Blog sur la production de framboises biologiques avec une méthode utilisant les "mauvaises herbes" comme engrais-paillage. la technique est une amélioraion du BRF:"Bois,Rameaux Fragmentés". elle nécéssite très peu de matériel donc très peu d'investissement; elle ne nécéssite pas non plus de travail de force style bêchage ou passage de motoculteur. en double-cliquant sur les photos,vous verrez mieux les détails. pour laisser un commentaire, choisir l'identité anonyme.

mardi 3 juillet 2007

pourquoi je me méfie des ONG "écologistes"?

notemment pour ça.
NB:Monsanto est le fabricant du round-up
et il finance ces ONG.
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Pilleurs d'or vert, Le Monde 2 n°175, 23/06/07
Sylvie Lasserre

Brevets abusifs, corruption d'ONG, bioprospection sous couvert d'ecologie scientifique...pour s'approprier les plantes aux vertus therapeutiques ou aux qualites uniques utilisees depuis toujours par des peuples du sud, les geants mondiaux de la pharmacie, de l'agrochimie et de la biotechnologie sont prets a tout. car les profits potentiels sont enormes.

Prix « Capitaine Crochet» 2002 : Larry Proctor, patron d'une societe de semences du Colorado. Ce prix est decerne tous les deux ans par la Coalition contre la biopiraterie, un groupe d'ONG qui luttent contre le pillage des ressources genetiques. Etat de Sonora, Mexique, 1994. Larry Proctor et sa femme, Enola, sont en vacances. Sur un marche local, Larry Proctor achete un sac de haricots qu'il rapporte aux Etats‑Unis. Ces haricots originaires des Andes, les mayacobas, sont tres courants dans la region. Deux annees passent. Proctor reproduit et selectionne ses graines. Il ne conserve que les plus jaunes jusqu'a obtenir une variete d'une couleur tres stable. En 1996, ii depose une demande de brevet sur « son » haricot rebaptise Enola pour l'occasion. En avril 1999, Larry Proctor obtient le brevet n°5894079. Desormais, il possede les droits sur tous les haricots de couleur jaune.
Son brevet en poche, Proctor ecrit a tous les importateurs de mayacobas des Etats‑Unis pour les informer que, dorenavant, ces haricots sont sa propriete. Ceux qui continueront a les commercialiser devront lui payer des royalties. Douze cents ( centimes d'euro) par kilogramme. Les mots sont bientot suivis d'effets. Fin 1999, le semencier entreprend une action en justice contre deux entreprises. Pretexte: ils vendent illegalement son haricot Enola. Puis, en novembre 2001, Larry Proctor attaque seize fermiers americains. Ces derniers sont sous le choc: ils cultivent ces haricots depuis des annees. Idem pour les vendeurs mexicains. Eux aussi devront verser des royalties a Proctor. Les ventes a l'exportation s'effondrent de 90%. Vingt‑deux mille fermiers du nord du Mexique sont touches.
Janvier 2000, ETC Group, une ONG qui a fait de la biodiversite son cheval de bataille, denonce le brevet et demande sa revocation. En juin 2000, celui‑ci est rejete par le Bureau des brevets americain. Mais Larry Proctor ne desarme pas. De recours en appels, la bataille juridique est toujours en cours aujourd'hui. Pat Mooney, fondateur et directeur executif d'ETC Group, denonce cette affaire comme l'un des cas de biopiraterie les plus revoltants: « Meme le Bureau des brevets a admis s'etre trompe ! Mais cela fait dix ans que Larry Proctor conteste, continue a toucher des royalties et empeche les fermiers mexicains de vendre leurs haricots aux Etats‑Unis. S'il perd, il n'aura meme pas a les dedommager! »

Secrets millenaires
Larry Proctor n'est pas le seul a arborer la palme du biopirate. De nombreuses multinationales ont recu le prix « Capitaine Crochet » : Monsanto, L'Oreal, Syngenta, Bayer... La biodiversite est devenue l'objet de la convoitise des industries pharmaceutiques, agrochimiques et biotethnologiques. Elles ont compris l'immense potentiel que representent les gisements verts et se montrent particulierement voraces : campagnes generalisees de bioprospection dans les deserts et les forets, recensements systematiques de la flore et du savoir associe des anciens, depots de brevets... Peu ou pas de contrepartie pour les communautes dont est utilise le savoir ancestral. Ironie du sort, 90% de la biodiversite se trouve dans les pays du Sud. Seule une infime partie a ete exploree. Au Bresil, par exemple, 0,4% de la flore a ete etudiee.
