Blog sur la production de framboises biologiques avec une méthode utilisant les "mauvaises herbes" comme engrais-paillage. la technique est une amélioraion du BRF:"Bois,Rameaux Fragmentés". elle nécéssite très peu de matériel donc très peu d'investissement; elle ne nécéssite pas non plus de travail de force style bêchage ou passage de motoculteur. en double-cliquant sur les photos,vous verrez mieux les détails. pour laisser un commentaire, choisir l'identité anonyme.

mardi 9 octobre 2007

J'organise ma résistance,à ma façon

Pour Quid,quand tu dis que mes positions m'isolent,
c'est vrai et faux.
parfois en lisant certaines autres positions j'ai l'impression de me regarder dans un mirroir.
je n'ai rien à retirer à ce qui suit.
peut-être que formulé par un autre,tu comprendras mieux.
encore un à qui on ne demande pas son opinion mais qui la donne,
qui agit dans son coin mais qui sait que la solution passe par une autre organisation mondiale.


"Il est illusoire de penser qu’on va resoudre la crise ecologique sans changer de systeme economique", par Gilles Clement, Telerama, Le Monde Bouge, 07/10/07
Rudy Waks

Il ne veut pas d’un Grenelle de l’environnement mais une revolution ! Pour le jardinier ecrivain, ce n’est pas en bricolant des reformes que l’on sauvera la planete.
Ne lui dites surtout pas qu’il est courageux. Gilles Clement vous replique qu’il est « juste un artiste, libre de donner son opinion » . Son opinion, il l’a dite haut et fort le 7 mai dernier, au lendemain de l’election de Nicolas Sarkozy : ce jour-la, le jardinier-poete-voyageur, createur du parc Andre-Citroen ou du jardin du musee du Quai Branly, annoncait qu’il rompait tous ses contrats avec l’Etat. Motif : denoncer « un projet de societe qui nous engage tous dans la destruction de la planete ». Sacrement radical dans un paysage francais plutot assoupi… Cinq mois plus tard, en plein Grenelle de l’environnement, vaste negociation initiee par les associations ecologiques et orchestree par le gouvernement, Gilles Clement persiste et signe.Aujourd’hui, ou en etes-vous ?Les agissements du gouvernement n’ont fait que renforcer ma position. Nous sommes face a un projet ultraliberal qui favorise la sante des entreprises plutot que la sante humaine, mene par un president ouvertement fascine par le modele americain. Le modele meme qui menace le plus la vie, la diversite, la societe, la democratie sur la planete. Nous savons tres bien ou cela nous mene, ce serait de la mauvaise foi de pretendre le contraire : il suffit de voir comment les Americains vivent, comment on les precarise tout en laissant entendre qu’il n’y a pas de chomage. Nicolas Sarkozy a clairement porte ce message devant les Francais, qui l’ont entendu et se sont prononces en sa faveur. Ainsi va la democratie. Mais, en ce qui me concerne, je ne veux plus cautionner ce systeme, qui devaste notre planete et detruit des populations entieres. Et je considere qu’agir avec le gouvernement, de maniere directe ou indirecte, c’est de la collaboration. Alors j’organise ma resistance, A ma facon.
Vous y allez fort ! Je reprends les mots de la guerre car j’estime que la situation est aussi grave. Voire plus, dans la mesure ou le desastre ecologique et social atteint aujourd’hui des dimensions planetaires, alors que la derniere guerre mondiale, elle, est restee localisee. Entendons-nous bien : il ne s’agit pas d’une position de resistance a Nicolas Sarkozy lui-meme, mais a ce capitalisme financier qui nous broie peu a peu. Et qui pollue l’eau, detruit la diversite et la vie. Je pense par exemple a cette invention monstrueuse qu’est la mise en Bourse du droit a polluer. Et qui permet a une entreprise, quand elle a trop pollue, d’acheter a une autre entreprise, moins polluante, un droit a polluer. L’an dernier, comme l’hiver a ete doux, les industries emettrices de CO2 ont beaucoup moins consomme d’energie. Elles ont moins pollue, et ont donc moins achete de droits a polluer, si bien que les actions en Bourse ont chute et que les actionnaires sont mecontents. Conclusion : pour gagner de l’argent, il faut polluer ! Je trouve gravissime que notre societe ait pu en arriver la.
