Dijon. Dans le midi de la France, ou le phenomene vient tout juste d'etre verifie experimentalement, plusieurs souches de ray-grass (une herbe qui peut etre utilisee comme fourrage) ont deja developpe des resistances au glyphosate, tout comme la vergerette ou erigeron.
Le developpement de resistances est un phenomene naturel qui ne surprend pas les specialistes. En 1997, une etude publiee dans une revue specialisee (Weed Technology) avait pourtant bien imprudemment avance que « les mutations qui conferent la resistance au glyphosate sont tellement complexes qu'elles ne sont pas susceptibles d'etre copiees par la nature ». Sur les autres continents, des souches resistantes sont apparues chez des especes ayant un fort developpement et donc susceptibles de concurrencer les especes cultivees. C'est le cas notamment du sorgho d'Alep, de l'eleusine et de deux especes d'ambroisie et d'amarante.
Nouvelles semences
La montee des resistances n'est pas contestee par les semenciers eux-memes. C'est ainsi que Monsanto travaille a la mise au point de plantes OGM resistantes a un autre herbicide deja sur le marche : le Dicamba. Une etude publiee dans le meme numero de la revue Science annonce que les semences de ces nouveaux OGM pourraient etre commercialisees d'ici quatre ou cinq ans. Ces recherches pourraient permettre de « sauver » le glyphosate, un herbicide plus efficace, moins polluant et moins toxique que ses concurrents, dont la plupart ne sont presque plus utilises. Il y a dix ans, les agriculteurs produisant du soja utilisaient vingt herbicides differents. Or, aujourd'hui, selon une etude realisee dans le Midwest par des chercheurs de la firme Syngenta, la moitie d'entre eux n'utilisent plus que du glyphosate.
A defaut de pouvoir disposer d'un substitut au glyphosate, les agriculteurs pourraient etre tentes d'utiliser ce dernier a forte dose, ce qui ne ferait que retarder l'apparition de resistances. La meilleure solution consiste donc a pratiquer une rotation des cultures ou des herbicides qui evite d'utiliser le glyphosate tous les ans sur une meme parcelle.
Pour les OGM dotes d'un gene insecticide qui representent le quart des cultures transgeniques dans le monde, aucun phenomene de resistance n'a encore ete signale chez les insectes. Des mesures sont prises comme l'obligation de preserver a l'interieur de la parcelle OGM plusieurs bandes de mais non genetiquement modifie afin d'eviter la selection des souches d'insectes resistantes a la molecule insecticide. La surveillance reste neanmoins maximum.
Yves Miserey
Dans les champs de plantes trangeniques resistantes aux herbicides, certaines mauvaises herbes ne sont plus detruites. Les chercheurs pointent l'utilisation trop exclusive d'une seule molecule herbicide, le glyphosate.
L'an dernier, 100 millions d'hectares de plantes genetiquement modifiees ont ete cultives dans le monde. Trois quarts de ces cultures ont un trait genetique commun : elles sont resistantes a un meme desherbant total, le glyphosate. La mise au point d'OGM a la fin des annees 1980 a considerablement augmente l'utilisation de cet herbicide mis au point par Monsanto en 1970 et tombe totalement dans le domaine public en 2000. Aux Etats-Unis, les agriculteurs en pulverisaient 4,5 millions de kg, mais on estime aujourd'hui que ce chiffre a ete multiplie par dix. On trouve desormais sur le marche des semences de mais, de soja, de coton, de colza, de betterave ou de luzerne resistantes au glyphosate. Le succes commercial a ete enorme, mais des nuages s'amoncellent a l'horizon car la selection naturelle fait son chemin : plusieurs « mauvaises herbes » deviennent a leur tour resistantes au glyphosate.
Le phenomene est encore localise et limite mais il s'etend. Interroge par la revue Science qui a publie une enquete tres fouillee sur le sujet dans son numero du 25 mai 2007, le directeur du programme de recherche sur les resistances aux herbicides en Australie occidentale estime par exemple que « dans trois ou quatre ans, ce sera un probleme majeur ». Aux Etats-Unis, un peu plus du quart des agriculteurs cultivant des OGM declarent avoir deja des herbes resistantes dans leurs champs, mais, pour l'instant, seulement 8 % d'entre eux s'en plaignent. Au Bresil, en Argentine et en Chine, ou les OGM sont cultives aussi a grande echelle, les chercheurs ont constate la meme evolution.
