Blog sur la production de framboises biologiques avec une méthode utilisant les "mauvaises herbes" comme engrais-paillage. la technique est une amélioraion du BRF:"Bois,Rameaux Fragmentés". elle nécéssite très peu de matériel donc très peu d'investissement; elle ne nécéssite pas non plus de travail de force style bêchage ou passage de motoculteur. en double-cliquant sur les photos,vous verrez mieux les détails. pour laisser un commentaire, choisir l'identité anonyme.

mercredi 27 mai 2009

comment ils ont TUE le bio

la phrase de Merillon est phénoménale:

« Le bio ne doit plus etre un choix ideologique, il doit s'imposer dans le circuit de distribution classique , martele Philippe Merillon, chef du service de la strategie agroalimentaire au ministere.

il me semble pourtant que c'est ce fameux choix idéologique qui donne confiance aux consommateurs...non?

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L'incroyable faillite du bio francais,

Le Point n°1914, 20/05/09
Emilie Lanez

Le premier pays agricole d'Europe a rate le virage bio.

Enquete.
Madame Bio, c'est elle. Chignon boheme, tailleur pantalon elegant, Elisabeth Mercier, ancienne economiste au ministere de l'Agriculture, preside l'Agence bio, l'ambassade du bio francais. Dans une rue silencieuse de Montreuil, en banlieue parisienne, quelques bureaux modestes, decores de posters de coccinelles et de souriantes vaches laitieres.

Avec une quinzaine de salaries et un budget annuel de 4,8 millions d'euros, sa mission consiste, depuis 2004, a mieux organiser cette filiere, a la defendre et a la faire connaitre.

Le retard bio est une expression qui, on s'en doutait, ne lui plait guere, meme si l'ancienne diplomate, qui negocia cinq ans durant nos quotas laitiers a Bruxelles et defendit notre agriculture aux Pays-Bas, ne le laisse guere paraitre : « Disons que c'est un monde riche de sensibilites contrastees. La consommation bio est une vraie tendance de fond. Depuis cinq ans, les consommateurs sont fideles, leur panier s'elargit, il faut engager une spirale vertueuse . » C'est bien la tout le probleme.

Les Francais adorent le bio-meme s'il leur coute plus cher-, ils en achetent et en redemandent.

Paradoxalement, la deuxieme puissance agricole de la planete est incapable de fournir du bio. Les distributeurs sont donc contraints d'importer massivement.

Recours qui donne a penser, car si, pour fournir aux Francais des pommes ou des carottes bio, on doit leur faire parcourir 2 000 kilometres en camion, le benefice environnemental de l'operation parait pour le moins amoindri.
« Nous vivons parfois des moments compliques pour trouver du lait bio, raconte Gilles Baucher, directeur des marques propres Monoprix , l'approvisionnement est tendu . » C'est la rancon du succes, car la marque bio Monoprix, lancee voila quinze ans, explose : les ventes ont augmente de 25 % l'an passe. L'entreprise de surgeles Picard est confrontee, elle aussi, chaque jour a cette penurie de bio. « Nous ne pouvons pas mettre un produit bio a la une de nos catalogues promotionnels. Nous serions incapables de suivre le boom de la demande », confie Delphine Courtier, directrice du marketing. Le bio chez Picard, c'est pres de 40 % de tous ses legumes vendus, 60 000 sacs de haricots verts achetes chaque mois, 20 000 sacs de choux-fleurs, « une explosion phenomenale depuis trois ans ». « Nous avons de plus en plus de difficultes a obtenir nos volumes », ajoute la directrice marketing. Pour fournir les 758 magasins, les producteurs doivent pouvoir livrer d'imposants volumes, mais aussi fournir des produits particuliers. Pas de carotte torve, de haricot riquiqui ou de petit pois bossele : les legumes Picard sont soumis a une charte esthetique contraignante. « Il nous faut du beau bio . » Des canons que dame Nature, surtout quand on la laisse faire, peine a respecter.
Le seul legume bio francais vendu chez Picard est donc le brocoli.

