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mercredi 16 décembre 2009

CHANGEONS LE SYSTEME ! PAS LE CLIMAT !

[Déclaration du Klimaforum09 – version finale]

Changeons le Système ! Pas le Climat !

Déclaration des peuples au Klimaforum09
RÉSUMÉ
Il existe des solutions à la crise climatique. Ce dont les populations et la planète ont besoin c’est d’une
transition juste et durable de nos sociétés vers un modèle qui garantisse le droit à la vie et à la dignité de
tous les peuples et transmette une planète plus fertile et des vies plus enrichissantes aux générations
futures.
Nous, les participants, communautés et organisations du Klimaforum09 à Copenhague, appelons toute
personne, organisation, gouvernement et institution, y compris les Nations Unies (ONU), à contribuer à
cette nécessaire transition. Ce sera un vrai défi. La crise actuelle revêt des aspects économiques, sociaux,
environnementaux, géopolitiques et idéologiques, qui interagissent et se renforcent mutuellement, de
même qu’ils renforcent la crise climatique. Pour ces raisons, nous appelons d’urgence à des actions pour le
climat :
- Un abandon complet des carburants fossiles dans les trente prochaines années, avec des objectifs
chiffrés contraignants dans un délai de cinq ans. Nous demandons une réduction immédiate des
émissions de gaz à effet de serre (GES) des pays industrialisés d’au moins 40% par rapport aux
niveaux de 1990, d’ici 2020.
- La reconnaissance, le paiement et la compensation de la dette climatique, due à la
surconsommation de l’espace atmosphérique, et des effets néfastes sur tous les groupes et
populations concernés.
- Le rejet des fausses solutions techniques et des solutions basées sur le marché, qui représentent
un danger, telles que l’énergie nucléaire, les agros-carburants, la capture et le stockage du carbone,
les mécanismes de développement propre, le ‘charbon vert’, les graines « génétiquement
adaptées » au climat, la géo-ingénierie et le mécanisme REDD (Réduction des émissions résultant
du déboisement et de la dégradation forestière), qui aggravent les conflits sociaux et
environnementaux.
De vraies solutions à la crise climatique basées sur une utilisation sécurisée, propre, renouvelable et
durable des ressources naturelles, ainsi qu’une transition vers une souveraineté alimentaire et
énergétique, foncière et sur les ressources hydriques.
Par conséquent, nous demandons à la COP15 de conclure un accord qui engagera le rétablissement de
l’équilibre environnemental, social et économique de la planète par des moyens environnementalement et
socialement durables et équitables, et finalement d’aboutir à un traité légalement contraignant.
Les impacts négatifs du changement climatique provoqué par l’activité humaine entraînent de graves
violations des droits de l’Homme. Les nations sont tenues de coopérer à l’échelle internationale afin
d’assurer le respect des droits de l’Homme partout dans le monde dans le cadre de la Charte des Nations
Unies. Un accord spécifique concernant le changement climatique doit être intégré dans un contexte plus
large, celui de l’accomplissement d’une transition durable de nos sociétés.
Nous, les peuples et organisations participants au Klimafourm09, nous nous engageons à continuer de
promouvoir pleinement et activement une telle transition, qui implique un changement fondamental dans
les structures sociales, politiques et économiques et une résorption des inégalités et injustices liées au
genre, aux classes sociales, à la race, aux générations ou aux origines.



Ceci implique le rétablissement de la souveraineté de nos communautés locales en tant qu’unités sociales,
politiques et économiques fondamentales. La propriété et le contrôle local et démocratique, l’accès aux
ressources naturelles sont la base d’un développement significatif et durable des communautés et
permettre la réduction simultanée des émissions des gaz à effet de serre. Il y a aussi un besoin de renforcer
des accords coopératifs régionaux et internationaux afin de gérer les ressources communes et partagées.
Enfin une ONU plus forte et plus démocratique est plus que jamais nécessaire.
Nous appelons tous les citoyens, ainsi que tous les mouvements sociaux, culturels, politiques ou
économiques à nous rejoindre dans la construction d’un mouvement des mouvements, qui peut faire
progresser les visions et les revendications des populations à tous les niveaux de la société. Ensemble,
nous pouvons transformer les transitions globales en futurs durables


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Changeons le Système ! Pas le Climat !