En Europe, le probleme est different parce qu'il n'y a pas de cultures OGM resistantes au glyphosate. En revanche, des herbes resistantes sont signalees dans des cultures perennes classiques comme les vignobles et les oliveraies du bassin mediterraneen, signale Christian Gauvrit, specialiste des herbicides a l'Inra de Dijon. Dans le midi de la France, ou le phenomene vient tout juste d'etre verifie experimentalement, plusieurs souches de ray-grass (une herbe qui peut etre utilisee comme fourrage) ont deja developpe des resistances au glyphosate, tout comme la vergerette ou erigeron.
Le developpement de resistances est un phenomene naturel qui ne surprend pas les specialistes. En 1997, une etude publiee dans une revue specialisee (Weed Technology) avait pourtant bien imprudemment avance que « les mutations qui conferent la resistance au glyphosate sont tellement complexes qu'elles ne sont pas susceptibles d'etre copiees par la nature ». Sur les autres continents, des souches resistantes sont apparues chez des especes ayant un fort developpement et donc susceptibles de concurrencer les especes cultivees. C'est le cas notamment du sorgho d'Alep, de l'eleusine et de deux especes d'ambroisie et d'amarante.
Nouvelles semences
La montee des resistances n'est pas contestee par les semenciers eux-memes. C'est ainsi que Monsanto travaille a la mise au point de plantes OGM resistantes a un autre herbicide deja sur le marche : le Dicamba. Une etude publiee dans le meme numero de la revue Science annonce que les semences de ces nouveaux OGM pourraient etre commercialisees d'ici quatre ou cinq ans. Ces recherches pourraient permettre de « sauver » le glyphosate, un herbicide plus efficace, moins polluant et moins toxique que ses concurrents, dont la plupart ne sont presque plus utilises. Il y a dix ans, les agriculteurs produisant du soja utilisaient vingt herbicides differents. Or, aujourd'hui, selon une etude realisee dans le Midwest par des chercheurs de la firme Syngenta, la moitie d'entre eux n'utilisent plus que du glyphosate.
A defaut de pouvoir disposer d'un substitut au glyphosate, les agriculteurs pourraient etre tentes d'utiliser ce dernier a forte dose, ce qui ne ferait que retarder l'apparition de resistances. La meilleure solution consiste donc a pratiquer une rotation des cultures ou des herbicides qui evite d'utiliser le glyphosate tous les ans sur une meme parcelle.
Pour les OGM dotes d'un gene insecticide qui representent le quart des cultures transgeniques dans le monde, aucun phenomene de resistance n'a encore ete signale chez les insectes. Des mesures sont prises comme l'obligation de preserver a l'interieur de la parcelle OGM plusieurs bandes de mais non genetiquement modifie afin d'eviter la selection des souches d'insectes resistantes a la molecule insecticide. La surveillance reste neanmoins maximum.
Les nitrates
Nitrates dans l'eau : Bruxelles reclame une lourde amende contre la France, AFP, 27/06/07
Bruxelles (AFP) - Bruxelles a saisi mercredi la Cour de justice europeenne pour lui demander d'infliger a la France une lourde amende en raison de la pollution par les nitrates de sources d'eau potable en Bretagne.
La Commission europeenne juge insuffisants les efforts francais, en recommandant une amende de plus de 28 millions d'euros, assortie d'astreintes journalieres de 117.882 euros.
Certes, la France a concretise "un certain nombre" de mesures de son "plan d'action complementaire" annonce il y a trois mois, reconnait l'executif europeen dans un communique. "Neanmoins, seul un nombre tres faible d'exploitants ont souscrit aux mesures agro-environnementales volontaires essentielles a la mise en oeuvre du plan".
Bruxelles considere donc que "ce plan n'a pas ete a ce jour completement engage", et s'inquiete "des incertitudes" sur sa mise en oeuvre complete prevue des le 1er janvier 2008.