Tout reste a faire.. Des milliards de dollars sont enjeu, une manne pour les geants du Nord. A eux seuls, EtatsUnis, Europe et japon cumulent 90 % des droits de propriete intellectuelle. Apres la conquete de l'or noix, voici donc venu le temps de l'or vert.
Chaque jour apparaissent de nouvelles affaires de biopiraterie. Ayahuasca des curanderos (guerisseurs) de l'Amazonie, arbre fongicide et insecticide (neem tree ou margousier) de Birmanie, iboga utilise lors des ceremonies de Bwiti (rite initiatique) au Gabon, maca sacree du Perou aux vertus « rivalisant avec la DHEA et le Viagra », hoodia des Bochimans de Namibie « qui fait maigrir », kava des Samoa qui relaxe, pervenche de Madagascar utilisee en chimiotherapie... Le secteur alimentaire n'est pas epargne : riz basmati, curcuma, quinoa, colza... Sur les cinq continents, les ONG contestataires fleurissent. Pourtant, le vol de « secrets d'Etat » ne date pas d'hier. Les premiers cas connus remontent a l'Egypte ancienne. Cafe, cacao, maïs, pomme de terre... La liste est sans fin. Les plantes et leurs secrets s'echangent et se partagent depuis des milliers d'annees, ce qui a d'ailleurs permis aux especes d'evoluer et de s'ameliorer. On ne parlait pas alors de biopiraterie. « Nous avons ete les premiers a utiliser ce terme. C'etait en 1993 », temoigne Pat Mooney. Et d'ironiser : «Aujourd'hui, Linne, le naturaliste suedois du XVIIIe siecle, serait certainement accuse de biopiraterie. Il envoyait des gens collecter des plantes partout dans le monde. »
Les voyages des explorateurs et des aventuriers partis aux XVIIIe et XIXe siecles a la decouverte des zones encore blanches sur les cartes geographiques font toujours rever. Meme les missionnaires collectaient plantes et insectes inconnus. On inventoriait, on repertoriait... C'etait une veritable frenesie de connaissance. Cela se faisait dans un esprit scientifique et curieux, souvent denue d'interet financier. Surtout, cela se pratiquait de maniere non industrialisee, sans mettre en danger la biodiversite. Pourquoi le phenomene prend‑il tant d'ampleur depuis une quinzaine d'annees ? « Il y a beaucoup plus d'interets commerciaux aujourd'hui», remarque Pat Mooney.
