Blog sur la production de framboises biologiques avec une méthode utilisant les "mauvaises herbes" comme engrais-paillage. la technique est une amélioraion du BRF:"Bois,Rameaux Fragmentés". elle nécéssite très peu de matériel donc très peu d'investissement; elle ne nécéssite pas non plus de travail de force style bêchage ou passage de motoculteur. en double-cliquant sur les photos,vous verrez mieux les détails. pour laisser un commentaire, choisir l'identité anonyme.

mardi 5 mai 2009

les vers de terre et l'inra

L'incroyable histoire des vers de terre, INRA, Agriculture, fevrier-mars 2009

Les lombriciens, des travailleurs infatigables ou lorsque Michel Bertrand, centre Inra de Versailles-Grignon et Paul Robin, centre Inra de Rennes vous parlent de la vie des vers de terre.
De quoi parle-t-on lorsque l'on evoque la faune du sol ?
par Michel Bertrand
La faune du sol regroupe un nombre tres important d'organismes animaux, qui se comptent en centaines de millions d'individus par m2, appartenant a plusieurs centaines voire milliers d'especes.

Suivant leur taille, on regroupe ces individus en microfaune, mesofaune ou macrofaune en allant des plus petits au plus grands.

Avec les limaces et les araignees, les vers de terre appartiennent a la macrofaune, et on en denombre de l'ordre de quelques centaines au m2 correspondant a une masse qui se compte en dizaines voire en centaines de kilos a l'hectare

Y a-t-il differentes sortes de vers de terre, comment peut-on les distinguer ?
Les vers de terre appartiennent a de nombreuses especes et, dans un milieu donne, on trouve facilement une dizaine d'especes differentes. On classe ces especes en groupes ecologiques suivant leur taille, leur habitat, leur comportement et leurs ressources alimentaires. On distingue classiquement les vers aneciques, de grande taille, vivant dans des galeries verticales et se nourrissant de matiere organique presente a la surface du sol, des vers endoges beaucoup plus petits qui digerent la matiere organique incorporee dans l'horizon de surface du sol et des vers epiges qui vivent a la surface du sol, surtout quand il y a des debris vegetaux.
Quel est le role des lombriciens dans le sol ?
Les vers de terre creusent des galeries et ingerent de la matiere organique c'est-a-dire principalement des residus de vegetaux. Leur activite entraine donc des modifications de la structure du sol car les galeries font partie de la porosite du milieu, qui joue sur les transferts d'eaux et d'air, ainsi que sur la capacite d'enracinement des plantes. Lorsqu'ils ingerent, digerent et excretent de la matiere organique, les vers de terre participent egalement a la transformation physique et chimique des residus vegetaux qui presentent alors une forme plus decomposee. De meme, ils prennent part a l'incorporation dans le sol de la matiere organique presente en surface, comme les residus de culture dans le cas des champs cultives. Ces animaux font partie des organismes qui modifient le milieu par leur activite et que l'on appelle, en ecologie, les ingenieurs de l'ecosysteme. A un niveau plus global, les vers de terre sont eux memes une ressource trophique pour des animaux de plus grande taille, comme les oiseaux, et leur abondance joue donc sur la biodiversite generale.

Les vers de terre sont-ils de bons indicateurs des pratiques agricoles ?
Les vers de terre sont sensibles aux techniques utilisees par l'agriculteur. En particulier, ils reagissent fortement au travail du sol et a tout ce qui joue sur la quantite de matiere organique mise a leur disposition, puisqu'il s'agit de leur nourriture. En regle generale le travail du sol profond est globalement defavorable aux vers de terre, mais il affecte principalement les vers de type anecique en detruisant leurs galeries, incorporant dans le sol la matiere organique de surface dont ils se nourrissent, voire en les blessant directement. Les vers de type endoges peuvent par contre etre plus nombreux dans les parcelles labourees car la couche labouree est riche en matiere organique, ce qui leur est favorable. La quantite globale de carbone dans le sol est egalement preponderante, ce qui fait qu'on trouvera plus de vers de terre dans les prairies que dans des parcelles de grande culture, ainsi que dans les parcelles recevant des amendements organiques provenant d'elevage (fumier par exemple). En grande culture, l'effet des pesticides apparait secondaire, en particulier nous avons observe que les effectifs etaient similaires en agriculture conventionnelle et en agriculture biologique. Dans des vergers, ou la quantite de pesticides utilisee est nettement plus forte qu'en grande culture, on a par contre observe des effets negatifs de ces produits sur les lombriciens.