Déclaration des peuples au Klimaforum09

1. Préambule
Il existe des solutions à la crise climatique. Ce dont les peuples et la planète ont besoin, c’est d’une
transition juste et durable de nos sociétés vers un modèle qui assurera les droits à la vie et à la dignité de
tous et transmettra une planète plus fertile et des vies plus épanouissantes aux générations actuelles et
futures. Cette transition doit être basée sur des principes démocratiques et de solidarité, spécialement
pour les plus vulnérables, sur la non-discrimination, l’égalité des sexes, l’équité, la durabilité, en prenant
compte que nous sommes une part de la nature que nous aimons et respectons. Cependant, pour faire
face à la crise climatique, la prise de conscience et le passage à l’action, dans un cadre basé sur les droits,
sont nécessaires. Les nations sont tenues à la coopération internationale pour assurer le respect des droits
humains partout dans le monde conformément à la Charte des Nations unies.
Nous, les peuples participants, les communautés et toutes les organisations du Klimaforum 09 à
Copenhague, appelons chaque personne, organisation, gouvernement et institution, y compris les Nations
Unies (ONU), à contribuer à cette transition nécessaire. C’est une tâche difficile. La crise actuelle
comporte des aspects économiques, sociaux, environnementaux, géopolitiques et idéologiques qui
interagissent et se renforcent entre eux, renforçant également la crise climatique. Ce moment précis de
conjonction des crises climatique, énergétique, financière, alimentaire et de l’eau, entre autres, nous
exhorte à nous unir et à transformer le système social et économique dominant ainsi que la gouvernance
mondiale, qui font barrage aux solutions nécessaires pour faire face à la crise climatique. Pour cette raison,
nous appelons à l’action un mouvement global partant de la base.
Les dettes environnementales et climatiques doivent être payées. Aucune solution fallacieuse, dangereuse
ou court-termiste ne devrait être promue ou adoptée, telle que l’énergie nucléaire, les agros-carburants, les
compensations, la capture et le stockage de carbone (CSC), le charbon vert, la géo-ingénierie, le commerce
du carbone. A la place, nous devons mettre en oeuvre une transition réellement durable, basée sur des
ressources propres, sûres et renouvelables et la sobriété énergétique. Nous sommes favorables aux
alliances entre les mouvements et secteurs sociaux, représentant toutes les générations, les sexes, les
origines, les croyances, les communautés et les nationalités. Nous voulons prendre en main le futur en
construisant un mouvement populaire fort, rassemblant : les jeunes, les femmes, les travailleurs, les
paysans, les pêcheurs, les indigènes, les personnes de couleur, les groupes sociaux urbains et ruraux. Ce
mouvement est capable d’agir à tous les niveaux de la société, de lutter contre les dégradations et le
changement climatiques. Nous appelons à un nouvel ordre économique et soutenons une ONU forte et
démocratique, en opposition aux G8 ou G20, ou tout autre groupe fermé propres aux pays les plus
puissants.

