Blog sur la production de framboises biologiques avec une méthode utilisant les "mauvaises herbes" comme engrais-paillage. la technique est une amélioraion du BRF:"Bois,Rameaux Fragmentés". elle nécéssite très peu de matériel donc très peu d'investissement; elle ne nécéssite pas non plus de travail de force style bêchage ou passage de motoculteur. en double-cliquant sur les photos,vous verrez mieux les détails. pour laisser un commentaire, choisir l'identité anonyme.

mardi 27 octobre 2009

l'état prédateur,comment les entreprises ont confisqué le pouvoir

ce qui me désole le plus:

Les écologistes comme NICOLAS HULOT qui prétendent que la solution écologique passera par ces gens là,qu'ils ne l'ont pas fait exprès,qu'il FAUT LEUR FAIRE CONFIANCE .

Tout autant que les socialistes qui ont trahi le peuple en le VENDANT à ces salauds.
Je ne pense pas qu'ils se sont laissés abuser,je pense qu'ils y ont trouvé leur intérêt.
Rebâtir quelque chose avec ces gens là c'est l'ASSURANCE de nouvelles trahisons.
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Interview. «Contre la crise financiere et ecologique, la planification», Liberation, 23/10/09
Propos recueillis par Vittorio de Filippis

Economiste americain heterodoxe, James K. Galbraith denonce la mise en coupe reglee des Etats-Unis par une coalition de la droite et des grandes entreprises. Rencontre, a l'occasion de la sortie de son livre «L'Etat predateur» (Seuil).

James K. Galbraith est professeur d’economie a la Lyndon B. Johnson School de l’universite du Texas. Economiste heterodoxe, il s’inscrit dans une longue lignee marquee par la figure mondialement reconnue de son pere, John Galbraith. Comme lui, il rejette de maniere radicale la plupart des apports et des methodes de la theorie economique neo-classique. De passage a Paris, il y a trois semaines, nous l’avons longuement rencontre pour parler de son dernier ouvrage: L’Etat Predateur (Seuil). Ou comment la droite a renonce au marche libre. Et pourquoi la gauche devrait en faire autant.

Facile d’acces, grand pedagogue, cet homme d’une cinquantaine d’annees explique pourquoi la gauche serait bien inspiree de se desintoxiquer et de comprendre enfin que les marches n’apporteront aucune solution a la crise contemporaine, a la pauvrete, aux inegalites, a la crise ecologique, tous ces defis qui appellent au contraire la «planification».


Du livre de Galbraith, le tres mediatique prix Nobel d’economie Joseph Stiglitz ecrit qu’il «montre comment briser l’emprise magique des conservateurs sur les esprits de la gauche». Tout un programme.