Vous ne croyez pas au Grenelle de l’environnement ? Cela fait partie de la grande tricherie. Nicolas Sarkozy va parvenir a faire exactement ce qu’il veut, en ayant obtenu l’assentiment des ONG et des syndicats, auxquels il aura promis beaucoup de choses… qu’il ne tiendra pas. Je ne pense pas qu’il s’agisse de sa part d’une prise de position en toute conscience. Pas question pour lui de revenir sur notre mode de vie, d’abandonner notre logique boursiere, nos 4x4 et notre egoisme. Or il est illusoire de penser qu’on va resoudre cette crise ecologique sans changer de systeme economique. Le capitalisme financier est fondamentalement destructeur. Et il n’a meme pas besoin de la democratie pour exister, la Chine en fait la preuve ! Tant qu’on n’aura pas change ces fondamentaux, on n’avancera pas. Tout le reste sera de la poudre aux yeux, avec quelques resultats, habiles et ultra mediatises. De petites concessions, comme diminuer la vitesse de circulation des voitures ou faire couler moins d’eau sous la douche. Bref, un ecologisme mondain qui permet de cautionner le systeme. Et qui refuse de debattre des vraies questions, comme l’amenagement du territoire, la remise en question de la voiture et des systemes de circulation. Le symbole le plus frappant, ce sont les biocarburants, presentes comme une solution, alors qu’il s’agit d’une aberration ecologique. Leur culture exige d’immenses surfaces qui viennent en destruction absolue de la diversite. Il faut les engraisser avec des tonnes de pesticides et d’eau. Et, au final, ils polluent a peine moins que les carburants traditionnels. En realite, ils n’ont pour but que de maintenir l’activite de quelques lobbies, automobiles en particulier.
Ne sous-estimez-vous pas les ONG, les syndicats et l’opinion publique aussi, dont la sensibilite environnementale est de plus en plus aigue ? Quelque chose va forcement sortir de ce Grenelle, il y va de la credibilite de ce gouvernement. Mais cela se serait fait dans tous les cas ! Toutes les mesures dont on parle aujourd’hui auraient ete adoptees, tot ou tard, sous la pression de l’Europe. Au mieux, nous allons rattraper notre retard sur nos voisins europeens.
C’est un premier pas, non ? Certes, mais je regrette qu’on y aille comme ca, par petits bouts. Alors qu’il y a de quoi construire une vraie politique, avec un projet economique coherent, sur l’environnement et la societe. Or personne n’en parle, a l’exception des Verts et, dans une moindre mesure, de Jose Bove. Peut-etre est-ce trop tot dans l’histoire de la France ? Le probleme est que ca risque d’etre trop tard pour la planete.
C’est plutot inedit d’entendre un paysagiste prendre des positions politiques ? Depuis trente ans, on me dit : « C’est bien ce que vous faites, ces beaux jardins… » Mais, pour moi, etre jardinier a toujours eu une dimension politique, meme si c’est la premiere fois que je l’affirme aussi nettement. Il faut en revenir a l’etymologie du mot « jardin », qui vient de « Garten », autrement dit un enclos dans lequel on protege le meilleur. Le meilleur des plantes. Le meilleur de l’espace, de la lumiere, de l’art de vivre. Le meilleur de la pensee : c’est un lieu de meditation, de discussion. Ce « meilleur » a ete protege, valorise, scenographie a travers les siecles de facons extremement variees. A un moment donne, on a estime qu’il fallait mettre en valeur l’eau : c’est le cas des jardins hispano-mauresques, depuis la Perse jusqu’a Grenade au XVe siecle. Mais il y a aussi le jardin classique, au XVIIIe siecle, qui met en scene l’horizon et ou il est question de domination, de maitrise totale de l’environnement. Ou le jardin romantique, au XIXe siecle, qui magnifie la nature en l’idealisant et l’encadre comme un tableau. Aujourd’hui, quel est notre « meilleur » ? La diversite et la vie, dans sa fragilite. Nous voila brutalement conscients de la finitude ecologique de la planete. C’est donc ca, le jardin : proteger la vie, l’exploiter – car on y est obliges –, mais sans la detruire. C’etait tout le message du « jardin planetaire », que j’ai expose a la Villette en 1999.