2. Le défi, tel que nous le voyons :
La concentration de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère est d’ores et déjà si élevée que le système
climatique n’est plus équilibré. La concentration en CO2 et les températures globales ont augmenté plus
rapidement que jamais durant les 50 dernières années et cette accélération va s’amplifier encore plus
rapidement durant les prochaines décennies. A ceci s’ajoute d’autres déséquilibres écologiques sérieux
dont les impacts menacent les vies et les modes de vie des peuples du monde entier, en particulier les
populations pauvres et les groupes les plus vulnérables.
Le déséquilibre du système climatique conduit à une augmentation de la fréquence et de l’intensité des pics
de chaleur et des régimes de précipitations, des cyclones tropicaux, des ouragans et des typhons, des ras de
marée et des sécheresses, à la diminution de la biodiversité, à des glissements de terrain, la hausse du
[Déclaration du Klimaforum09 – version finale]
niveau des mers, la pénurie d’eau potable, la diminution des périodes où la culture est possible, la perte ou
la détérioration des terres, la réduction de la production agricole, la perte de bétail, l’extinction
d’écosystèmes, de la diminution des réserves piscicoles. Ces phénomènes débouchent sur des crises
alimentaires, des famines, des maladies, des morts, des déplacements de populations et sur l’extinction des
modes de vie durables. L’introduction des organismes génétiquement modifiés (OGM), les exploitations
de monocultures et l’industrialisation de l’agriculture fortement promue par les grandes entreprises
menacent sérieusement la stabilité et la diversité des écosystèmes et interagissent avec ces phénomènes. Il
en résulte une marginalisation et un appauvrissement de la petite paysannerie ainsi qu’un affaiblissement
de la souveraineté alimentaire. L’agriculture contrôlée par les grandes entreprises est orientée pour
satisfaire la demande mondiale de surconsommation, particulièrement au Nord, plutôt que pour répondre
aux besoins fondamentaux. Le même constat peut être fait concernant la pêche industrielle moderne,
l’exploitation forestière intensive et l’exploitation minière qui détruit les écosystèmes, diminue la
biodiversité et détruit la vie et les modes de vie des communautés locales.
Les effets du changement climatique, les inégalités sociales grandissantes et les effets néfastes sur notre
environnement commun, dévastent déjà les vies de millions de personnes ainsi que leurs communautés
locales. Néanmoins, nous -le peuple- ne sommes pas prêts à l’accepter. C'est la raison pour laquelle les
mouvements populaires se renforcent rapidement, déterminés à défendre leurs moyens de subsistance, et à
se dresser contre les forces et les causes, qui nous ont guidées sur cette route suicidaire de la destruction
de notre environnement.
En Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud, en Amérique Centrale ainsi qu'à la
périphérie de l'Amérique du Nord et de l'Europe, des mouvements populaires se développent pour
s'opposer à l'exploitation de leur terre par des intérêts étrangers afin de retrouver le contrôle de leurs
propres ressources. Un nouveau type d'activisme a redonné un souffle aux mouvements
environnementaux, amenant une large variété de protestations et d'actions contre notamment
l'exploitation minière, les grands barrages, la déforestation, les centrales à charbon, les voyages aériens et la
construction de nouvelles routes. Il y a une prise de conscience grandissante du besoin de changer
fondamentalement le paradigme économique actuel. Parmi ces divers mouvements, des modes de vie
alternatifs prolifèrent. Dans le même temps, il devient évident que les détenteurs actuels du pouvoir ne
sont pas prêts à affronter ni à faire face aux menaces du changement climatique et à la dégradation de
l'environnement. La soi-disant stratégie pour une « croissance verte » ou pour une « croissance durable »
s'est avérée être une excuse pour poursuivre le même modèle de développement économique, qui est l'une
des causes profonde de la destruction environnementale et de la crise climatique.