Le gouvernement francais a promis de son cote "d'intensifier ses efforts dans les semaines qui viennent".
Cela fait 20 ans que la France est en infraction dans cette affaire. Elle aurait du se plier depuis 1987 a une directive europeenne datant de 1975, qui limite le taux de nitrates a 50 mg/l dans les eaux de surface destinees a la production d'eau potable.
En 2001, la Cour de justice europeenne avait juge que la France ne respectait pas cette loi. Elle avait alors conclu que 37 rivieres en Bretagne avaient des concentrations excedant 50 mg/l.
La France avait alors essaye de reduire la quantite d'azote epandu sur les terres agricoles, mais ses efforts s'etaient reveles insuffisants pour 9 rivieres. En mars 2007, Paris avait donc propose un plan d'action supplementaire.
Bruxelles avait alors accorde un ultime delai de 3 mois a la France, en brandissant la menace de saisir la justice europeenne.
Le probleme recurrent de la pollution aux nitrates dans les rivieres bretonnes s'explique par la nature intensive de l'elevage et des cultures dans cette region.
La Bretagne represente 7% de la surface agricole francaise mais rassemble 50% des elevages de porcs, 50% des volailles et 30% des bovins. C'est aussi une grande region de production legumiere, consommant beaucoup d'engrais azotes.
Le president de la chambre d'Agriculture du Finistere, Jacques Jaouen, n'a pas cache mercredi son "amertume": "C'est injuste compte-tenu de tout le travail qui a deja ete effectue", a-t-il deplore.
"De 37 bassins versants bretons en contentieux, on est tombe a 9 et seuls 4 nous posent probleme. Ces dernieres annees, plus d'un milliard d'euros a ete investi en Bretagne dans l'environnement. Le fruit de ces investissements, on ne l'a pas recupere", a-t-il explique.
"Si on empeche les gens de produire, ils partiront. On va vider les territoires", a-t-il conclu.
Des agriculteurs de Bretagne ont organise dans la soiree une "operation escargot" avec 70 tracteurs sur une route nationale de Bretagne.
Mais l'association Eau et Rivieres, qui avait porte en 1992 le contentieux sur la pollution aux nitrates devant la Commission europeenne, a accueilli positivement la nouvelle.
"On est au pied du mur. Profitons de ce coup de semonce tres fort pour prendre les mesures qu'on aurait du prendre depuis 15 ans", a declare a l'AFP Jean-Francois Piquot, porte-parole pour la Bretagne.
Le principal probleme pose en Bretagne, a souligne M. Piquot, c'est la "concentration incroyable de cheptels, qui ne tient compte ni de l'agronomie, ni des consequences environnementales d'une telle concentration".
L'association prone "une reorientation generale de l'agriculture bretonne et une reduction des cheptels", par le biais d'un engagement important de l'Etat francais.
------------------------------------------------------------------------------------------------
je suis paysan,
d'origine bretonne(29)
pourtant je suis d'accord avec M.Piquot.
je pense néanmoins que la concentration n'a pas été voulue par les paysans.
Ce sont les coopératives comme Coopagri qui souhaitaient limiter leurs frais de livraisons d'aliments en regroupant les élevages.
elles se sont fait un fric fou grâce à cette méthode liée à l'intégration.
en fait,elle n'a pas choisi les meilleurs paysans mais les plus proches des garres et des voies express.
pendant des décénies elles ont imposé leur dictact au nom de la productivité.
même quand il y avait des surplus monstrueux.
maintenant les politiques décident de faire payer les conséquences de l'intensification
MAIS ils ne font pas payer aux principaux coupables:
les consommateurs et les paysans crachent a bassinet.
c'est carrément honteux.
les paysans bretons s'accrochent à un modèle révolu car néfaste pour notre société.
l'agro-industrie est une CATASTROPHE ECOLOGIQUE.
cependant changer de modèle n'est pas facile:
aujourd'hui un paysan qui pollue gagne de l'argent(en général pas beaucoup)
un paysan bio qui ne triche pas n'en gagne pas.
ce n'est pas une fatalité car système actuel dépend complêtement d'une organisation basée sur des subventions:
en gros le contribuable Français paye des impôts pour bouffer de la MERDE et se faire empoisonner son eau.
tout le monde le sait
MAIS EN FRANCE, ON NE TOUCHE PAS AUX AVANTAGES ACQUIS.
l'Europe essaye un peu de secouer le cocotier avec ses amendes mais je crains fort que les fruits pourris restent accrochés à l'arbre alors que les jeunes,victimes d'injustice,tomberont par grappes.