Tout le reste est achemine par route depuis l'Italie, mysterieusement capable, elle, de produire du beau bio.

La chaine a lance ce mois-ci ses premiers fruits issus de l'agriculture bio : « Les framboises sont cultivees et usinees sur place en Pologne, raconte Elisabeth Bouton, directrice de la qualite , le cocktail fruits rouges est achete en Bulgarie . »
Pour vendre du bio aux Francais, on importe donc. Etonnant. Car si l'agriculture biologique francaise est aujourd'hui a la traine de toute l'Europe, elle fut, voila vingt ans, la championne de cette filiere alors emergente. Le bio en France, c'est l'histoire du lievre qui demarre la course en tete, s'essouffle, ralentit, s'arrete et se fait depasser par tous ses concurrents. En pourcentage de surface consacree au bio par rapport a la surface agricole totale, le classement est sans appel : la Lettonie, l'Estonie, le Timor-Oriental et São Tome et Principe consacrent une plus grande part de leurs terres au bio que nous. Et par rapport a nos voisins europeens, nous sommes devances par l'Autriche, l'Italie, l'Espagne, le Portugal et la Suede. « Lorsque l'Europe debloqua en 1992 des fonds pour inciter les agriculteurs a se convertir au biologique, raconte Stephane Bellon, coordinateur du programme bio a l'Inra, la France s'en servit pour maintenir son elevage de haute montagne. »

Une erreur politique que ne commirent pas ses voisins : l'Italie et l'Espagne investirent massivement dans le bio, parvenant ainsi a inonder aujourd'hui l'Europe de leurs productions. « La volonte politique de soutenir le bio a jusqu'ici ete bien faible , confirme Vincent Perrot, de la Federation nationale des agriculteurs biologiques, porte-voix de 70 % des 11 640 agriculteurs bio.

La France agricole est marquee par l'agriculture intensive, dominee par le lobby des grandes exploitations. Notre culture fut trop longtemps celle du produire plus pour exporter plus. »