Vous avez recemment imagine un « jardin politique », un jardin d’orties. Qu’entendez-vous par la ? Je l’ai concu dans un contexte particulier, juste apres les elections, en juin 2007, dans le cadre d’une biennale artistique consacree a la « sagesse du jardinier », a Melle, dans les Deux-Sevres. Une ville tres etrange, dirigee pendant des annees par un maire remarquable qui a plante un arboretum unique en France : des rues, une ancienne voie ferree ont ete transformees en promenades et truffees d’arbres rares. J’ai decide d’y faire un jardin a double thematique. Un jardin d’eau d’une part, ou l’eau est purifiee par les plantes, pour pointer que partout en France, mais specialement dans les Deux-Sevres et en Bretagne, l’eau est totalement polluee par les traitements agricoles, industriels et domestiques. Et un jardin d’orties egalement, ou l’on fabrique du purin d’orties, un soin curatif pour les plantes, que l’on distribue gratuitement tous les vendredis. Ce qui est totalement illegal. Car nous sommes sous le coup d’une loi inique, selon laquelle il est interdit d’utiliser des produits « non homologues », autrement dit tous ceux qui se vendent sous l’appellation « bio » ou sur les petits marches. A moins d’une autorisation, qu’il faut payer 25 000 euros, ce que ne peuvent pas faire les artisans. Si on passe outre, si on commercialise le purin d’orties ou qu’on publie des livres sur le sujet – comme l’editeur Bernard Bertrand –, on risque 25 000 euros d’amende et deux ans de prison (1) ! C’est encore un exemple de cette politique francaise qui vise a favoriser les grands lobbies et a interdire le petit artisanat, sur un marche du bio de plus en plus convoite par les grandes firmes.
D’ou vient cette radicalite ? La nature et le jardinage m’ont appris a observer. A constater, par exemple, que les insectes constituent un maillon-cle dans la chaine du vivant. Et que tuer un insecte revient a tuer le jardinier aussi. Cela a meme failli m’arriver en traitant un rosier ! J’etais adolescent, et mon pere m’avait demande de pulveriser un insecticide contre les pucerons : une poudre KB. L’engin m’a explose a la figure comme un bazooka, la poudre est rentree dans la blessure et je suis reste dans le coma pendant vingt-quatre heures. Je n’ai plus cesse de me questionner depuis : qu’est-ce donc que ce jardinage-la, sinon une pratique qui sert a faire prosperer une industrie qui n’a rien a voir avec la nature ? On en a chaque jour de nouvelles preuves, comme avec la disparition progressive des abeilles, fragilisees par l’accumulation des produits de traitement, une catastrophe majeure. Mais on refuse encore d’en mesurer la gravite, notamment parce que la France est un des plus gros consommateurs d’insecticides, et que les lobbies ne veulent pas lacher prise.
Dans vos jardins, l’esthetique passe apres le politique ? La recherche purement esthetisante peut etre interessante. Mais cela reste de l’ornementation. Pour moi, un jardin doit d’abord repondre a une preoccupation de l’epoque, illustrer une position de l’homme face a la nature. J’avais d’ailleurs sous-titre mon exposition de la Villette, consacree au jardin planetaire : « projet politique d’ecologie humaniste ». Une maniere de dire que nous sommes tous embarques sur un meme equipage, que nous sommes tous lies – micro-organismes, insectes, oiseaux, etres humains… Et qu’en tant que passagers de la Terre nous sommes obliges d’en devenir les jardiniers. Nous n’avons plus d’autre choix pour nous maintenir en vie que de penser a l’eau potable, a la maniere d’obtenir de l’energie, a la facon de nous nourrir.