Rio, juin 1992. Sommet de la Terre. Pour contrer les abus qui se multiplient, les Nations unies adoptent la Convention sur la diversite biologique (CDB). Il s'agit le stopper la destruction de la biodiversite, tres menacee, et de veiller au partage equitable des ressources entre les pays fournisseurs du Sud et les pays utilisateurs du Nord. La CDB est signee en decembre 1993 par 168 pays. Un seul grand pays ne la ratifie pas, les Etats-Unis. « Le traitement des droits de propriete intellectuelle dans texte de la convention ne nous satisfait pas », declarent ses representants. Les lobbies industriels sont derriere... En effet, depuis qu'elle est entree en vigueur, la convenon se montre impuissante a stopper le pillage. « Au contraire, elle n'a fait que legaliser l'acces aux ressources genetiques », denonce Pat Mooney. Alejandro Argumedo, militant de l'association peruvienne Andes, est plus radical : « Le partage contractuel des benefices n'est pas acceptable. C'est comme si vous vous reveilliez au milieu de la nuit pour decouvrir que votre maison a ete cambriolee. Sur le pas de votre porte, les voleurs vous incitent a vous rejouir car ils vous reverseront une part des benefices qu'ils tireront de la vente de vos biens. »
Les interets financiers sont colossaux
L'industrie pharmaceutique, en mal de nouvelles molecules inoffensives et efficaces, s'interesse de plus en plus a la medecine des chamans. Mais la science des plantes, ce sont les peuples aborigenes qui la detiennent. On les appelle tradipraticiens au Gabon, maraakame au Mexique, caman chez les Toungouses de Siberie (a l'origine du terme « chaman » qui signifie bondir), sangoma en Afrique du Sud, inyanga chez les Zoulous, angakok chez les Inuits... Leur savoir, tres secret, se transmet de pere en fils. Les chamans guerissent, alliant leur connaissance des plantes aux ceremonies rituelles. Des pratiques immemoriales, disparues d'Occident mais qui perdurent dans le reste du monde. Or l'industrie a besoin de ce savoir ancestral. Car les plantes, il faut les connaitre, savoir ou les chercher. Il faut marcher loin, longtemps, souvent des jours entiers. Si l'on n'a pas la « science », si l'on ne connait pas le « secret », impossible de distinguer les bonnes des mauvaises plantes. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. C'est donc devenu pratique courante pour les compagnies de se faire aider des indigenes pour identifier les herbes et leurs proprietes curatives.
De plus en plus critiques pour ces pratiques, les industriels ont change de tactique. Ils recourent maintenant a des intermediaires, afin de ne pas etre accuses de biopiraterie. « Les entreprises pharmaceutiques, agrochimiques ou biotechnologiques ont arrete de pratiquer elles‑memes la bioprospection, confirme Francois Meienberg, de la Declaration de Berne, une ONG suisse. Soit elles travaillent en partenariat avec des universites, soit elles sous‑traitent cette tache a des petites compagnies specialisees. » On se mefie moins d'une universite que d'un industriel.
Les mauvais eleves ne manquent pas. L'universite de Lausanne, par exemple, a illegalement pratique la recherche biologique au Zimbabwe pour le compte de Phytera, une entreprise de biotechnologie americaine. Elle a ensuite brevete une substance antifongique provenant de la racine d'un arbre, le Swartzia madagascariensis. Selon Francois Meienberg, ni l'Etat du Zimbabwe ni les guerisseurs traditionnels n'en ont ete informes. Violemment prise a partie par les militants de la Declaration de Berne, l'universite de Lausanne a fait son mea culpa, assurant qu'elle ignorait enfreindre la CDB. Autre contrat de bioprospection qui a fait couler beaucoup d'encre: celui passe entre Janssen Pharmaceutica, un laboratoire pharmaceutique belge, et la West Visayas State University aux Philippines. Acteur‑cle du dossier, un « chercheur invite » de l'universite de Gand qui intervenait au nom de Janssen. Il s'agissait de collecter des fleurs, des racines et des feuilles a des fins medicales. Et l'on pourrait en citer d'autres : la liste est longue.