3. Les causes, telles que nous les voyons :
La cause première et immédiate du changement climatique provoqué par l’activité humaine est l'émission
sans précédent de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère ayant pour origine l'accroissement de la
combustion de carburants fossiles dans l'industrie, le commerce, le transport, ou à des fins militaires, pour
ne nommer que quelques secteurs significatifs. Les autres éléments importants du changement climatique
sont la déforestation, les industries extractives, la dégradation forestière – excluant la pratique durable des
peuples indigènes des cultures nomades –, la perturbation du cycle de l'eau, l'expansion de l’accaparement
des terres pour l'agriculture industrielle, l'augmentation de la production industrielle de viande et les autres
types d'utilisations non-durables des ressources naturelles.
Inégalités de contrôle et de propriété sur les ressources
Ces causes immédiates sont le résultat d'un système économique non durable construit sur un accès et un
contrôle inégal des ressources limitées de la planète et sur les avantages qui découlent de leur utilisation.
Ce système est fondé sur l'appropriation des biens communs locaux, nationaux et planétaires par les élites
locales et mondiales. Ce qui a été annoncé comme de grandes avancées dans la technologie, la production
et le progrès humain a en fait précipité des désastres écologiques et de développement mondiaux.
Pourtant, une élite mondiale privilégiée se livre à une production irresponsable guidée par le profit et une
consommation grossièrement excessive pendant qu'une très large proportion de l'humanité est enlisée
dans la pauvreté consommant à peine assez pour sa survie et sa subsistance, et moins encore. C'est le cas
dans les pays du Sud, mais également dans les pays du Nord. Les plus grandes sociétés transnationales
(STN) mondiales basées principalement dans les pays du Nord et dans les paradis fiscaux, avec des
opérations en expansion au Sud, ont longtemps été à l'avant-garde de ces excès.
La compétition entre les sociétés mondiales et les nations riches pour les ressources et de plus grandes
parts de marché, autant que les traités et des accords de libre échange, ont abouti à une élimination
néocoloniale des peuples du Sud, leur refusant le contrôle et la propriété sur leurs ressources.
L'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et les institutions financières internationales, comme
l'Union Européenne (UE) et les États-Unis (USA), en utilisant des accords commerciaux bilatéraux,
augmentent la privatisation et la marchandisation des ressources publiques, intensifiant le pillage des
ressources naturelles des pays sous-développés et imposant les conditions de leur dépendance. .
Les modes de pensées dominants et les alternatives
Le modèle de développement promu par ces institutions n'est pas seulement une question « d’économie ».
Le paradigme économique prévalant est fortement lié à un système de pensée, lui-même basé sur une
l’idée que l’être humain est un « homme économique » (homo economicus). Cette idéologie est renforcée
par les médias de masse et les firmes de marketing qui favorisent l'égoïsme, la concurrence, la
consommation de matières et de l'accumulation infinie de richesses privées, au mépris des conséquences
sociales et écologiques de tels comportements. Ce système de pensée est intimement entrelacé avec les
schémas patriarcaux et paternalistes.
Si nous voulons vraiment faire face à cette crise, nous devons reconnaître que l'espèce humaine fait partie
de la nature et de la société et qu’elle ne peut non plus exister sans elles. Par conséquent, si l'humanité veut
survivre, nous devons respecter l'intégrité de la Terre-Mère, s’efforcer d’être en harmonie avec la nature et
promouvoir la paix au sein et entre les cultures. Nous sommes à la fois citoyens de différentes nations et
d'un seul monde. Tout le monde partage la responsabilité du présent, le bien-être futur de l’humanité et
plus largement du monde du vivant. L'esprit de solidarité et de fraternité avec toute forme de vie est
renforcée lorsque nous vivons selon le principe « d’un parmi les autres ».

4. Une transition juste et durable
Il est clair que pour résoudre la crise climatique nous avons besoin de transformations profondes, qui sont
actuellement écartées de l’agenda des décideurs politiques au sein des gouvernements comme des
institutions multilatérales. Nous demandons un changement de système et non pas le « business-as-usual »
ni l'utilisation aveugle de « solutions » technologiques ou basées sur le marché que de puissants lobbies ont
mis à l’agenda climatique et auxquelles celui-ci a été confiné.
Les mouvements populaires ne manquent pas de visions alternatives pour la société ni d'étapes concrètes à
suivre en vue d’aller vers un avenir durable tout en répondant aux crises climatique, alimentaire, de l'eau, et
aux crises économiques. Une telle transition durable commence par de nombreuses initiatives. Certaines
de ces étapes vers une transition durable sont :
La souveraineté alimentaire et l'agriculture écologique : Défendre les droits des peuples, des
communautés et des pays à choisir leurs propres politiques foncières et systèmes de production dans
les domaines de l'agriculture, la pêche, l'alimentation, la foresterie qui sont écologiquement,
socialement, économiquement et culturellement adaptées aux contextes. L'accès et le contrôle des
ressources productives comme la terre, les semences et l'eau doivent être respectés et garantis,
notamment pour les femmes
.
La production agricole doit s'appuyer principalement sur les
connaissances locales, sur une technologie appropriée et des techniques écologiquement durables qui
permettent l'absorption du CO2 via le systèmes des plantes diverses et indigènes, retenant l'eau et
retournant plus d'éléments nutritifs dans le sol que ce qui en est pris. La production alimentaire et
agricole doit être principalement axée sur la satisfaction des besoins locaux, encourager l'autosuffisance,
promouvoir l'emploi local, et minimiser l'utilisation des ressources, la production de
déchets et les émissions de GES dans le processus productif.