Jardiner, c’est une ethique ? Est jardinier tout etre qui prend soin de la vie car il en est tributaire. Quelqu’un qui n’a jamais mis les mains dans la terre peut s’averer un excellent jardinier planetaire parce qu’il aura tout fait pour proteger la vie, sa diversite et l’equilibre entre les societes. Je pense par exemple a Jaime Lerner, urbaniste et maire de Curitiba, au Bresil, une ville passee de 300 000 a 2,3 millions d’habitants en trente ans. Il n’est bien entendu pas jardinier au sens ou on l’entend habituellement ! Mais il a imagine une ville qui s’etend en faisant le moins de degats possible, avec des transports en commun quasi gratuits, des circulations en voiture malcommodes, des panneaux de signalisation aux couleurs simples pour que les gens se reperent meme s’ils ne savent pas lire… A Curitiba, le tri des dechets se fait sur la base du troc vert : tous les quinze jours, les gens rapportent les produits recyclables qu’ils ont stockes et on leur donne, en poids equivalent, des fruits et legumes du marche, invendus mais frais. Je pourrais aussi parler des faroles del saber, ces petites bibliotheques gratuites en forme de phare qu’il a fait installer en face de chaque ecole. Des piá, ces maisons ou l’on enseigne aux enfants des favelas comment jardiner, recycler, faire du pain, fabriquer des objets a partir de materiaux recyclables... Bref, Lerner gere sa ville comme un jardin, en pensant aux humains et a tout le reste. Ca vous rend optimiste ? Cette experience est bien la preuve que c’est possible dans une grande ville et, qui plus est, dans un pays emergent. Des signes encourageants, il y en a beaucoup en France aussi, a l’echelon individuel ou a celui de ces micro-societes que sont les associations. Le probleme est que ces energies sont satellisees, manquent d’argent et ne constituent pas un veritable levier… Peut-etre le sursaut viendra-t-il alors des jeunes generations ? C’est ce que je me dis parfois quand j’observe mes etudiants de l’Ecole du paysage. Encore faudrait-il leur offrir la formation dont ils ont vraiment besoin aujourd’hui. Comment agir sur les ecosystemes si on ne les connait pas ? C’est bien d’enseigner la philosophie du paysage, mais il faudrait surtout multiplier les cours fondamentaux de botanique, apprendre les bases du vivant, des plantes, des insectes, des oiseaux ! Au moment ou les chercheurs americains brevettent a tous crins (genes, fragments de plantes, vegetaux transgeniques ou classiques…), transformant ainsi le vivant en marchandise, en France on supprime les postes de botanistes et la recherche fondamentale s’etiole. On a fait des pas de geant dans la prise de conscience du rechauffement climatique. Quand prendrons-nous enfin conscience de l’urgence a preserver le vivant ?
Propos recueillis par Weronika Zarachowicz
(1) A la suite d’une forte mobilisation, un amendement vote en decembre 2006 a autorise a nouveau l’usage du purin d’orties. Mais, en octobre 2007, le decret d’application n’est toujours pas passe… laissant les utilisateurs du purin dans l’illegalite.
<http://www.telerama.fr/monde/20411-il_est_illusoire_de_penser_qu_on_va_resoudre_la_crise_ecologique_sans_changer_de_systeme_economique.php>

1 commentaire:

Anonyme a dit…

cet eté je suis retourné sur les traces de mon enfance
de mes racines
perdu dans un coin forestier des Vosges
quelle ne fut pas ma joie de voir mon pare brise
tapissé d'insectes
j'ai du utiliser le lave glace
et la le choc
je n'utilise plus le lave glace
parce qu'il n'y a plus d'insectes!!!

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paysan bio producteur de framboises biologiques. passionné par mon métier. mais gêné par le fait qu'il ne procure pas un revenu suffisant pour faire vivre correctement ma famille. c'est elle la priorité,donc je vais certainement changer de métier.