Bruxelles (AFP) - Bruxelles a saisi mercredi la Cour de justice europeenne pour lui demander d'infliger a la France une lourde amende en raison de la pollution par les nitrates de sources d'eau potable en Bretagne.
La Commission europeenne juge insuffisants les efforts francais, en recommandant une amende de plus de 28 millions d'euros, assortie d'astreintes journalieres de 117.882 euros.
Certes, la France a concretise "un certain nombre" de mesures de son "plan d'action complementaire" annonce il y a trois mois, reconnait l'executif europeen dans un communique. "Neanmoins, seul un nombre tres faible d'exploitants ont souscrit aux mesures agro-environnementales volontaires essentielles a la mise en oeuvre du plan".
Bruxelles considere donc que "ce plan n'a pas ete a ce jour completement engage", et s'inquiete "des incertitudes" sur sa mise en oeuvre complete prevue des le 1er janvier 2008.
Le gouvernement francais a promis de son cote "d'intensifier ses efforts dans les semaines qui viennent".
Cela fait 20 ans que la France est en infraction dans cette affaire. Elle aurait du se plier depuis 1987 a une directive europeenne datant de 1975, qui limite le taux de nitrates a 50 mg/l dans les eaux de surface destinees a la production d'eau potable.
En 2001, la Cour de justice europeenne avait juge que la France ne respectait pas cette loi. Elle avait alors conclu que 37 rivieres en Bretagne avaient des concentrations excedant 50 mg/l.
La France avait alors essaye de reduire la quantite d'azote epandu sur les terres agricoles, mais ses efforts s'etaient reveles insuffisants pour 9 rivieres. En mars 2007, Paris avait donc propose un plan d'action supplementaire.
Bruxelles avait alors accorde un ultime delai de 3 mois a la France, en brandissant la menace de saisir la justice europeenne.
Le probleme recurrent de la pollution aux nitrates dans les rivieres bretonnes s'explique par la nature intensive de l'elevage et des cultures dans cette region.
La Bretagne represente 7% de la surface agricole francaise mais rassemble 50% des elevages de porcs, 50% des volailles et 30% des bovins. C'est aussi une grande region de production legumiere, consommant beaucoup d'engrais azotes.
Le president de la chambre d'Agriculture du Finistere, Jacques Jaouen, n'a pas cache mercredi son "amertume": "C'est injuste compte-tenu de tout le travail qui a deja ete effectue", a-t-il deplore.
"De 37 bassins versants bretons en contentieux, on est tombe a 9 et seuls 4 nous posent probleme. Ces dernieres annees, plus d'un milliard d'euros a ete investi en Bretagne dans l'environnement. Le fruit de ces investissements, on ne l'a pas recupere", a-t-il explique.
"Si on empeche les gens de produire, ils partiront. On va vider les territoires", a-t-il conclu.
Des agriculteurs de Bretagne ont organise dans la soiree une "operation escargot" avec 70 tracteurs sur une route nationale de Bretagne.
Mais l'association Eau et Rivieres, qui avait porte en 1992 le contentieux sur la pollution aux nitrates devant la Commission europeenne, a accueilli positivement la nouvelle.
"On est au pied du mur. Profitons de ce coup de semonce tres fort pour prendre les mesures qu'on aurait du prendre depuis 15 ans", a declare a l'AFP Jean-Francois Piquot, porte-parole pour la Bretagne.
Le principal probleme pose en Bretagne, a souligne M. Piquot, c'est la "concentration incroyable de cheptels, qui ne tient compte ni de l'agronomie, ni des consequences environnementales d'une telle concentration".
L'association prone "une reorientation generale de l'agriculture bretonne et une reduction des cheptels", par le biais d'un engagement important de l'Etat francais.