Les agriculteurs sont des chefs d'entreprise ! L'ideologie productiviste de la FNSEA, syndicat majoritaire dans les campagnes, n'a pas fait de place au bio. « Car le bio est une technique d'exploitation qui ne se satisfait d'aucune recette livree par des representants en produits phytosanitaires, poursuit Vincent Perrot, il faut faire attention, tout inventer, beaucoup, beaucoup travailler. » Un engagement dont temoigne Jacques Frings, 57 ans, maraicher bio a la tete de 67 hectares sur la commune de Chevry-Cossigny, en Seine-et-Marne. « J'ai repris l'exploitation de mon pere, c'est lui qui a choisi la conversion, car il n'en pouvait plus d'arroser ses legumes avec des bidons qui portaient une etiquette a tete de mort. » Ensemble, ils ont « beaucoup galere sur le plan technique ».
« Vingt ans de galere »
Quand Frings reprend l'exploitation de son pere en 1977, il possede 18 hectares de vergers et une equipe d'ouvriers agricoles portugais. « L'avenir du bio a ete escamote par la revolution agricole. Les ouvriers agricoles sont partis parce que les logements etaient trop chers et que l'on gagne plus facilement sa vie en ville. Les avantages historiques de la production locale ont egalement disparu. Un camion de salades arrive a Rungis depuis Perpignan tout aussi vite que depuis la plaine de la Brie. » Sans personnel, sans circuit de distribution competitif, Jacques Frings a du tout reinventer. « Avec ma femme et nos deux enfants, on a connu vingt annees de galere. Financierement, on est descendus bien bas. Maintenant, cela va carrement bien. Le biologique, cela ne s'apprend pas a l'ecole, il faut faire du preventif, connaitre parfaitement son sol, afin que les plantes ne tombent pas malades », et ainsi eviter de les soigner a grand renfort de pesticides. Desormais, Jacques Frings maitrise, comme peu d'autres, la production de fruits et legumes bio. L'an passe, il a en tout et pour tout depense 10 euros en insecticide biologique, pour guerir « des choux envahis de chenilles », et, luxe inoui, il s'accorde une semaine de vacances trois fois par an. Pour ecouler ses produits, le maraicher s'appuie sur un cycle de distribution court, grace a son propre magasin Biocoop, vaste hangar chauffe au poele a bois, ou 400 clients viennent chaque semaine faire leurs courses. Saumon, poulet, ananas, creme hydratante, huile de sesame, miel, muesli, chocolat et carottes, rien ne manque et tout est gere par sa femme, ancienne infirmiere, et leur fille ainee. Les fruits et legumes proviennent des champs qui entourent a perte de vue le hangar, le reste est achete a la cooperative bio. Jacques Frings salarie desormais trois ouvriers, « des neoruraux qui un jour voudront s'installer a leur compte ».
Le bio est soudain devenu, l'automne dernier, priorite nationale, Grenelle de l'environnement oblige. Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture, veut que triple d'ici quatre ans la surface agricole bio, de 500 000 hectares a 1,6 million d'hectares. Fort ambitieux. Il faudrait que les agriculteurs se convertissent en masse. « Abandonner l'agriculture conventionnelle est un choix delicat, car, pendant trois ans, votre production, qui faute d'engrais et de pesticides s'effondre, ne peut etre vendue sous le label bio », commente Stephane Bellon. Ces annees dites de conversion-le terme n'est pas anodin-sont financierement soutenues par les pouvoirs publics. « Jusqu'ici, les aides etaient plafonnees a 7 600 euros par exploitation et par an. Elles sont desormais deplafonnees, de 200 a 600 euros par annee et par hectare, variable selon le type de production », souligne Vincent Gitz, charge du bio et de la recherche au ministere de l'Agriculture . L'idee est de seduire les grands refractaires : les cerealiers, qui, portes par le cours caracolant des cereales, ne songent guere a quitter leur mode de production conventionnel . Or, sans cereales bio, pas d'alimentation bio pour le betail, et donc pas d'elevage bio. La defection des ceraliers, qui ne jurent que par les hauts rendements, penalise toute la chaine de l'elevage bio francais.
Autre ecueil, un grave probleme de generation. Les militants des annees 70 sont, trente-cinq ans plus tard, en fin de course. Pour reprendre cet exigeant flambeau, il faudra que des jeunes s'installent. Le voudront-ils ? Le pourront-ils ? « Ce plan bio ne resout pas l'immense probleme du foncier , souligne Francois Lerique, president de l'Association pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap) en Ile-de-France. Il est impossible de trouver 4 ou 5 hectares pour s'installer comme maraicher, surtout pres des grandes villes. Comment voulez-vous qu'un agriculteur bio debutant dans la profession rivalise avec des promoteurs immobiliers ou un grand cerealier ? C'est pourquoi, a vec l'association Terre de liens, on achete des terrains qu'on loue a des exploitants bio. On vient ainsi d'acquerir 28 hectares sur le plateau de Saclay, au sud de Paris . » Les paysans bio sont de bien Petits Poucets, volontaires mais fragiles, face aux geants agricoles. L'agence des espaces verts, organisme public d'Ile-de-France, acquiert des terrains pour les maintenir en terres agricoles, afin de preserver la production autour de Paris. Elle a ainsi achete 13 hectares aux Mureaux, dans les Yvelines, attribues, apres appel d'offres, a un cerealier, soutenu par une banque specialisee. Offre certainement plus viable economiquement que celle, autrement aleatoire, d'un exploitant bio.
Tonnage trop faible pour les hypers
Pour rattraper notre retard, les paysans devront se convertir, trouver des terrains et ecouler leurs productions. « Le bio ne doit plus etre un choix ideologique, il doit s'imposer dans le circuit de distribution classique , martele Philippe Merillon, chef du service de la strategie agroalimentaire au ministere. Il faut lutter contre l'idee que faire du bio, c'est faire petit . » Le mouvement bio souffre de son image. Que chacun produise dans son coin, c'est peut-etre bien, mais les grandes enseignes de distribution ne peuvent rassembler a moindre cout les tonnes necessaires. Voila pourquoi elles se fournissent aupres des immenses cooperatives bio du sud de l'Europe, tandis que nos paysans vendent leur production en direct a la ferme ou sur des marches locaux. Le Moyen Age !
Pour convaincre les agriculteurs de passer au bio, Michel Barnier veut leur garantir des debouches importants. Il veut donc que, dans trois ans, 20 % des repas servis dans les cantines soient issus de l'agriculture biologique. Un objectif que tous les specialistes jugent hors de portee, a moins d'importer en masse. « A l'Inra, nous avons etudie la faisabilite d'un scenario fictif : admettons que Marseille veuille recevoir 1 million de repas bio, se souvient Stephane Bellon . On a etudie toutes les possibilites. Force a ete d'admettre que les quantites etaient impossibles a fournir . » En attendant, pour oublier, au ministere, on dejeune avec du pain bio, des yaourts bio et des pommes bio. Bien de chez nous.
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46 euros
C'est la somme moyenne consacree aux achats de produits bio par les menages francais sur une annee.
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Un Francais sur quatre consomme des produits bio
42 % des Francais achetent du bio au moins une fois par mois,
23 % au moins une fois par semaine et
6 % tous les jours (on les appelle en marketing des « biocitoyens »).
Les produits bio ne representent que 1,7 % du budget annuel total d'alimentation d'un menage francais.
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La liste des courses bio
Les Francais achetent d'abord des yaourts, du lait et des oeufs. Viennent ensuite les fruits (pommes, bananes) et les legumes (carottes, courgettes, concombres).
+ Voir l’infographie : Part de l’agriculture bio en 2006
<http://www.lepoint.fr/content/system/media/0/1914/085bio.pdf>
<http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2009-05-20/l-incroyable-faillite-du-bio-francais/916/0/345177>