• La propriété et le contrôle démocratiques de l'économie : La réorganisation des unités
productives de la société autour de formes plus démocratiques de propriété et de gestion, afin de
répondre aux besoins fondamentaux des populations
comme la création d'emploi, l'accès à l'eau,
le logement, la terre, le système de santé et l'éducation, la souveraineté alimentaire et la durabilité
écologique.
Les politiques publiques doivent s'assurer que le système financier serve les intérêts
publics et canalise les ressources pour la transformation durable de l'industrie, de l'agriculture et
des services.
• La souveraineté énergétique : une réduction substantielle de la consommation énergétique, en
particulier dans les pays injustement enrichis, combinée avec une palette variée de sources
d'énergies publiques et renouvelables telles que le solaire, l'éolien, la géothermie, l'hydroélectrique
à petite échelle, des vagues ainsi que le développement de la distribution d'électricité hors-réseau
pour sécuriser l'approvisionnement énergétique des communautés, et la propriété publique du
réseau.
• Planification écologique des zones urbaines et rurales : L'objectif est une réduction radicale
de la consommation d'énergie, de la production de déchets et de la pollution tout en favorisant
l'approvisionnement local en fonction des besoins des citoyens. Une planification urbaine et
rurale construite sur la justice sociale et un service égal à tous en réduisant la nécessité de
transport. Promouvoir des systèmes de transport public comme les trains légers et rapides ou les
vélos, réduisant ainsi la nécessité d'avoir recours à des véhicules motorisés désengorgeant ainsi les
routes, améliorant la santé et réduisant la consommation d'énergie.
• Éducation, science et les institutions culturelles: Réorientation de la recherche publique et de
l'éducation pour répondre aux besoins des personnes et de l'environnement, plutôt que tendance
actuelle au développement de technologies privées et commercialement rentables. Le domaine de
la recherche et du développement devraient être avant tout une entreprise ouverte et collaborative
pour l'intérêt commun de l'humanité, ce qui implique la suppression des brevets sur les
technologies et les idées. Un échange juste et équitable des technologies, des savoirs traditionnels,
des pratiques autochtones innovantes et des idées devrait être encouragé.
• Mettre fin au militarisme et aux guerres : Notre modèle de développement actuel basé sur les
combustibles fossiles conduit à la violence et aux guerres pour le contrôle de l’énergie, des terres,
de l’eau et des autres ressources naturelles. Les invasions, dirigées par les Etats-Unis, de l’Irak et
de l’Afghanistan mais aussi la militarisation croissante à travers le monde dans les régions riches
en combustibles fossiles et en ressources naturelles en sont la démonstration flagrante. Les
paysans et les communautés indigènes sont chassés de leurs terres pour faire place aux plantations
d’agrocarburants. Des milliards sont consacrés au complexe militaro-industriel, engendrant ainsi
un gaspillage considérable de ressources matérielles et humaines, qui devraient être plutôt
consacrées à la mise en oeuvre d’une transition durable.

L’apprentissage passera par l’action. Les mesures que nous prendront nous aideront à convaincre une large
majorité qu’une transition soutenable est la promesse d’une vie meilleure et plus épanouissante.

Les
questions sociales, politiques, économiques et environnementales sont étroitement liées. L’idée de
transition durable implique d’aborder chacune d’entre elles.
L’un des aspects de ce concept est la nécessité de revenir aux communautés locales à la place du marché
mondial comme base sociale, politique et économique fondamentale La cohésion sociale, la participation
démocratique, la responsabilité économique et environnementale ne peuvent être atteintes que par le
rétablissement des prises de décision à l’échelle appropriée la plus basse. C’est une des leçons
fondamentales que nous avons appris des cultures et communautés locales à travers le monde.
Une approche locale n’est pas contradictoire avec la nécessité d’une vaste coopération internationale. Au
contraire, cela nécessitera des alliances renforcées à l’intérieur et par delà les frontières entre les
producteurs directs dans les domaines de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de l’industrie. Ces
alliances doivent également être construites sur le respect de l’égalité des sexes et sur la reconnaissance et
le dépassement des relations inégales de pouvoirs à tous les niveaux. Cela inclut également le besoin d’une
coopération régionale et internationale renforcée afin d’assurer la gestion des ressources communes et
partagées telle que les réserves d’eau interfrontalières De plus, la coopération internationale favorisera les
échanges d’idées, de technologies et d’expertise à travers les frontières et permettra également un dialogue
ouvert et respectueux entre les cultures.