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je suis paysan,
d'origine bretonne(29)
pourtant je suis d'accord avec M.Piquot.
je pense néanmoins que la concentration n'a pas été voulue par les paysans.
Ce sont les coopératives comme Coopagri qui souhaitaient limiter leurs frais de livraisons d'aliments en regroupant les élevages.
elles se sont fait un fric fou grâce à cette méthode liée à l'intégration.
en fait,elle n'a pas choisi les meilleurs paysans mais les plus proches des garres et des voies express.
pendant des décénies elles ont imposé leur dictact au nom de la productivité.
même quand il y avait des surplus monstrueux.
maintenant les politiques décident de faire payer les conséquences de l'intensification
MAIS ils ne font pas payer aux principaux coupables:
les consommateurs et les paysans crachent a bassinet.
c'est carrément honteux.
les paysans bretons s'accrochent à un modèle révolu car néfaste pour notre société.
l'agro-industrie est une CATASTROPHE ECOLOGIQUE.
cependant changer de modèle n'est pas facile:
aujourd'hui un paysan qui pollue gagne de l'argent(en général pas beaucoup)
un paysan bio qui ne triche pas n'en gagne pas.
ce n'est pas une fatalité car système actuel dépend complêtement d'une organisation basée sur des subventions:
en gros le contribuable Français paye des impôts pour bouffer de la MERDE et se faire empoisonner son eau.
tout le monde le sait
MAIS EN FRANCE, ON NE TOUCHE PAS AUX AVANTAGES ACQUIS.
l'Europe essaye un peu de secouer le cocotier avec ses amendes mais je crains fort que les fruits pourris restent accrochés à l'arbre alors que les jeunes,victimes d'injustice,tomberont par grappes.
Le problème de l'eau
Compte rendu. Face a la secheresse, une meilleure gestion de l'eau s'impose, Le Monde, 21/06/07
Gaelle Dupont, Seville (Espagne) envoyee speciale
L'humanite sera confrontee a l'avenir a des secheresses plus frequentes, plus longues et plus severes. Or, les populations et les autorites concernees n'y sont pas preparees, ou tres mal, a tel point qu'elles connaissent deja de grandes difficultes a faire face aux penuries actuelles. Une meilleure anticipation et une gestion plus rationnelle des ressources en eau permettraient pourtant d'en limiter les impacts.
Tels sont les principaux constats livres par les participants au premier Forum international sur la secheresse, qui s'est acheve mercredi 20 juin a Seville. Le Forum, qui rassemblait des gestionnaires de l'eau venus du monde entier, etait organise par le ministere espagnol de l'environnement, la region Andalousie, et l'exposition universelle de Saragosse, qui aura lieu, en 2008, autour du theme de l'eau.
L'Espagne, regulierement touchee par des penuries, visait plusieurs objectifs en organisant cette rencontre : demontrer l'importance politique accordee au sujet ; mettre en valeur les progres accomplis recemment et tenter de se poser en reference. "Pendant longtemps, nous pensions pouvoir prelever de l'eau sans aucune limite, et nous allions droit a la catastrophe, a explique Joan Corominas, le president de l'Agence de l'eau andalouse. Pendant la grande secheresse des annees 1990, nous avons vecu une veritable psychose : nous avons meme envisage d'evacuer les regions touchees. Nous avons ete forces de reconsiderer toutes les facettes de notre politique de l'eau."
Pour faire face, toutes les regions du monde n'en sont pas au meme point. Les pays riches disposent d'infrastructures (barrages, retenues, canaux, etc.) qui leur permettent de mieux gerer le manque de pluies. "Il y a deux mondes, resume Jaime Palop, directeur de l'eau au ministere espagnol de l'environnement. Le notre, dans lequel le manque d'eau reduit la qualite de vie et entame la competitivite economique ; et le monde en developpement, ou, quand les pluies cessent, les populations meurent de faim."
Malgre ce decalage entre pays riches et pauvres, tous devront faire face a des defis communs. "Dans la region du lac Tchad, a cause du manque d'eau, les sols et les rives du lac s'erodent, la productivite des sols decline, explique Sani Adamu, de la commission de gestion du bassin du lac Tchad. Les conflits pour l'acces a l'eau se multiplient, la pauvrete augmente."