En supposant que, dans ces echanges Nord‑Sud, les parties s'accordent sur un contrat, un probleme de taille se pose: comment redistribuer les compensations ? Un veritable casse‑tete, comme le montre l'histoire du hoodia, le cactus qui coupe la faim. Depuis quelques annees, le monde occidental voit emerger une « epidemie » d'obesite. Bataille rangee entre groupes pharmaceutiques et agroalimentaires pour y faire face. Coupe‑faim, produits « qui font maigrir »... Le marche mondial des medicaments anti‑obesite representait 800 millions de dollars en 2005. Il pourrait depasser les 2 milliards en 2010. Les brevets tombent : « korean pine nuts », « chicory roots »... Mais la vedette revient au hoodia d'Afrique du Sud. Nom de code : P57. Marche potentiel : 1 a 8 milliards de dollars. On dit qu'il suffit d'en manger l'equivalent de la taille d'une demi‑banane pour se couper la faim pendant 24 heures. Il permettrait de diminuer de mille calories la ration alimentaire quotidienne. A l'origine de ce savoir, les Sans ‑ou Bochimans‑, le plus ancien peuple d'Afrique australe. Etablis depuis pres de trente mille ans dans le desert du Kalahari qui s'etend entre la Namibie, le Botswana et l'Afrique du Sud, ils vivent en nomades ou dans des fermes isolees. Cela fait des siecles qu'ils se transmettent le secret du cactus qu'ils trouvent dans le bush. Ils ont coutume d'en manger avant de partir pour leurs longues chasses dans le desert.
Dans les annees 1960, le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle d'Afrique du Sud (CSIR) commence des etudes sur le hoodia. Le composant actif est isole dans les annees 1990. En 1997, le CSIR depose un brevet. Commencent alors les negociations avec plusieurs firmes appatees par la perspective du gain. Le CSIR accorde la licence exclusive a Phytopharm, une societe britannique. En 2001, Phytopharm cede ses droits a Pfizer, le geant pharmaceutique, qui souhaite developper une version synthetique de la molecule dans l'espoir de lancer un blockbuster. Mais en 2002, apres avoir depense 25 millions de dollars, Pfizer abandonne. L'extrait est trop complexe pour etre synthetise.
Phytopharm se tourne alors vers l'industrie agroalimentaire. Fin 2004, c'est au tour d'Unilever de placer ses espoirs dans la plante sacree des Sans. La firme rachete les droits d'exploitation pour 21 millions de dollars. Unilever souhaite commercialiser des produits de regime a base de hoodia. Le groupe choisit d'utiliser directement l'extrait de la plante dans ses produits minceur. Les besoins devraient etre tels que la firme passe des accords avec des cultivateurs de hoodia sud‑africains. Production attendue? Trevor Gorin, porte‑parole d'Unilever, reste evasif : «Je prefere ne pas repondre. C'est un domaine tres sensible. Nous avons tres peu d'experience sur cette plante... Comment la cultiver, comment la recolter... C'est un challenge considerable. »
En effet, l'enjeu est de taille. Tout le monde s'y interesse. Les ventes de produits a base de hoodia seche explosent sur Internet. Capsules, gelules, comprimes... Les brevets pleuvent a l'OMPI (Organisation mondiale de la propriete intellectuelle): gels, substituts de repas, supplements alimentaires... La concurrence deplait a Unilever. « C'est vraiment regrettable, deplore Trevor Gorin. Nous avons fait de nombreux tests sur ces produits vendus en ligne. Leur efficacite n'est pas prouvee.» Comme pour enfoncer le clou, on peut lire sur le site de Phytopharm une serie de questions/reponses : « Est‑ce que toutes les especes de hoodia permettent de reduire l'appetit? Seul l'extrait de Hoo dia gordonii de Phytopharm a prouve qu'il peut reduire les apports caloriques chez les volontaires.» Le Hoodia gordonii « de Phytopharm »... A l'heure qu'il est, le brevet europeen de CSIR/Phytopharm n'est toujours pas approuve. «Il a ete rejete une fois, indique Francois Meienberg. Ils tentent par tous les moyens de le faire passer. Ils le changent, ils l'ameliorent...