Quelle est votre lecture de la crise ?
Pour comprendre ma position, il est indispensable de remonter le temps. Nous sommes au debut des annees 80. Au debut des annees Reagan et Thatcher. Partout, c’est le triomphe du TINA, There Is No Alternarive. Leurs politiques irriguent le reste du monde: la decentralisation est la grande amie de toute les libertes. La centralisation est a combattre. Ce catechisme economique fait recette. Les politiques sociales sont mises sur la sellette. La chute du mur de Berlin renforce ces options politiques.
C’est-a-dire ?
Une conception de la politique economique dominait alors toutes les autres. La politique monetaire devait avoir un seul objectif, la lutte contre l’inflation. Les budgets publics devaient etre equilibres, le libre-echange le regulateur du commerce mondiaux et les impots sur le travail et le capital devaient etre reduits au maximum. Ce corpus de textes, frappe par un semblant de sceau scientifique, servait a legitimer le retrait de l’Etat. Et tirer un trait final sur toute forme d’interventionnisme. Ces principes etaient d’autant plus forts qu’ils semblaient coherents, clairs, faciles a expliquer. Et donc a comprendre. Et qu’ils etaient soutenus par des economistes qui passaient pour des sommites. Pensez a Milton Friedman, le pape du monetarisme. Les progressistes passaient pour des rabats-joie, de jeunes vieillards prisonniers de leurs idees.
Ce corpus d’idees a-t-il ete entierement concretise ?
En fait, il y a eu une ascension tres rapide des idees conservatrices, mais elles sont redescendues aussi vite. Il y a donc eu un discours tres fort… Mais ces principes n’ont jamais ete appliques avec rigueur aux Etats-Unis… Pas meme sous Reagan. Le monetarisme de Friedman n’a ete applique avec rigueur que jusqu’en 1982, moins de deux ans apres l’election de Reagan. A cette epoque les gouvernements de droite sont devenus plus realistes. Jamais les budgets n’ont ete en equilibre. Jamais le libre-echange n’a ete applique. Les conservateurs ont fini par accepter le role des institutions de l’Etat.
Pourquoi ce recul ?
Pas pour admettre une quelconque erreur. Pas par souci de recherche d’une plus grande equite economique… Mais pour une simple motivation: parce que remettre totalement en cause les institutions de l’Etat, c’etait, pour les conservateurs, prendre le risque de se tuer politiquement.
Alors, comment ont evolue ces institutions ?
Si elles n’ont pas ete rayees de la carte ni par l’administration Reagan, ni par Bush pere et fils, elles n’ont pas ete renforcees pour autant. Au contraire. Lorsque l’extreme droite de Bush fils gagne le pouvoir en 2001, elle ne s’interesse pas aux idees des economistes de droite. Son ambition etait tout autre: il s’agissait de controler l’Etat. De Reagan a Bush, la droite au pouvoir a transforme les Etats-Unis en une republique-entreprise.
Comme on parlerait de Republique bananiere ?
Oui. Et c’est pour cette raison que la crise financiere partie des Etats-Unis ne peut s’expliquer sans faire ce detour historique. Qu’avons-nous vu? Des membres d’une nouvelle classe sociale, dotee de moyens financiers qui depassent l’entendement, s’emparer de l’Etat dans le but de le gerer.
Ils ne l’ont pas fait pour mettre en oeuvre le grand projet ideologique du grand marche libre.
Les membres de cette classe l’ont fait pour que cela puisse leur rapporter le plus d’argent possible, a eux individuellement, et eux en tant que groupes.
Pour que leur pouvoir ne soit pas perturbe. Ils l’ont fait pour que cela leur offre les garanties d’etre renfloues au cas ou les choses tourneraient mal.
Ils ont decide d’agir en predateurs vis-a-vis des institutions de reglementation et de bien-etre social qui existaient avant leur arrivee au pouvoir.
C’est ca l’essor de ce que j’appelle «l’Etat-predateur». Les grandes firmes qui ont penetre la gestion de l’Etat n’ont aucun attachement a aucun pays. Elles ne reprennent a leur compte aucun but d’aucune collectivite a part la leur.
Disons que la notion meme d’interet public est etrangere aux dirigeants de cette coalition.
Ils nient l’existence d’un interet public.
Ce qui est valable aux Etats-Unis l’est tout autant chez vous en Europe.
C’est-a-dire ?
Aucune de ces grandes entreprises n’a interet a retrecir l’Etat. Car sans l’Etat et ses interventions economiques, ces entreprises n’existeraient pas. Elles ne pourraient pas jouir du pouvoir de marche qu’elles sont finalement parvenus a exercer.
Leur raison d’etre c’est plutot de profiter de l’Etat, tant qu’elles le controlent.

Il s’est produit, sans qu’on le dise, un mariage entre des organisations economiques et des organisations politiques de droite… Voila le constat.
Voila de quoi est ne l’Etat-predateur.

Car finalement la politique est une bataille permanente pour determiner qui sera admis a bord de l’Etat. Et l’un des passagers les plus influents de l’Etat est le lobby-entreprise. Il est constitue des fonds de pension, des compagnies d’assurances, de l’industrie pharmaceutique, des banques, du secteur de l’education… Il faut etre dans l’Etat pour influer sur les grandes decisions, et s’assurer un profit.
Il faut etre dedans pour obtenir ce qu’elles croient bon pour elles et s’assurer que les pertes seront socialisees en cas d’accident.
Pour revenir a la crise, en desserrant l’etau des contraintes reglementaires, l’administration conservatrice ou democrate savait tres bien que cela allait provoquer une expansion des credits hypothecaires batis sur des montages financiers qui ne pouvaient mener qu’a la defaillance des emprunteurs. Tout a ete fait au point de mettre a mal tout le systeme. L’explosion de cette bulle etait garantie. Elle a pu grossir grace a la complicite d’un Etat-predateur qui a permis l’enrichissement rapide des banquiers. Cette coalition ne pouvait pas ignorer les risques d’une explosion, a terme, de la bulle financiere, provoquee par les subprimes et conduisant a la ruine de millions de menages americains.
C’est ce qui s’est passe avec cette crise ?
Oui… Et ce systeme americain a, de proche en proche, plus ou moins contamine le reste de la planete. Quant a la difference gauche-droite, l’administration democrate de Clinton a, comme les administrations republicaines, systematiquement reduit les structures de controle des institutions financieres et des banques qui avaient ete mises en place apres la crise de 29. Si le discours de la droite est reste liberal c’est justement pour masquer cette forme de republique-entreprise.
Diriez-vous la meme chose de la gauche americaine ?
In fine, oui. Mais je prefere plutot parler de nouvelle gauche liberale qui s’est laisse contaminer par le culte du marche. Marche qui n’est qu’un mythe instrumentalise par ses promoteurs, les conservateurs, la droite en general.