"Une zone d'incertitude"
L'humanite entre "dans une zone d'incertitude ou les solutions du passe ne fonctionneront plus", indique Paul Reiter, directeur de l'Association internationale de l'eau. Les societes devront se tourner vers de nouvelles sources d'approvisionnement, comme le recyclage et le dessalement de l'eau de mer, mais d'abord economiser et ameliorer une gestion de l'eau trop souvent anarchique, ont martele les experts presents a Seville.
Quelques principes de base peuvent s'appliquer partout. Tout d'abord, connaitre le fonctionnement du milieu naturel. Ensuite, proteger sa survie. "Nous avons progresse, a affirme Cate Brown, du Centre de recherche sur l'eau d'Afrique du Sud. En dix ans, nous sommes passes d'un debat sur la necessite de preserver un debit minimal dans le lit des rivieres a un debat sur le volume de ce debit."
Autre imperatif : arbitrer les priorites entre usagers et, si necessaire, redefinir les droits d'acces a l'eau entre urbains, ruraux, industriels et producteurs d'electricite, ce qui suppose de revenir sur des situations acquises. En moyenne, l'agriculture consomme 70 % de l'eau douce. Les marges de manoeuvre y sont donc importantes. "Pour inciter aux economies, il faut imperativement modifier le prix de l'eau, afin de refleter sa veritable valeur, et cesser de subventionner la culture de coton ou de riz dans des regions arides", affirme Larry Farwell, specialise dans la gestion de l'eau en Californie.
"En matiere de partage de l'eau, il faut fixer des regles durables, claires et consensuelles, resume Salem Marzoug, de l'organisation de gestion du fleuve Senegal. Tout doit etre base sur l'equite, afin que chacun ne mesure pas seulement les sacrifices qu'il consent, mais les benefices qu'il en tire."
L'application de restrictions en periode de secheresse peut aussi s'averer delicate. Selon Stuart White, professeur a l'universite de Sydney, ces periodes, traumatisantes pour les populations, doivent permettre de remettre en question les situations acquises et de definir de nouvelles regles de gestion de l'eau, afin de limiter les conflits a venir.
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Le facteur demographique aggrave les penuries
La variabilite du climat et les modifications du regime des pluies liees au rechauffement climatique ne sont pas les seules explications aux penuries en eau. L'autre facteur est demographique : les populations se concentrent de plus en plus dans des zones arides. L'Andalousie en est un exemple, tout comme, aux Etats-Unis, la Californie, l'Arizona et le Nevada, qui connaissent des taux de croissance de la population fulgurants malgre un climat semi-aride et les risques de secheresse. "L'eau sera a l'avenir un facteur limitant a notre developpement", predit Jaime Palop, le directeur de l'eau du ministere espagnol de l'environnement.
Gaelle Dupont, Seville (Espagne) envoyee speciale
L'humanite sera confrontee a l'avenir a des secheresses plus frequentes, plus longues et plus severes. Or, les populations et les autorites concernees n'y sont pas preparees, ou tres mal, a tel point qu'elles connaissent deja de grandes difficultes a faire face aux penuries actuelles. Une meilleure anticipation et une gestion plus rationnelle des ressources en eau permettraient pourtant d'en limiter les impacts.
Tels sont les principaux constats livres par les participants au premier Forum international sur la secheresse, qui s'est acheve mercredi 20 juin a Seville. Le Forum, qui rassemblait des gestionnaires de l'eau venus du monde entier, etait organise par le ministere espagnol de l'environnement, la region Andalousie, et l'exposition universelle de Saragosse, qui aura lieu, en 2008, autour du theme de l'eau.
L'Espagne, regulierement touchee par des penuries, visait plusieurs objectifs en organisant cette rencontre : demontrer l'importance politique accordee au sujet ; mettre en valeur les progres accomplis recemment et tenter de se poser en reference. "Pendant longtemps, nous pensions pouvoir prelever de l'eau sans aucune limite, et nous allions droit a la catastrophe, a explique Joan Corominas, le president de l'Agence de l'eau andalouse. Pendant la grande secheresse des annees 1990, nous avons vecu une veritable psychose : nous avons meme envisage d'evacuer les regions touchees. Nous avons ete forces de reconsiderer toutes les facettes de notre politique de l'eau."