2 commentaires:

Anonyme a dit…

j'interviens toujours un peu à titre bénévole pour les bio , je connait donc (un peu) la problématique.
je ne suis pas d'accord avec toi, la confiance envers le bio des consomateurS ne cesse de croitre.
Bien sur je suis contre, par principe , les cicuits de commercialisations de la grande distribution, mais il faut bien admetre qu'il contribut aussi a le popularisé(le bio) aupres du consomateur lambda , c'est une étape peut etre désagréable mais peut etre nécéssaire.
non il faut voir plus loin dans l'avenir .
l'avenir c'est des supérettes alimentaire géré par les agricuteur locaux eux meme et avec un maximum de produit en vrac.
c'est toute une nouvelle façon de s'organisé des bio mais aussi des consomateurs.
un projet vien de naitre regroupant 7 producteur bio locaux don un producteur de lait qui a un distributeut automatique dans le magasin et qui vend le lait bio a 1 euro le litre .
apparemment pas de crise pour eux.
le problème du bio actuel c'est les "kmer bio "comme toi, idéologue et sectaire qui n'incite pas trop a la reconversion.
car aujourdhui c'est plus un probléme de d'aprovisionnement en produit bio et de reconversion des conventionnel que de débouché des produit bio.
les bio actuel "sérieux" gagnent correctement leur vie et ont une qualité de vie bien supérieur a la moyenne tout en participant a une alternative de développent durable de la société.
le bio en france a un tres bel avenir devant lui meme s'il devrat continuer a se batre contre les mutinationales , les pouvoir politique et surtout les sectaire de son propre camp.
claude

Anonyme a dit…

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Qui êtes-vous ?

paysan bio producteur de framboises biologiques. passionné par mon métier. mais gêné par le fait qu'il ne procure pas un revenu suffisant pour faire vivre correctement ma famille. c'est elle la priorité,donc je vais certainement changer de métier.