Pourquoi parlez-vous de mythe lorsque vous evoquez le marche ?
Parce que le marche n’existe pas. L’idee du marche suppose qu’il puisse y avoir une situation d’equilibre, qui exprime une satisfaction entre les consommateurs et les producteurs, le tout sans intervention de l’Etat. Le tout dans un marche où tout les intervenants disposeraient de la meme information au meme moment. Tous agiraient en connaissance de cause. Tout ca, c’est un mythe, c’est une fable que la theorie economique heterodoxe n’a jamais partage. Cela n’existe nulle part. Il y a toujours une asymetrie d’information. Moi vendeur, je sais des choses sur mon produit que vous ne savez pas.

Faire un marche sans regulation c’est comme si demain les responsables du transport aerien nous disaient: «Nous avons supprime toutes les tours de controle du monde. Mais n’ayez aucune crainte, nos avions n’en ont pas besoin». Monteriez-vous dans un avion? Non: tout le monde serait persuade du pire. Je peux vous garantir que, dans ce cas, le transport aerien ferait faillite du jour au lendemain. Ni vous ni moi n’aurions la moindre confiance. Nous savons que nous prendrions un grand risque sans des tours de controles capables d’organiser le trafic aerien. Mais ce qui est valable dans cet exemple, ne l’est pas dans la finance. Dans le transport c’est evident. Mais c’est bien plus complexe dans la finance. Croyez-vous que le sens commun puisse evaluer les effets d’un changement ou d’une absence de reglementation bancaire? C’est impossible, c’est bien trop complique. Seuls les inities, et encore, peuvent deceler les risques d’un changement de regles. Le marche suppose transparent, efficace, capable de s’autoreguler n’existe pas. Donc, les consommateurs, les citoyens ne peuvent pas agir en connaissance de cause. Il ne peuvent pas sanctionner ou empecher une derive? Ils agissent en aveugle et encaissent tous les coups, au moindre choc. Ce qui vaut pour les Etats-Unis vaut pour le reste du monde. En fait, les marches ont besoin de regulation, car la deregulation c’est l’assurance que les marches vont exploser.
Qui peut reguler tout ca ?
L’Etat. Mais un Etat non predateur, qui n’est pas pollue par des interets prives
.
Des interets qui se trouvent essentiellement du cote des tres grandes entreprises multinationales. Pas un Etat qui emprunte la troisieme voie de Tony Blair. Expression qu’il a d’ailleurs usurpe aux intellectuels qui planchaient sur un modele a mi-chemin du modele anglo-saxon et du modele sovietique. Blair a usurpe cette expression pour faire un modele qui est celui de cette nouvelle gauche liberale. Pour reguler ? Il faut planifier !
On doit vous qualifier de bolchevik…
Je suis un economiste heterodoxe. Je ne fais pas partie de cette gauche qui s’etait accroupie depuis trente ans devant le catechisme liberal. Cette gauche doit regarder les choses en face. Certes, l’extension de l’assurance-maladie aux Etats-Unis, ou encore la mise en place, dans le reste du monde, de programme de reduction de la pauvrete, du chomage, de la reduction des gaz a effet de serre… Tout ceci est sans doute bien intentionne. Mais cela n’empechera pas qu’il y aura toujours penurie d’emplois, que les riches auront toujours une grosse longueur d’avance sur les travailleurs pauvres en matiere d’education, par exemple. Cela n’empechera le rechauffement de la planete. Les solutions polies a ces problemes ont un inconvenient: elles n’en font pas assez pour relever des defis qui se posent. Alors, oui, il est temps d’utiliser un gros mot: planification. Meme si la syphilis ou la lepre ont le meme statut que ce mot. Il faut le faire parce que le marche ne sait pas prevoir l’avenir.
Un exemple ?
Le changement climatique en est un bon. Du point de vue economique, ses consequences tomberont sur les generations futures. Or, ces generations n’ont, aujourd’hui, aucun pouvoir d’achat. Elles ne sont pas la sur le marche. Elles ne se presentent pas sur le marche pour dire: «Nous achetons seulement des biens qui meneront a des processus soutenables». Il y a asymetrie temporelle. La planification, correctement concue, s’occupe de l’utilisation de ressources actuelles pour repondre a des besoins futurs. Elle s’attaque en particulier a des problemes que le marche ne peut resoudre: determiner la part qu’il faut investir (donc epargner) pour tel ou tel probleme, les orientations qui doivent etre prises, le role de l’education, du savoir scientifique, de la culture…
Mais c’est la fonction du budget des Etats…
C’est vrai. Mais les grandes decisions sont laisses aux marches. Je crois que le probleme doit etre pose dans les termes suivants: la planification est essentiellement pratiquee dans la sphere privee, dans celle occupee par les entreprises. C’est la raision pour laquelle les entreprises existent. Faut-il laisser entierement le soin de planifier aux seuls entreprises privees, donc a une elite des affaires et notamment du monde de la finance. Ou l’Etat et la population sont-ils en droit de jouer un plus grand role en la matiere?
Prononcer ce mot de planification quand les Etats accusent un deficit public sans precedent, n’est-ce pas un contre-sens ?
On nous parle des deficits publics jusqu’a la nausee. Le probleme est justement de savoir a quoi vont nous servir ces deficits publics. Aujourd’hui, ils sont necessaires. Mais toute la question est de savoir si oui ou non ils vont servir a reduire les deficits d’infrastructure, comme les ecoles, l’habitat, l’ecologie, l’energie… Si les deficits servent a repondre a ces problemes et qu’ils creent des emplois pour repondre aux besoins des generations futures… Alors je ne suis pas inquiet. Nous serions meme dans la bonne planification.
C’est ce que vous voyez ?
Helas non. Ni en Europe, ni aux Etats-Unis.
Y compris pour l’administration Obama ?
Obama poursuit sur une voie desesperee, comme en Europe, de restauration du statu quo d’avant la crise. Son administration est en train de rebatir la meme maison, sur les memes fondations et avec les memes briques que celle qui s’est effondree il y a plus d’un an. Le probleme c’est que cette reconstruction ne tiendra qu’un temps. Cela se terminera encore par de la speculation. Et on nous expliquera encore qu’on va moraliser le capital. Depuis quand la morale est-elle une mesure qui entre dans la comptabilite des entreprises?
Le G20 a-t-il manque une occasion ?
Le G20 ne manque jamais une occasion de manquer une occasion.
Si vous aviez un conseil a donner au PS…
Cessez d’avoir peur de ces economistes. Cessez de faire genuflexion et signe de croix devant ces liberaux qui vous recitent le catechisme des theses liberales, alors meme qu’elles font plus de mal que de bien
… Cessez d’avoir peur des orthodoxes, affirmez des idees heterodoxes. Ne tombez pas dans le piege de ceux qui disent: «On ne peut rien faire».
Vous leur diriez « Yes you can ».
Bien sur… (rire).
<http://www.liberation.fr/economie/0101598998-contre-la-crise-financiere-et-ecologique-la-planification>