5. Les chemins vers la transition
De nombreuses personnes sont impliquées dans la création concrète d’alternatives durables dans les
domaines de l’industrie, de l’agriculture, de la pêche, de la sylviculture ainsi que dans le secteur des
énergies renouvelables. Ces initiatives au sein du système ont déjà permis la création d’alliances avec
d’autres secteurs de la société, les syndicats, les consommateurs, les habitants, les enseignants-chercheurs
qui luttent tous pour des moyens d’existence durable.
Les Nations Unies et la Conférence des Parties (COP)
Nous devons aborder les négociations des Nations Unies sur le changement climatique et la 15e
conférence des parties (COP15) à la convention cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique
(CNUCC). Les leçons des précédentes négociations ne sont pas très prometteuses. En dépit des grands
projets d’actions concertés démarrés lors de la Convention Cadre sur le changement climatique à Rio de
Janeiro en 1992 et plus tard avec la création du protocole de Kyoto, les résultats sont minces et les
problèmes n’ont toujours pas été résolus. En effet, la situation a empirée étant donné que les principes, les
objectifs et les échéances de la Convention et du Protocole n’ont que peu progressé. Les intérêts des
grandes entreprises qui sont largement responsables de la crise climatique, semblent avoir une immense
influence sur les politiques climatiques et ce au niveau national comme international. Nous nous opposons
fermement à l’influence anti-démocratique du lobby des entreprises dans les négociations actuelles. Nous
appelons, au contraire, les États à un mettre un place un système d’évaluation pour toutes les politiques et
instruments mis en place sous la CNUCC afin d’assurer un processus inclusif et délibératif entre toutes les
parties prenantes dans les négociations de la COP qui soit en mesure de réduire les inégalités existantes
qu’elles soient basées sur le genre, la couleur, l’âge, le handicap ou sur d’autres formes de discrimination.
Nous exigeons que la COP15 aboutisse à un accord qui mette en oeuvre un équilibre environnemental,
social et économique de la Terre avec des moyens qui soient environnementalement, socialement et
économiquement durable et équitable pour obtenir un accord légalement contraignant.


Nos Revendications
Nous élevons nos voix pour que les dirigeants de la CNUCC proposent les revendications et les
alternatives des peuples.

1. Suppression progressive des combustibles fossiles : Nous appelons à une stratégie claire
visant la disparition des énergies fossiles dans les 30 prochaines années. Celle-ci doit préciser des
objectifs précis pour les 5 années à venir. Nous demandons une réduction immédiate des gaz à
effet de serre (GES) des pays industrialisés d’au moins 40% d’ici 2020 par rapport au niveau
d’émission de 1990.

2. Réparations et compensations de la dette et des crimes climatiques : Nous demandons
une réparation financière pour les pays du Sud appauvris par les Etats du Nord, les
transnationales, et les paradis fiscaux. Ainsi nous répondons partiellement aux injustices
historiques provenant de l’inégale industrialisation et du changement climatique, qui trouvent leurs
origines dans le génocide des nations indigènes, la traite esclavagiste transatlantique, l’ère coloniale
et les invasions. Cela doit s’accompagner d’une stratégie claire pour indemniser les populations
appauvries en raison de la dette climatique et écologique due par les pays riches. Un fond mondial
et démocratique doit être mis en place afin d’apporter un soutien direct aux victimes du
changement climatique. Les pays développés doivent fournir obligatoirement de nouvelles sources

de financement suffisantes et fiables ainsi que des technologies libres de droits afin d’assurer une
meilleure adaptation face aux effets négatifs du changement climatique et pour réduire les
émissions de gaz à effets de serre. Cela permettrait aux pays en développement de jouer un rôle
dans le processus d’atténuation du changement climatique tout en respectant les besoins et les
aspirations de leurs peuples. Les institutions financières internationales, les agences d’aide et les
mécanismes commerciaux ne doivent être parties prenantes de ces réparations.