Comment se developpent actuellement vos recherches en rapport avec les vers de terre ?
A Grignon, nos recherches ont pour cadre general les regulations biologiques dans le champ cultive. Nous cherchons a preciser l'impact des techniques culturales sur les organismes vivants dans les parcelles agricoles, afin de mettre au point des manieres de cultiver plus respectueuses de l'environnement et valorisant les aspects positifs lies a la presence de certains organismes. Dans le cas des lombriciens, il s'agit a la fois de mieux comprendre l'effet des pratiques agricoles sur les vers de terre et l'effet des populations de vers de terre sur le milieu. A partir de ces connaissances, on pourra proposer des alternatives techniques alliant l'action des vers de terre et des operations culturales.
Une question que tout le monde se pose : les lombriciens repoussent-ils quand on les coupe ?
Suivant la position de la coupure par rapport aux organes vitaux, c'est-a-dire la tete et les organes sexuels, le ver de terre peut mourir ou non. Quand il survit, il reconstitue partiellement les anneaux manquants. Par contre, contrairement a ce qu'on peut entendre parfois, si l'on coupe un ver de terre en deux, les deux morceaux ne repoussent pas pour donner deux vers de terre !
Le role des lombrics dans la degradation de la matiere organique peut il etre mis a profit dans les filieres de l’agronomie ?
par Paul Robin
Certainement, surtout dans le contexte du developpement de filieres "non alimentaires".
L'evacuation rapide des dejections animales par un systeme de « chasse d'eau » permet une amelioration des elevages en batiment, grace a la limitation des odeurs, des emissions d’ammoniac et des gaz a effet de serre. Cependant, pour etre durable, le systeme doit recycler l'eau, etre facile a gerer pour les eleveurs et ouvrir de nouvelles voies de valorisation des nutriments excretes.
Par exemple, la lombrifiltration – elevage de vers de terre sur un support organique arrose par un liquide charge de matieres organiques (eaux usees, lisier ou fumier de batiments d’elevage, effluents de laiteries…) – permet de traiter avec succes du lisier et fumier porcin dans un systeme associant a une porcherie, un lombrifiltre, une serie de 4 lagunes alternant plantes flottantes et enracinees, puis un reservoir en vue des chasses d’eau toutes les 4 heures dans l’elevage. Le bassin de stockage peut accueillir des poissons rouges si l’on souhaite controler empiriquement la qualite de l’eau.
Ce procede, developpe avec la Chambre d'Agriculture du Finistere, le CNRS et d’autres partenaires (Universites de Rennes, Montpellier, Brest, Jiao Tong de Shanghai, Cemagref de Rennes, Agrocampus Ouest, Cirad avec des financements du Departement du Finistere, de la Region Bretagne, de l’Europe et de l’Etat), conduit a :
- produire des engrais organiques exportables,
- incorporer des coproduits agro-forestiers,
- reduire le besoin de surface d'epandage,

- reduire l'emission d'ammoniac, de methane et d'odeurs d'un elevage sur lisier conventionnel,
- considerer les lombriciens comme un bioindicateur, simple a controler, de la stabilite du systeme, a defaut de les elever en vue d’une recolte.
Comment se developpent actuellement vos recherches en rapport avec les vers de terre ?
L’enjeu est de rendre ces resultats utilisables par une majorite d’elevages. Si les effluents d’elevage ne sont pas valorises integralement, directement ou indirectement, vers la production d’engrais et d’aliments du betail, on va continuer a epuiser les sols d’une part et polluer les ecosystemes d’autre part. Nos recherches s'orientent donc vers :
- la prise en compte des specificites territoriales dans l'aide a la decision pour adapter le dimensionnement et la gestion a des tailles d'elevage et a des territoires varies (par exemple Bretagne, Corse, Chine, Bresil),
- la maitrise de la coexistence d'especes plus nombreuses : soit des especes pour les productions animales et vegetales dans differents compartiments ou successivement au cours du temps ; soit des especes naturelles a travers le developpement et le suivi d'especes locales d'interet ecologique qui interagissent aux limites du systeme de production,
- le commencement de travaux sur des systemes "secs" : dans ce que nous avons fait, l'eau assure le transfert des nutriments entre compartiments et il faut stocker de l'eau en hiver pour compenser l'evaporation estivale ; lorsque l'eau est rare ou salee, il faut limiter l'evaporation et nous devons identifier d'autres vecteurs des nutriments pour maximiser l'efficience des intrants et minimiser les fuites polluantes vers l'ecosysteme naturel qui entoure l'elevage. C'est l'elevage de volailles sur parcours qui pourrait nous conduire a des resultats equivalents en systeme "sec".
Source et contacts :
<http://www.inra.fr/la_science_et_vous/apprendre_experimenter/histoire_de_vers_de_terre>

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Qui êtes-vous ?

paysan bio producteur de framboises biologiques. passionné par mon métier. mais gêné par le fait qu'il ne procure pas un revenu suffisant pour faire vivre correctement ma famille. c'est elle la priorité,donc je vais certainement changer de métier.