Que deviennent les Sans dans l'affaire ? « Ils ont fini par apprendre par hasard, suite a l'enquete d'une journaliste, que leur connaissance sur le hoodia avait fait l'objet d'un brevet», temoigne Roger Chennells, l'avocat qui defend leur cause. Le CSIR n'avait pas pris la peine de les informer. Accuses a leur tour de biopiraterie, les representants de Phytopharm se justifient : ils croyaient les Sans « disparus ». Grace au combat de leurs defenseurs, des accords sont enfin passes. « Un premier contrat a ete signe entre les Sans et le CSIR en mars 2003, indique Roger Chenneils. Les Sans ont percu 4,5 millions d'euros d'avance. Ensuite, ils toucheront 6% des royalties sur les ventes globales des produits d'Unilever. Cela pourrait representer plusieurs millions d'euros par an.»
Le marche mondial du hoodia prend une ampleur inattendue. Les paysans sud‑africains se mettent a cultiver le cactus a grande echelle. Ils se regroupent en association. Objectif : veiller a fournir un standard de qualite pour le marche occidental. « Un second accord a ete signe en mars 2007 entre les Sans et les cultivateurs de hoodia ‑ hors plantations d'Unilever ‑, poursuit Roger Chennells. Les Sans recevront pres de 200 € par kilogramme de hoodia seche vendu. Pour cette annee, cela pourrait atteindre 12 millions d'euros. » Les royalties seront distribuees a la cornmunaute et non aux individus. « Les Sons sont extremement pauvres, precise Roger Chennelis. Ils n'ont pas l'habitude de gerer l'argent. Ces fonds serviront a l'education, a la nourriture... Nous n'avons pas encore recu l'argent mais nous preparons deja les structures pour le gerer. Nous devrons les aider a bien utiliser ces fonds. Nous craignons notamment qu'ils achetent de l'alcool... » Les Sans pourraient donc devenir millionnaires du jour au lendemain. Leur mode de vie en sera bouleverse. Cela les sauvera‑t‑il? Les cent mille derniers Sans sont en effet en danger. D'abord relegues dans une reserve, ensuite expulses de cette meme reserve apres la decouverte de gisements de diamants sur leur territoire, ils recuperent finalement leurs terres fin 2006, apres un proces retentissant en Afrique du Sud. Sans doute aussi grace a l'attribution, un an plus tot, du prix Nobel alternatif a Roy Sesana, leur representant.
Une question se pose cependant : le hoodia d'Unilever parviendra‑t‑il un jour sur le marche ? Rien n'est moins sur. Pfizer s'est casse les dents sur le P57, Unilever peine a son tour a le «mettre en boite ». Selon Trevor Gorin, les produits de regime n'apparaitront pas sur le marche avant deux ou trois ans. Or ils etaient attendus pour 2008. On en vient a se demander si seule la consommation de hoodia frais serait efficace. Ameenah Gurib‑Fakim, professeure de chimie a l'universite de Maurice, atteste : «On constate qu'il existe une synergie entre les molecules majoritaires d'un extrait et celles qui se trouvent en petite quantite dans la plante. C'est cette synergie qui fait que l'extrait marche.» C'est aussi le cas du fameux margousier, tres prise pour ses proprietes insecticides. « Nous avons isole la molecule que l'on supposait active, poursuit Ameenah Gurib‑Fakim. Apres des tests sur vingt generations d'insectes, des resistances sont apparues, la molecule etant de moins en moins efficace. Mais quand on a remis la molecule a l'interieur de l'extrait, ses proprietes insecticides n'etaient toujours pas alterees apres quatre‑vingts generations d'insectes ! Et cela, on ne peut pas l'expliquer! »

Partages douteux des benefices
L'homme moderne, qui se croit devenu tout‑puissant devant la nature, la maitrise en realite de moins en moins. Pire, il la saccage. Roberte Hamayon, specialiste du chamanisme en Siberie, rappelle la modestie des chasseurs‑cueilleurs du paleolithique. Chaque annee se deroulait une ceremonie chamanique pour negocier avec la nature la quantite de gibier qui serait chassee en contrepartie de tributs humains. Ceux qui devaient mourir durant l'annee etaient designes. Juste equilibre de l'ecosysteme. Paroxysme de la sagesse, l'homme arrive a la fin de sa vie partait seul dans la foret « se rendre » a la nature...