Pour faire face, toutes les regions du monde n'en sont pas au meme point. Les pays riches disposent d'infrastructures (barrages, retenues, canaux, etc.) qui leur permettent de mieux gerer le manque de pluies. "Il y a deux mondes, resume Jaime Palop, directeur de l'eau au ministere espagnol de l'environnement. Le notre, dans lequel le manque d'eau reduit la qualite de vie et entame la competitivite economique ; et le monde en developpement, ou, quand les pluies cessent, les populations meurent de faim."
Malgre ce decalage entre pays riches et pauvres, tous devront faire face a des defis communs. "Dans la region du lac Tchad, a cause du manque d'eau, les sols et les rives du lac s'erodent, la productivite des sols decline, explique Sani Adamu, de la commission de gestion du bassin du lac Tchad. Les conflits pour l'acces a l'eau se multiplient, la pauvrete augmente."
"Une zone d'incertitude"
L'humanite entre "dans une zone d'incertitude ou les solutions du passe ne fonctionneront plus", indique Paul Reiter, directeur de l'Association internationale de l'eau. Les societes devront se tourner vers de nouvelles sources d'approvisionnement, comme le recyclage et le dessalement de l'eau de mer, mais d'abord economiser et ameliorer une gestion de l'eau trop souvent anarchique, ont martele les experts presents a Seville.
Quelques principes de base peuvent s'appliquer partout. Tout d'abord, connaitre le fonctionnement du milieu naturel. Ensuite, proteger sa survie. "Nous avons progresse, a affirme Cate Brown, du Centre de recherche sur l'eau d'Afrique du Sud. En dix ans, nous sommes passes d'un debat sur la necessite de preserver un debit minimal dans le lit des rivieres a un debat sur le volume de ce debit."
Autre imperatif : arbitrer les priorites entre usagers et, si necessaire, redefinir les droits d'acces a l'eau entre urbains, ruraux, industriels et producteurs d'electricite, ce qui suppose de revenir sur des situations acquises. En moyenne, l'agriculture consomme 70 % de l'eau douce. Les marges de manoeuvre y sont donc importantes. "Pour inciter aux economies, il faut imperativement modifier le prix de l'eau, afin de refleter sa veritable valeur, et cesser de subventionner la culture de coton ou de riz dans des regions arides", affirme Larry Farwell, specialise dans la gestion de l'eau en Californie.
"En matiere de partage de l'eau, il faut fixer des regles durables, claires et consensuelles, resume Salem Marzoug, de l'organisation de gestion du fleuve Senegal. Tout doit etre base sur l'equite, afin que chacun ne mesure pas seulement les sacrifices qu'il consent, mais les benefices qu'il en tire."
L'application de restrictions en periode de secheresse peut aussi s'averer delicate. Selon Stuart White, professeur a l'universite de Sydney, ces periodes, traumatisantes pour les populations, doivent permettre de remettre en question les situations acquises et de definir de nouvelles regles de gestion de l'eau, afin de limiter les conflits a venir.
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Le facteur demographique aggrave les penuries
La variabilite du climat et les modifications du regime des pluies liees au rechauffement climatique ne sont pas les seules explications aux penuries en eau. L'autre facteur est demographique : les populations se concentrent de plus en plus dans des zones arides. L'Andalousie en est un exemple, tout comme, aux Etats-Unis, la Californie, l'Arizona et le Nevada, qui connaissent des taux de croissance de la population fulgurants malgre un climat semi-aride et les risques de secheresse. "L'eau sera a l'avenir un facteur limitant a notre developpement", predit Jaime Palop, le directeur de l'eau du ministere espagnol de l'environnement.
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- paysan bio
- paysan bio producteur de framboises biologiques. passionné par mon métier. mais gêné par le fait qu'il ne procure pas un revenu suffisant pour faire vivre correctement ma famille. c'est elle la priorité,donc je vais certainement changer de métier.