3. L’interdiction immédiate de la déforestation des forêts primaires et la création parallèle
d’un programme ambitieux de plantation d’arbres à partir d’espèces locales et diversifiés en
partenariat avec les peuples indigènes et les communautés dépendantes des forêts. De même nous
demandons l’interdiction de la pèche industrielle à grande échelle et un retour essentiellement aux
pratiques de pêche locale et durable. Enfin, nous demandons l’interdiction de l’accaparement des
terres par des intérêts étrangers et la reconnaissance pleine et entière de la souveraineté des
peuples sur les ressources naturelles.

4. Nous nous opposons radicalement aux fausses et dangereuses solutions basées sur
l’économie de marché et techno-centrées mises en avant par de nombreuses entreprises, les
gouvernements et les institutions financières internationales. Celles-ci comprennent l’énergie
nucléaire, les agrocarburants, la capture et le stockage du carbone, les mécanismes de
développement propres, le biochar, les cultures OGM, la géoingéniérie et le mécanisme de
réduction des émissions par la déforestation et la dégradation des forêts puisque la définition de la
CNUCC ne produit que de nouvelles menaces sans résoudre la crise climatique. Le commerce du
carbone et les mécanismes de compensations sont également des instruments faux et injustes
puisqu’ils traitent le bien commun planétaire– l’atmosphère – comme un produit qui peut être
possédé et échangé. Jusqu’à présent, le système n’a pas fait les preuves de ses mérites en autorisant
les pays riches à compenser leurs obligations de réduction de gaz à effets de serre, il a maintenu ce
système injuste et non-durable.

5. Une taxe équitable sur les émissions de carbone : A la place d’un système de quotas
d’émissions échangeables, nous demandons une taxe équitable sur les émissions de carbone. Les
recettes de cette taxe doivent être redistribuées équitablement. Une partie de cette taxe doit servir
à dédommager et à contribuer à financer l’adaptation et l’atténuation du changement climatique.
Cependant, ce n’est pas un substitut au remboursement de la dette climatique déjà accumulée.
Cette compensation et le financement doivent être non conditionnels et dégagés des mécanismes
de marché et des institutions financières. La réduction des émissions doit être fortement
encouragé par une taxe carbone transparente, augmentant par tranches en complément de
mesures directes visant l’élimination directe des combustibles fossiles tout en permettant
l’émergence de sources d’énergies sures, propres et renouvelables.

6. Les institutions multilatérales et les transnationales : Les institutions financières injustes,
non-durables et irresponsables telles que l’OMC, la Banques Mondiale et le FMI, les banques
régionales de développement, les agence d’aide, les accords commerciaux doivent être remplacés
par des institutions démocratiques et équitables conformément à la charte des Nations Unies,
respectant la souveraineté des populations sur les ressources, et promouvant la solidarité entre les
peuples et les nations. Un mécanisme de surveillance stricte et de contrôle des actions des
transnationales devrait être crée également.
Enfin, nous nous engageons à une participation pleine et entière dans la réalisation des transitions durables
de nos sociétés suivant le modèle mis en avant dans cette déclaration.

6. Un mouvement mondial pour une transition durable
Indépendamment de l’issue du Sommet de Copenhague, il y a un besoin urgent de construire un
mouvement des mouvements mondial consacré à la promotion d’une transition durable dans nos sociétés.
Contrairement aux structures actuelles du pouvoir, ce mouvement doit être construit de la base vers le
sommet Nous avons besoin d’une alliance large de mouvements environnementaux et sociaux, de
syndicats, de paysans et de toutes les autres personnes partageant nos convictions afin de travailler
ensemble dans notre lutte quotidienne aussi bien au niveau national qu’international. Une telle alliance
implique dans le même temps un nouvel état d’esprit et de nouvelles stratégies. Ce mouvement mondial
doit être capable non seulement de réagir aux pratiques non-durables mais également de montrer par
l’exemple comment une nouvelle économie durable peut fonctionner.
Nous, participant-e-s, communautés et organisations sociales au Klimaforum09, sommes tous engagés, à
nous appuyer sur les résultats obtenus par cet événement, pour poursuivre la construction d’un
mouvement mondial des mouvements. Cette déclaration vise à être une source d’inspiration pour les
développements ultérieurs d’un tel mouvement en indiquant la direction générale dans laquelle nous nous
inscrivons.