Aujourd'hui, nous sommes loin des chamans qui allaient collecter quelques plantes dans la foret. Un veritable vent de folie semble s'etre abattu sur l'humanite. La realite rattrape la science‑fiction. Certaines ONG permettraient a des geants industriels de pratiquer la bioprospection dans les zones qu'elles sont censees proteger. Nom : Conservation International. Designation : ONG environnementale. Signe particulier : « Leader mondial de la conservation de la biodiversite». Siege : Washington. Zone d'action : quarante pays repartis sur quatre continents. Pres de trois cents donateurs : Bank of America, Boeing, Bristol‑Myers, British Gas, Texaco, Citigroup, Coca‑Cola, Dow, Esso, Exxon Mobile, Google, McDonald's, Microsoft, Monsanto, Nasdaq Stock Market, Shell, Walt Disney... Comite de direction : Gap, Global Hyatt, BP, Intel, United Airlines, Wal‑Mart Stores, Starbucks Coffee... Conservation international (CI) gere une quarantaine de « hotspots de biodiversite », ces zones protegees de la planete choisies pour la richesse de leur flore. Chaque jour, CI etend un peu plus son rayon d'action : Guyane, Surinam, Congo, Melanesie, Micronesie, iles Salomon...
L'ONG est de plus en plus controversee : « CI est soupconnee de collaborer avec des laboratoires pharmaceutiques et des societes de biotechnologie en leur permettant la bioprospection dans les ecoregions dont elle a la charge », denonce Aziz Choudry, chercheur a l'universite Concordia (Canada) qui a longuement enquete sur les activites de CI. Dans un rapport de 2003 intitule Conservation International, le cheval de Troie, le Centre d'analyse politique et de recherches sociales et economiques du Chiapas (Capise) ecrit: « La strategie de CI consiste a recueillir des informations et a acheter de larges etendues de terres possedant un fort potentiel de bioprospection. Cela permet a l'ONG de gerer les ressources naturelles et/ou strategiques dans de nombreux pays et de les mettre a la disposition des transnationales. » Pat Mooney, d'ETC Group, confirme: « CI est reputee pour etre tres proche des grandes compagnies pharmaceutiques. » Ce qu'affirme aussi Aziz Choudry : « Au Panama, CI a pratique la "bioprospection ecologique" avec Monsanto. Au Surinam, elle a collabore avec les ethnobotanistes de Bristol‑Myers Squibb. Ils ont reussi a gagner la confiance des indigenes et des guerisseurs et ont negocie avec eux des contrats de "partage des benefices" tres douteux... » CI, bien entendu, dement : « Nous rejetons toute accusation de participation a des programmes de biopiraterie avec des transnationales !, proteste Tom Cohen, responsable des relations avec les medias pour CI. Le programme auquel nous avons participe avait pour objectif la decouverte de nouveaux medicaments et la conservation de la biodiversite tout en assurant des mecanismes de compensation aux indigenes. Grace a ce programme, des accords formels ont ete passes avec les chamans et les communautes. » On n'en saura pas plus sur les termes de ces accords... CI n'est pas la seule ONG incriminee. WWF ou The Nature Conservancy emploieraient des methodes analogues.
On retrouve CI dans les « couloirs biologiques », ces megaprojets destines a proteger la biodiversite : Congo Basin Forest Partnership, Mesoamerican Biological Corridor... Finances, entre autres, par la Banque mondiale. Le couloir biologique mesoamericain s'etend du Mexique au Panama sur 768 000 kilometres carres, soit pres d'une fois et demie la France. Il regroupe plus de 10 % de la biodiversite mondiale. CI et Pulsar, un puissant groupe mexicain de biotechnologie, y auraient installe des «stations de recherche biologique ». «Alfonso Romo, le patron de Pulsar, etait membre du comite de direction de CI jusqu'en 2001, temoigne Orin Langelle, un militant activiste. Mais apres le tapage que nous avons fait, ils ont retire son nom du comite de direction. » Pulsar, l'un des principaux donateurs de CI, pouvait ainsi prelever a son aise des ressources dans le corridor. Ce que dement l'ONG.