2 commentaires:

Anonyme a dit…

bonne approche de dénoncer les dérives d'un état spolieur... avec l'aide des multinationales qui sont les vrais decideurs... (a lire aussi le matin des magiciens de l pauwel....livre qui date pourtant de 40 ans et denoncait déja cette dérive , nous en etions alors aux prémisces...)
ce qui me géne dans tout ca est le manque de reaction collective pour reprendre la main:
Imaginons un instant que nous puissions nous regrouper pour negocier nos assurances en commun a l instard des grandes entreprises qui le font et obtiennent des tarifs avantageux...nous pourrions multiplier ces demarches collectivement dans de nombreux secteurs.... mais voila nous nous contentons de dénoncer les dérives . et plus ou moins de subir!!!!!

paysan bio a dit…

je crois que l'important c'est de commencer à refuser la vie qu'ils veulent nous faire mener .
que les refus soient personnels ou collectifs a ,au fond peu d'importance.

résister c'est créer.

faire du bio
construire des maisons en paille
faire de l'éducation populaire
élever des enfants dans le respect des autres
s'occuper de nos ainés
ETC.....
sont autant d'actes bien plus gratifiants que d'aller faire ses courses le samedi dans les hypermarchés.

pascal

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Qui êtes-vous ?

paysan bio producteur de framboises biologiques. passionné par mon métier. mais gêné par le fait qu'il ne procure pas un revenu suffisant pour faire vivre correctement ma famille. c'est elle la priorité,donc je vais certainement changer de métier.