Nous pouvons, ensemble, réaliser des transitions durables pour un futur durable.

Rejoignez-nous !

2 commentaires:

PERIN JiBé a dit…

Punaise .. y'a de quoi discuter.

Je suis globalement d'accord
avec ce qui est avancé dans ce texte. Mais il y au moins deux points sur lesquels j'aimerais mettre un bémol.

Il est souhaitée une ONU plus forte et plus démocratique:
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Au premier abord, j'aurais envie de dire que ce serait une bonne chose.
Mais attention, pas une démocratie telle que nous la connaissons actuellement.
Aujourd'hui, les régimes politiques que l'on qualifie de démocratie ne sont que des ploutocraties déguisées.
Adapter ces modèles à une échelle internationale ne serait d'aucun secours.
Car dans les démocraties actuelles, les populations se retrouvent à élire des gens qui, au final,
obéissent à des groupes de pression ou à leurs propres intérêts plutôt que de réellement chercher à servir les
intérêts de leurs administrés.
Objectivement parlant, aussi louables que furent les intentions de l'ONU à sa création, force est de constater
qu'aujourd'hui cette institution internationale n'est qu'un outils aux mains des pays puissants pour imposer
leur vision du monde au reste de la planète.
De ce point de vue là, une ONU plus forte et plus démocratique pourrait s'avérer être une menace plutôt qu'une protection.

Comme le dit très justement Henry David Thoreau : "Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins"
En poussant le raisonnement plus loin, on pourrait se demander si, dans le cadre d'une internationale, il ne serait pas plutôt souhaitable de voir disparaitre ce genre d'institution (ONU, FMI, OMC, etc ..)


3 Les causes telles que nous les voyons:
========================================

Ce paragraphe est très important .. il mériterait d'être développé .. mais il porte un mauvais titre.
Car selon moi, ce n'est pas les causes qui sont énumérées dans ce paragraphes mais plutôt des conséquences d'un problème bien plus vicieux.
Selon moi, tous les maux qui sont décrits dans ce paragraphe sont directement ou indirectement lié à un unique problème:
Le système de création monétaire.

Au début de la révolution industrielle, on prévoyait une disparition massive de l'emploi car les machines allaient progressivement remplacer l'homme.
Comment expliquer qu'aujourd'hui on ne soit pas encore parvenu à une situation ou l'homme puisse effectivement se passer de travailler?
Pourquoi l'homme est-il encore contraint d'accepter la subordination à un patron ou à un client pour assurer sa subsistance?

La raison en est que l'humanité, en acceptant l'usure, s'est condamnée à une croissance permanente qu'elle ne peut assouvir qu'en épuisant toujours plus la terre et les individus qui y vivent dessus.

Si les théories de Malthus se sont avérées fausses par sous-estimation du développement des moyens de production,
Les conséquences qu'il envisageait risquent fort d'être atteinte par justement un surdéveloppement des moyens de production.

L'humanité demande une croissance exponentielle à la planète et cette situation est éminemment instable.

L'argent dette est la cause de tous nos maux .. il est temps de voir les choses en face.
Attaquons nous aux causes plutôt qu'au effets.
L'avidité humaine, si elle existe naturellement, ne ferait pas autant de dégâts si elle n'était pas
promue, entretenue, motivée et même rendu obligatoire par un système de création monétaire basée sur l'usure.

Pour plus d'info:

http://vimeo.com/1711304


http://bankster.tv/index.htm

http://www.bankster.tv/news.htm

Croyez-moi, la première des revendications devrait être d'interdire l'usure !!

QquunDotreQueJiBé a dit…

Ouais je suis complètement d'accord avec JiBé .. *

Ce gars a une super bonne idée !!

Halte à l'usure !!!

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Qui êtes-vous ?

paysan bio producteur de framboises biologiques. passionné par mon métier. mais gêné par le fait qu'il ne procure pas un revenu suffisant pour faire vivre correctement ma famille. c'est elle la priorité,donc je vais certainement changer de métier.