Par ailleurs, CI emploie les grands moyens pour surveiller la flore de la region : detection par satellite dans le cadre d'un consortium impliquant la NASA, quadrillage tres fin de la zone, missions hebdomadaires de reconnaissance a bord d'un avion de l'Usaid (US Agency for international Development), tracage de routes. Pour quelle utilisation ? On parle aussi de petrole dans le soussol... Un autre projet, « Diversite », est mene conjointement par l'Unesco et l'ASE (Agence spatiale europeenne) sur la meme zone. Objectif identique : utiliser la teledetection pour proteger la biodiversite en Mesoamerique... Ce sont les Indiens du Chiapas qui vont etre contents de se savoir surveilles d'aussi pres !
Larry Proctor et son sac de haricots font bien pietre figure a cote de ces nouveaux maitres de la nature. Reste un espoir : les Etats membres de la Convention sur la diversite biologique se sont engages a stopper l'erosion de la biodiversite d'ici a trois ans. C'est le « Defi pour la biodiversite mondiale ». Prochain episode en 2010 au Japon, a la conference des parties. Mais, selon les ONG, le consensus sera tres difficile a obtenir. Tant qu'agiront les lobbies...
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Margousier (Azaderachta indica)
Originaire d’Inde, cet arbre possede des proprietes antifongiques et insecticides. En 1990, une multinationale et le Departement americain de l'agriculture depose un brevet ‑annule en Europe‑ sur un fongicide derive graines de l'arbre empechant ainsi les populations indiennes de s'en servir pour proteger leurs cultures.

Quinoa (Chenopodium quinoa)
Cette plante, de la famille des epinards et des betteraves, etait a la base de l'alimentation des civilisations precolombiennes. Cultivee sur l'Altiplano bolivien, le quinoa etait pour les Incas une plante sacree, jusqu'a ce que les conquistadors espagnols en interdisent la culture. Apres avoir quasiment disparu, il est aujourd'hui tres prise par les amateurs de nourriture biologique et souvent presente, sous le label commerce equitable comme une alternative au riz.

Iboga (Tabernanthe iboga)
Arbuste, dont les racines possedent des effets psychotropes. Son usage est traditionnel dans certaines tribus africaines : pendant le rituel bwiti au Gabon, par exemple, le neophyte, invite a macher des racines, doit ensuite faire le recit de ses hallucinations. L'iboga a fait l'objet de plusieurs brevets americains, dont ceux de Howard Lotsof en 1985, 1986 et 1989. Ce medecin affirmait pouvoir sevrer les toxicomanes de leur dependance grace a la plante. En France, l'iboga est classe comme stupefiant depuis 1997.

Hoodia (Hoodia gordonii)
Ce cactus coupe‑faim est originaire du desert du Kalahari, entre le Botswana, la Namibie et l'Afrique du Sud. Consomme par les Bochimans depuis longtemps, plante rare et protegee par le gouvernement sud‑africain, le hoodia est convoite par les grands groupes pharmaceutiques pour ses vertus amincissantes. Brevete par le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle d'Afrique du Sud en 1997, le composant actif du cactus a ete exploite par Pfizer, avant de passer aux mains d'Unilever. Mais le brevet europeen n'est toujours pas approuve.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

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Qui êtes-vous ?

paysan bio producteur de framboises biologiques. passionné par mon métier. mais gêné par le fait qu'il ne procure pas un revenu suffisant pour faire vivre correctement ma famille. c'est elle la priorité,donc je vais certainement changer de métier.